-
Crise énergétique: le Pakistan instaure la gratuité des transports en commun à Islamabad
-
Mondial-2026: l'Italie en reconstruction, Gattuso démissionne à son tour
-
Pâques: Léon XIV a appelé Zelensky et Herzog
-
L'Iran cible Israël, Trump menace les infrastructures iraniennnes
-
Grèce: le gouvernement éclaboussé par le scandale de fraude aux aides agricoles de l'UE
-
Bandai ouvre sa première boutique à Paris, en partenariat avec King Jouet
-
Toyota bZ7 : Le luxe électrique en Chine
-
Supercalculateurs et IA: Bull annonce la création de 500 emplois en 2026
-
L'Ukraine visée par près de 500 drones et missiles russes en plein jour
-
Surpêche de maquereaux : le ministère augmente les quotas pour les pêcheurs amateurs
-
EasyJet: appel à la grève en France le 6 avril, lundi de Pâques
-
Farandou appelle les jeunes à rejoindre les métiers de l'industrie de défense
-
Surf: la nouvelle génération française à l'assaut du tour pro
-
L'Europe sous pression face à la flambée du coût des engrais
-
Israël ciblé par l'Iran, Trump menace les infrastructures iraniennnes
-
Macron promeut à Séoul sa "coalition des indépendants" face à Trump et la Chine
-
Snowboard: un 5e titre mondial et le rêve des JO pour la star du freeride Victor de Le Rue
-
Cuba annonce la grâce de 2.010 prisonniers pour Pâques
-
Champions Cup: Toulon n'est "pas abattu mais surtout frustré", juge l'ailier Gaël Dréan
-
Birmanie: le chef de la junte reste au pouvoir comme président
-
En Hongrie, la vague citoyenne de Tisza "déferle" à l'approche des élections
-
Birmanie: Min Aung Hlaing, du coup d'Etat à la présidence
-
Entre fascination et flops: comment l'IA chamboule les agences publicitaires
-
L'Espagne perd le sable de ses plages, les villes du littoral se réinventent
-
Sous la terre polonaise, un trésor: cuivre et argent pour alimenter la révolution technologique
-
Dorothée, l'idole des enfants devenus grands, sur scène après 16 ans d'absence
-
Microsoft investit 10 milliards de dollars dans des centres de données au Japon
-
Ligue 1: le PSG veut conserver sa sérénité retrouvée pour la dernière ligne droite
-
Champions Cup: l'UBB et Toulouse pour se retrouver en quarts, Castres pour l'exploit
-
Challenge Cup: cinq clubs français en huitièmes, Montpellier et le Stade français en favoris
-
Périscolaire à Paris: Grégoire annonce un "plan d'action" à 20 millions d'euros et promet la "transparence totale"
-
NBA: le Thunder écrase les Lakers, Doncic sorti blessé
-
Israël ciblé par l'Iran, Trump menace de détruire davantage
-
Ligue des champions : l'OL Lyonnes élimine Wolfsburg et retrouvera Arsenal en demies
-
Enquête judiciaire pour injures racistes après les séquences de CNews sur le maire de Saint-Denis
-
Moyen-Orient: les Bourses limitent la casse après les propos offensifs de Trump
-
Maire de Saint-Denis visé sur CNews: enquête ouverte pour injure à caractère raciste
-
La Bourse de Paris limite la casse avant la trêve de Pâques
-
Droits de douane: Trump impose certains médicaments, revoit ceux sur les métaux
-
OpenAI achète un talk show influent de la Silicon Valley, pour peser sur le débat autour de l'IA
-
Les concerts de Céline Dion suscitent un "intérêt mondial", selon une plateforme de billetterie
-
"Intérêt mondial" pour les concerts de Céline Dion à Paris, selon une plateforme de billetterie
-
A Los Angeles, le retour des fleurs apaise la douleur des incendies
-
En Iran, musique, barbecue et détente malgré les menaces de Trump
-
Budget de la recherche: des projets du CNRS menacés d'arrêt
-
Donald Trump limoge sa ministre de la Justice Pam Bondi
-
Aux Pays-Bas, une robe blanche d'occasion pour un mariage durable
-
Le pape Léon XIV lave les pieds de 12 prêtres à Rome
-
Moyen-Orient: les Bourses tempèrent leurs pertes avant la trêve de Pâques
-
Eolien et solaire: le gouvernement relance la machine à électrifier la France
Japon: des "anges gardiens" pour contenir la criminalité
Teruko Nakazawa, 83 ans, se rappelle être intervenue dans une bagarre au couteau entre un ex-délinquant et sa mère: volontaire pour l'armée japonaise, elle œuvrait comme agent de probation, rôle clé dans un pays au taux de criminalité notoirement faible.
L'octogénaire, qui se qualifie en plaisantant de "punk" tout en tirant sur sa cigarette, a passé des décennies à aider des condamnés en libération conditionnelle à se réinsérer.
