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Brigitte Bardot, icône du 7e art et de la cause animale, est décédée
Star planétaire, incarnation mythique d'une liberté totale puis pasionaria de la cause animale coutumière des sorties polémiques: Brigitte Bardot est décédée dimanche à l'âge de 91 ans, longtemps après avoir tiré un trait sur la célébrité et le monde du cinéma.
La fondation Brigitte Bardot, qu'elle avait crée, a annoncé son décès dans un communiqué, faisant part de son "immense tristesse" face à la mort de celle "qui a choisi d'abandonner sa carrière prestigieuse pour dédier sa vie et son énergie à la défense des animaux".
L'actrice de "Et Dieu... créa la femme" et du "Mépris" est décédée dans la matinée, dans sa célèbre résidence de La Madrague à Saint-Tropez, a précisé la fondation à l'AFP.
Sur place, le chemin en terre au milieu des bambous menant à la villa était barré par un véhicule de gendarmerie, a constaté un journaliste de l’AFP.
"On la voyait souvent", "je la regardais passer et quand elle était de bonne humeur, elle nous envoyait des bisous", a déclaré Nathalie Dorobisze, une Tropézienne de 50 ans, en sanglots. "Ca fait bizarre qu'elle ne soit plus là, parce qu'elle a tout le temps été là".
Sur le même réseau social, Marine Le Pen, cheffe de file du Rassemblement national avec lequel Brigitte Bardot ne cachait pas sa proximité, a quant à elle rendu hommage à une femme "incroyablement française: libre, indomptable, entière".
Ces dernières années, Brigitte Bardot, qui avait incarné la libération des moeurs dans la France des années 1950, se distinguait surtout par ses déclarations sur la politique, l'immigration, le féminisme, les chasseurs... dont certaines lui ont valu des condamnations pour injure raciale.
"La liberté, c'est d'être soi, même quand ça dérange", proclamait-elle, bravache, en exergue d'un livre intitulé "Mon BBcédaire", sorti début octobre.
Avant de faire parler d'elle pour ses prises de position, celle qu'on surnommait par ses initiales B.B. fut rien de moins qu'un mythe.
Celui d'une femme affranchie, des codes moraux, vestimentaires, amoureux et sexuels et... de ce qu'on attendait d'elle. Une femme qui n'avait "besoin de personne", comme lui faisait chanter Serge Gainsbourg en 1967, connue à Cannes comme sur les plages brésiliennes.
- "Caprice" et "damnation" -
Brigitte Bardot, première personnalité à avoir prêté ses traits au buste de Marianne, fut une sorte de Marilyn Monroe à la française, comme elle blonde, à la beauté explosive et à la vie privée tumultueuse, poursuivie par les paparazzi.
B.B., Marilyn, "je suis sûr que leur deux étoiles forment le plus beau duo du ciel", a salué Francis Huster, qui avait tourné avec Bardot en 1973, pour l'AFP.
Marilyn était "une femme qui a été exploitée, que personne n'a compris, qui en est morte du reste", se souvenait Bardot, qui l'avait rencontrée en 1956.
Une erreur qu'elle ne reproduira pas en prenant la tangente à 39 ans, laissant derrière elle une cinquantaine de films et deux scènes entrées au panthéon du 7e art: un mambo enfiévré dans un restaurant de Saint-Tropez ("Et Dieu... créa la femme", 1956) et un monologue où elle énumérait, nue, les différentes parties de son corps, en ouverture du "Mépris" (1963).
"Personne n’a mieux décrit Bardot que l’écrivain François Nourissier", a réagi l'ancien président du festival de Cannes Gilles Jacob auprès de l'AFP: "+un équilibre instable entre le caprice et la damnation+". Pierre Lescure, autre ex-président du festival, a lui rendu hommage à sa "beauté dingue et comme nouvelle, absolue et effrontée".
Rien ne prédestinait la jeune Brigitte à ce destin: née dans une famille bourgeoise parisienne en 1934, elle se passionne pour la danse et s'essaie au mannequinat. Elle épouse à tout juste 18 ans son premier amour, Roger Vadim, qui lui confie le rôle de Juliette dans "Et Dieu... créa la femme", qui va bousculer l'ordre établi et lui coller l'étiquette de sex-symbol.
Face au succès du film, elle enchaîne les tournages, déchaîne les passions et se brûle aux feux de la rampe.
En 1960, au faîte de sa gloire, elle accouche d'un garçon, Nicolas, son seul enfant, sous l'oeil inquisiteur de la presse. Se disant dénuée d'instinct maternel, l'actrice laisse son mari Jacques Charrier élever leur fils.
Elle épousera ensuite le millionnaire allemand Gunter Sachs puis l'industriel Bernard d'Ormale, proche du Front national.
- Bébés phoques -
Elle devient alors une autre Bardot, figure de la cause animale. Le déclic a lieu sur le tournage de son dernier film, "L'histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise" (1973), face à une chèvre qu'elle achète et installe dans sa chambre d'hôtel.
Défense des éléphants, opposition aux abattages rituels, à la corrida ou à la consommation de viande de cheval... le combat ne fait que commencer.
Elle se rend sur la banquise en 1977 pour alerter sur le sort des bébés phoques, une séquence ultra-médiatisée qui fera la Une de Paris Match et lui laissera des souvenirs amers.
L'essentiel de sa deuxième vie se déroule à l'abri des regards, dans le sud, entre La Madrague et une deuxième résidence plus discrète, La Garrigue. C'est là qu'elle recueillait des animaux en perdition et gérait la fondation à son nom, créée en 1986.
Dans une interview accordée en mai à BFMTV, elle confiait avoir envie "de la paix, de la nature" et vivre "comme une fermière". Cet automne, elle avait été hospitalisée pour une intervention chirurgicale dont la nature n'avait pas été révélée.
Evoquant la mort, elle avait prévenu vouloir éviter la présence "d'une foule de connards" à son enterrement.
bur-jfg-jlo-mdv-may/jmo/vk
N.Walker--AT