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Harry, prince en guerre
Volontairement exilé en Californie, le prince Harry est un homme en guerre, qui rêve pourtant de réconciliation. Mais la publication imminente de ses mémoires, dans la foulée d'un long documentaire à charge contre la famille royale britannique, risque de sonner le glas de ces espoirs.
A 38 ans, le duc de Sussex veut que le monde entier connaisse sa "vérité" et ses souffrances passées: son enfance, à jamais marquée par la mort de sa mère la princesse Diana; sa détestation des tabloïds britanniques; ses disputes avec son frère William qui l'aurait même une fois jeté au sol, selon un extrait de son autobiographie rapporté par The Guardian.
ll dénonce aussi la guerre des services de communication royaux, qui selon lui n'hésitent pas à diffuser de fausses informations pour protéger le membre de la famille dont ils s’occupent.
Buckingham Palace n’a pas officiellement réagi à ce grand déballage narcissique qui piétine la devise royale "ne jamais se plaindre, ne jamais se justifier". Les tabloïds britanniques ont eux été impitoyables, et 59% des Britanniques ont désormais une opinion négative du fils cadet de Charles III.
Longtemps ils ont pourtant tout pardonné à ce prince rebelle aux cheveux de feu né le 15 septembre 1984, deux ans après son frère, futur roi. Henry Charles Albert David, est alors troisième dans l’ordre de succession au trône. Il est désormais cinquième, derrière les enfants de son frère.
En 1997, l’image de ce petit prince de 12 ans marchant tête baissée et visage fermé derrière le cercueil de sa mère fait le tour du monde.
- Années difficiles -
S’ensuivent des années difficiles : à 17 ans il fume de la marijuana, boit, fait la fête. En 2004, il se bat avec un photographe au sortir d’une boîte de nuit. L’année suivante il fait scandale après s’être déguisé en nazi lors d’une soirée costumée.
Après avoir obtenu, apparemment avec un peu d'aide, ses A levels (équivalents du bac) au célèbre collège d'Eton, ce sportif de 1m86, passionné de rugby et de polo part en année sabbatique en Australie et en Afrique, s'occupant notamment d’orphelins au Lesotho où il créera une ONG en souvenir de sa mère.
Il intègre ensuite la prestigieuse académie royale militaire de Sandhurst en 2005.
Sa carrière militaire dure 10 ans, marquée par deux déploiements en Afghanistan, en 2007-2008 pendant 10 semaines, puis comme pilote d’hélicoptère de septembre 2012 à janvier 2013. Il démissionne en 2015.
Entretemps il a créé pour les soldats blessés une compétition internationale, les Invictus Games.
Mais la mort de sa mère l'a changé à jamais. Après, "j’ai bloqué toutes mes émotions pendant 20 ans" a-t-il confié en 2017 au Telegraph.
- Thérapie -
Il finit par se faire aider. En 2021, il explique avoir fait 4 ans de thérapie, dans une série sur la santé mentale co-produite avec l'animatrice américaine Oprah Winfrey.
Une période qui coïncide avec ses fiançailles en 2017 avec Meghan Markle, leur mariage en 2018, la naissance de leur fils Archie en 2019 et de leur fille Lilibet en 2021 : une histoire d'amour à même de faire souffler un vent nouveau de diversité sur la monarchie.
Mais les tensions sont telles que le couple part s'installer en Californie en 2020. Depuis, la communication est largement rompue entre Harry, son père et son frère.
"Ils n’ont montré aucune volonté de réconciliation (...) J’aimerais renouer avec mon père. J’aimerais renouer avec mon frère", a pourtant confié Harry dans son interview promotionnelle à la chaine britannique ITV.
Aux Etats-Unis, il a créé avec Meghan "Archewell", à la fois société de production et fondation philantropique prônant la "compassion".
Ils ont été payés plusieurs millions de dollars pour leur série documentaire et auraient trois livres en préparation après "Le Suppléant".
Ils vivent dans une maison luxueuse à Montecito, où ils ont comme voisins Gwyneth Paltrow, Rob Lowe, George Lucas ou encore Oprah Winfrey.
Même si ses "réunions de famille bizarres" et son pays lui manquent, Harry a été catégorique dans son interview promotionnelle à la chaîne américaine CBS : "non" il ne compte pas retravailler pour la famille royale britannique.
L.Adams--AT