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Costa Rica: la candidate de droite en passe de remporter haut-la-main la présidentielle
La candidate du parti conservateur au pouvoir, Laura Fernandez, est en passe de remporter une victoire écrasante à l'issue de l'élection présidentielle, portée par ses promesses de fermeté face à la criminalité, selon des résultats partiels publiés dimanche soir.
Cette politologue de 39 ans, partisane de la manière forte pour lutter contre la violence liée au narcotrafic, recueille 50,87% des suffrages selon les votes dépouillés dans 53% des bureaux de vote.
C'est près de onze points de plus que les 40% requis pour remporter l'élection dès le premier tour, selon le Tribunal suprême électoral (TSE).
Derrière elle figure le social-démocrate Alvaro Ramos, l'un des 19 candidats de l'opposition, avec 31,63% des suffrages.
A peine les premiers résultats dévoilés, le président salvadorien Nayib Bukele, dont la "guerre" contre les gangs est citée en exemple par Mme Fernandez, a annoncé sur X avoir félicité au téléphone "la présidente élue du Costa Rica".
Des milliers de partisans de Laura Fernandez se sont rassemblés pour célébrer sa large avance sur ses rivaux.
Quelque 3,7 millions de citoyens étaient appelés aux urnes pour élire leur nouveau président ainsi que leurs parlementaires pour quatre ans.
Héritière du populaire président sortant Rodrigo Chaves, Mme Fernandez, ancienne ministre, cherche également à remporter une large majorité au Parlement pour réformer la Constitution et les pouvoirs de l'Etat.
Si son élection se confirme, elle sera la deuxième femme à gouverner le Costa Rica, l'un des pays les plus stables de la région, après le mandat de Laura Chinchilla qui avait également remporté l'élection dès le premier tour en 2010.
Cela élargirait également l'assise de la droite en Amérique latine, après ses succès au Chili, en Bolivie, au Pérou et au Honduras.
- Manière forte -
"Le défi le plus important est la lutte contre le narcotrafic", a déclaré Diego Araya, employé de banque de 25 ans qui a voté dans une école du sud-est de la capitale.
Sileny Fernandez, conseillère en ressources humaines de 39 ans, a apporté sa voix à Laura Fernandez au nom de "la continuité". "Le gouvernement maintient l'économie en bonne santé et Laura va sévir contre les trafiquants de drogue", a-t-elle expliqué.
Le taux d'homicides a atteint un pic historique de 17 pour 100.000 habitants sous l'administration Chaves, le gouvernement accusant le système judiciaire de laisser les criminels agir en toute impunité.
Les autorités attribuent la plupart des meurtres au trafic de drogue, qui a fait du Costa Rica une plaque tournante logistique et d'exportation de stupéfiants.
"Les trafiquants entrent et sortent comme s'ils étaient chez eux (...) Il est n'est pas trop tard pour sauver notre pays", estime Bernarda Marin, cuisinière de 70 ans, après avoir voté pour Alvaro Ramos.
Spécialiste des politiques publiques, Laura Fernandez se dit libérale sur le plan économique et conservatrice sur le plan social.
Elle propose d'achever la construction d'une méga-prison sur le modèle de celle construite pour les membres de gangs par Nayib Bukele, d'alourdir les peines et d'instaurer l'état d'urgence dans les zones en proie à la violence.
- "Démocratie en jeu" -
L'opposition redoute que le président Chaves continue de gouverner en coulisses ce pays de 5,2 millions d'habitants, où la pauvreté frappe environ 15% de la population dans une société parmi les plus inégalitaires d'Amérique latine.
Après avoir voté, l'ancien président Oscar Arias, lauréat du prix Nobel de la paix en 1987, a affirmé que "la survie de la démocratie est en jeu". "La première chose que veulent les dictateurs, c'est réformer la Constitution pour se maintenir au pouvoir", a-t-il dit.
"Il n'y a pas de dictature ici", a rétorqué le président Rodrigo Chaves après avoir déposé son bulletin dans l'urne.
"Je veillerai toujours à la stabilité démocratique", a également assuré Mme Fernandez depuis son bureau de vote.
W.Moreno--AT