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Chili: rendre à la vie sauvage des condors nés en captivité
Alhué et Mailén, deux condors des Andes nés en captivité dans un centre de réhabilitation près de Santiago, devraient pouvoir poursuivre leur vie à l'état sauvage à la faveur d'un programme de repeuplement du plus grand oiseau volant du monde.
Selon la liste rouge des espèces menacées de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), ce rapace charognard qui vit en Amérique du Sud le long de la Cordillère des Andes est classé parmi les espèces vulnérables. Sa population est estimée à 6.700 individus.
Le condor est vénéré par les peuples indigènes d'Amérique du sud et figure sur les armoiries nationales de Colombie, d'Equateur, de Bolivie et du Chili.
L'espoir du Centre de réhabilitation d'oiseaux rapaces (CRAR) de la société d'ornithologie chilienne est qu'Alhué, un mâle, et Mailén, une femelle, ne connaîtront pas le sort de leurs parents et déploieront un jour leurs immenses ailes de quelque trois mètres d'envergure au dessus des hauts plateaux andins.
Le CRAR, fondé en 1990 et installé à Talagante, à 40km de Santiago, recueille des oiseaux de proie - hiboux, faucons ou condors - blessés, accidentés ou qui ont toujours vécu en captivité.
Tous ne peuvent pas être rendus à la vie sauvage, comme la mère d'Alhué, incapable de voler depuis qu'elle a heurté une ligne à haute tension en 1997 au nord de Santiago. La mère de Mailén, elle, a été amenée au CRAR en 2006 alors qu'elle n'avait qu'un an, récupérée tout bébé à Aysén, l'une des régions les plus au sud du Chili. Mais habituée à la présence des humains, elle ne pouvait plus s'adapter à la vie sauvage.
Au fil des ans, 25 poussins condors nés en captivité sont passés par le CRAR. Quatre sont morts, d'autres n'ont jamais pu quitter le centre "parce qu'ils ne peuvent pas voler ou parce qu'ils sont habitués aux humains", mais 13 ont pu être relâchés.
- Apprendre à socialiser -
Alhué et Mailén, âgés de quelques semaines à peine, ont un duvet encore gris pâle et leur équilibre est précaire pour se déplacer dans la cage de leurs parents.
Dans six à neuf mois, lorsque ils auront atteint leur pleine maturité, couverts d'un plumage brun, ils seront séparés de leurs géniteurs qui pourront pondre un nouvel oeuf, un peu plus d'un an après leur naissance. Dans la nature, le cycle de reproduction est de deux à trois ans.
Dans une grande cage avec d'autres oiseaux candidats à la vie sauvage, et des aînés chargés de parfaire leur éducation, les jeunes condors apprendront à socialiser et communiquer.
"Ici, une hiérarchie est établie où les mâles adultes sont dominants. Ils doivent apprendre cette hiérarchie, au prix de nombreux coups de bec, pour prendre leur place dans la société des condors", explique Eduardo Pavez, fondateur du CRAR.
Une étape nécessaire avant leur nouvelle vie, peut-être au printemps austral 2024, qui permettra à Alhué et Mailén de savoir nouer des liens avec d'autres condors sauvages qui leur montreront leur nouveau territoire et les endroits où se nourrir.
E.Rodriguez--AT