Mme Nakazawa, qui a mis fin à son bénévolat en 2018, les accueillait deux fois par mois à son domicile pour discuter de la vie autour d'un thé.
Et ce sans jamais avoir perçu un seul yen pour ses interventions, accomplies dans le cadre d'un programme public méconnu, mais dont certains estiment qu'il contribue à la faible criminalité enregistrée dans l'archipel.
"Je n'ai jamais voulu être récompensée, déclare-t-elle. Je l'ai fait parce que je le voulais".
Ces près de 47.000 bénévoles appelés "hogoshi" sont bien plus nombreux que les 1.000 agents de probation salariés au Japon.
A l'écoute des anciens délinquants, ils se rendent disponibles en cas d'urgence et pour des réunions, programmées deux fois par mois chez eux ou dans des lieux publics.
"Elle était comme une grand-mère. Je n'osais rien faire de mal sous sa surveillance: j'avais peur de me sentir coupable de l'avoir trahie", témoigne l'un de ses anciens protégés, qui préfère taire son nom en raison de son passé criminel.
Mme Nakazawa "m'a beaucoup aidé", notamment à présenter des excuses aux victimes, insiste l'homme de 34 ans.
- "Altruisme" -
Les "hogoshi" ont toujours vu leur mission comme un "symbole d'altruisme" prenant racine dans "l'amour de l'humanité", selon un rapport d'experts juridiques publié en octobre.
Le Japon "serait un tout autre pays sans les +hogoshi+", explique à l'AFP Carol Lawson, professeure de justice pénale à l'université de Tokyo, évoquant "l'extraordinaire absence de criminalité d'après-guerre."
Ce système altruiste inspiré d'un philanthrope au 19e siècle a été introduit au Japon en tant que programme gouvernemental après la Seconde Guerre mondiale.
Il arrive aussi que les "hogoshi" invitent des condamnés en liberté conditionnelle chez eux pour développer une relation de confiance, explique-t-elle.
Des pays comme les Philippines, la Thaïlande et le Kenya se sont inspirés de l'expertise nippone pour établir des programmes similaires.
Mais "il est difficile d'imaginer que le système +hogoshi+ puisse gagner du terrain" dans les juridictions anglo-américaines à l'état d'esprit plus "répressif", selon Mme Lawson.
- "Rien de mal à exister" -
Un point crucial pour ce programme reste toutefois le recrutement de nouveaux hogoshi puisque 80% sont âgés de 60 ans ou plus et la crainte de condamnés pour vols, délits sexuels ou meurtre peut dissuader.
Le danger de l'activité a d'ailleurs été mis en lumière en mai dernier, lorsqu'un "hogoshi" est mort poignardé par un homme qu'il supervisait.
Les "hogoshi" recrutent souvent d'autres bénévoles sur des critères de réputation, de revenus stables et de disponibilité.
Mieko Kami, professeure de composition florale à Tokyo, 74 ans, n'avait aucune expérience avec les condamnés lorsqu'elle a été sollicitée: "je me disais qu'il n'y avait aucune chance que je puisse faire cela", se souvient-elle.
Mais après trois ans, elle a changé d'avis et s'est mise à prendre le thé avec un yakuza (membre de la pègre nippone), ou s'est un jour précipitée en pleine nuit pour aider un jeune homme après une tentative de suicide dans un appartement sordide.
"En découvrant leur éducation, je me dis parfois qu'il est inévitable qu'ils soient devenus comme cela", confie Mieko Kami.
"J'ai l'impression qu'ils cherchent juste à être rassurés sur leur +droit à exister+", ajoute-t-elle, reconnaissant être "parfois maternelle". "Je les félicite, je les encourage... J'en viens à les aimer beaucoup".
- "Oreille attentive" -
Actuellement en liberté conditionnelle à Osaka, celui qui se fait appeler "Ueko" raconte avoir usé de substances illicites pour "se libérer de sa vie douloureuse" en tant qu'homosexuel.
Au début, il doutait que son hogoshi "puisse comprendre les sentiments d'un ex-prisonnier", confie cet homme âgé de 47 ans, depuis le centre de réadaptation pour toxicomanes DARC.
Or, cette personne "sait être une oreille attentive", assure Ueko.
Certes, il n'est pas rare que les libérés conditionnels ratent leur rendez-vous bimensuel avec le "hogoshi" ou échouent à tisser un lien durable.
Mais à l'inverse, des ex-condamnés de Teruko Nakazawa lui rendent parfois visite dans son café pour prendre de ses nouvelles.
"J'ai passé ma vie à me soucier des autres. Maintenant que je suis vieille et que je m'affaiblis, ils s'occupent de moi", ajoute-t-elle. "Ils sont devenus mes hogoshi."
B.Torres--AT