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Neymar et son père nient toute irrégularité lors de leur procès pour corruption
Affirmant qu'il ne participait pas aux négociations et signait ce que son père lui demandait, Neymar a nié mardi, devant la justice espagnole, avoir commis toute irrégularité lors de son transfert au Barça en 2013.
"Mon père s'est toujours occupé" des négociations de contrats, "je signe ce qu'il me dit" de signer, a assuré, lors d'une brève audition devant un tribunal de Barcelone, le joueur brésilien, qui emmènera la "Seleçao" à partir du 20 novembre au Qatar.
"Ney", vêtu d'un costume sombre, a par ailleurs affirmé ne pas "se souvenir" d'avoir participé aux négociations de l'accord d'exclusivité scellé en 2011 avec le Barça en vue de son futur transfert.
Cet accord est l'un des sujets au centre de ce procès, qui s'est ouvert lundi et cherche à déterminer si la société d'investissement brésilienne DIS - détentrice de 40% des droits du joueur lorsqu'il jouait au sein du club brésilien de Santos, avant son départ à Barcelone - a été escroquée durant cette opération.
"Neymar n'a jamais participé aux négociations", a confirmé le père du joueur, également poursuivi avec sa femme dans cette affaire.
Accusant l'attaquant brésilien de corruption, le parquet a réclamé deux ans de prison et 10 millions d'euros d'amende à son encontre. Les peines de deux ans ou moins ne sont pas exécutées en Espagne lorsque le casier du condamné est vierge.
Outre ses parents, deux ex-présidents du Barça - Sandro Rosell et Josep María Bartomeu - et un ex-dirigeant du club brésilien de Santos, Odilio Rodrigues Filho, sont aussi jugés à ses côtés.
Initialement prévue vendredi au plus tôt, l'audition du joueur a été avancée à la demande de ses avocats qui ont mis en avant ses impératifs footballistiques avec le PSG, vendredi en championnat et mardi en Ligue des champions.
"Ney" n'aura maintenant plus besoin d'assister au procès et pourra simplement s'exprimer, s'il le souhaite, à la fin des débats, prévue le 31 octobre, par vidéo-conférence.
- DIS réclame 35 millions -
DIS, qui a porté l'affaire en justice en 2015, estime avoir été lésée lors du transfert et affirme que le Barça, Neymar et sa famille puis Santos, dans un deuxième temps, se sont alliés pour dissimuler le montant réel de l'opération et "l'escroquer".
Elle leur reproche de ne pas l'avoir informée de l'existence du contrat d'exclusivité de 2011 qui a faussé, selon elle, le mercato en empêchant d'autres clubs de lutter pour recruter Neymar.
Le Barça a initialement chiffré le coût du transfert à 57,1 millions d'euros (40 millions pour Neymar et sa famille et 17,1 pour Santos) mais la justice espagnole estime qu'il a en réalité coûté au moins 83 millions d'euros.
DIS, qui a touché 6,8 millions d'euros sur les 17,1 officiellement versés au club brésilien, réclame 35 millions d'euros, soit la somme qu'elle estime avoir perdue dans l'affaire.
Interrogé mardi, le père de Neymar a assuré que ce n'était pas à lui mais à Santos d'informer DIS de l'existence de négociations tout à fait légales, selon lui, et de surcroît autorisées par le club brésilien dans une lettre de 2011.
La défense de Neymar soutient par ailleurs que la prime de 40 millions d'euros touchée par le joueur, qui a ensuite quitté en 2017 le Barça de manière fracassante pour le PSG, est une "prime de transfert légale et habituelle sur le marché du football".
Appelé à témoigner par l'accusation, le patron du Real Madrid, Florentino Perez, est lui resté extrêmement évasif. S'il a confirmé que son club avait fait une offre de 45 millions d'euros pour Neymar à Santos, il a affirmé qu'il n'avait pas participé directement aux négociations et souligné que "les joueurs vont où ils veulent aller".
Ce procès a été surnommé "Neymar 2", "Neymar 1" désignant l'affaire de fraude fiscale dérivant de ce même transfert. Elle s'était conclue en 2016 par un accord entre le parquet et le Barça qui avait accepté de payer une amende de 5,5 millions.
Neymar et le Barça se sont également affrontés devant la justice mais ont fini par signer en juillet 2021 un accord "à l'amiable" mettant fin à tous leurs litiges.
E.Rodriguez--AT