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Affaire Epstein: la police britannique perquisitionne à deux adresses liées à Mandelson
La police britannique a perquisitionné vendredi à deux adresses dans l'enquête visant l'ex-ministre Peter Mandelson, soupçonné d'avoir transmis des informations sensibles au criminel sexuel Jeffrey Epstein et au coeur d'un scandale qui ébranle le gouvernement de Keir Starmer.
La police a ouvert mardi une enquête après que des documents des dossiers Epstein, rendus publics par le ministère américain de la Justice, semblent montrer que Peter Mandelson a transmis au financier américain des informations susceptibles d'influer sur les marchés, notamment lorsqu'il était ministre dans le gouvernement travailliste de Gordon Brown de 2008 à 2010.
Les perquisitions visent une adresse dans le Wiltshire (sud-ouest de l'Angleterre) et une autre dans le très chic quartier de Regent's Park, dans l'arrondissement de Camden à Londres, a annoncé la Metropolitan police dans un communiqué.
Ces opérations sont liées à "l'enquête en cours visant un homme de 72 ans, pour des infractions liées à une faute dans l'exercice d'une fonction officielle", a précisé la "Met", sans nommer explicitement Peter Mandelson.
"Il n'a pas été arrêté et les investigations se poursuivent", a ajouté la police.
Les dernières révélations sur les liens entre Peter Mandelson et Jeffrey Epstein ont des répercussions jusqu'au somment de l'actuel gouvernement travailliste. Keir Starmer, déjà affaibli et très impopulaire, fait face à une contestation croissante au sein du Labour, où certains - toutefois encore peu nombreux - évoquent désormais la nécessité de son départ de Downing Street.
Le Premier ministre est sous le feu des critiques, interrogé sur ce qu'il savait de ces liens lorsqu'en décembre 2024 il a nommé M. Mandelson ambassadeur à Washington. Il l'a démis de ses fonctions en septembre 2025, après de précédentes révélations contenues dans le dossier Epstein.
Après avoir dit regretter d'avoir nommé Peter Mandelson, Keir Starmer a présenté jeudi ses excuses aux victimes de Jeffrey Epstein pour cette nomination, mais s'est dit déterminé à rester à Downing Street.
"Je suis désolé d'avoir cru aux mensonges de (Peter) Mandelson et de l'avoir nommé", a-t-il déclaré, ajoutant avoir l'intention de "continuer" son travail.
"On savait depuis un certain temps que Mandelson connaissait Epstein, mais aucun d'entre nous ne connaissait l'étendue et la noirceur de cette relation", a-t-il encore insisté.
- 100.000 documents -
Ce qui s'est passé cette semaine "a accru la probabilité que Keir Starmer soit remplacé avant les prochaines élections (législatives). Ce n'est pas certain, mais plus probable", a commenté jeudi sur BBC Radio 4 le journaliste et biographe de Keir Starmer, Tom Baldwin.
Le chef de cabinet de Keir Starmer, Morgan McSweeney, est sur la sellette. Ce proche de Peter Mandelson est cité par les médias comme ayant poussé à la nomination du vétéran travailliste comme ambassadeur.
De nombreuses voix dans l'opposition et au sein du Labour appellent à son départ de Downing Street. Jeudi, le Premier ministre a assuré qu'il lui maintenait sa confiance.
Sous pression, le gouvernement a accepté de publier les documents internes en lien avec le processus de nomination et de révocation de Peter Mandelson. Selon la BBC, il s'agit de plus de 100.000 documents, dont les échanges électroniques entre l'ex-ambassadeur et des membres de l'exécutif.
Une partie d'entre eux, potentiellement sensibles pour la sécurité nationale du pays, seront adressés à une commission parlementaire qui décidera de les rendre publics ou non.
Outre les révélations faisant l'objet de l'enquête de la police, le dossier Epstein contient des e-mails confirmant la proxmité de l'ex-ambassadeur avec le pédocriminel américain, ainsi que des relevés bancaires qui semblent attester que Peter Mandelson a reçu des versements d'un total de 75.000 dollars (63.200 euros) de la part d'Epstein.
Peter Mandelson avait indiqué dimanche qu'il n'avait "ni trace, ni souvenir" de ces versements.
M. Mandelson a quitté le parti travailliste dimanche, puis la Chambre des Lords mercredi.
En janvier, dans une interview à la BBC, il avait fini par s'excuser auprès des "femmes et filles qui ont souffert" des agissements d'Epstein, reconnaissant avoir eu tort d'avoir maintenu ses liens avec le criminel sexuel après sa condamnation en Floride en 2008 pour recours à des prostituées mineures.
T.Perez--AT