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Emeutes: Macron devant 250 maires pour comprendre et esquisser la réponse
Après la désescalade, le temps du bilan : quelque 250 maires de communes touchées à travers toute la France par près d'une semaine d'émeutes ont afflué mardi matin à l'Elysée pour échanger avec Emmanuel Macron sur les raisons de cet embrasement "avant d'en tirer des conclusions".
Le chef de l'Etat "souhaite débuter un travail minutieux et de plus long terme pour comprendre en profondeur les raisons qui ont conduit à ces événements", souligne l'Elysée.
Un demi-millier de maires de communes "victimes d'exactions" avait été invités et 241 ont répondu présent, a précisé l'Elysée. Une partie d'entre eux n'ont pas souhaité ou pas pu venir.
Parmi les premiers arrivés, Ali Rabeh, maire de Trappes (Générations), va appeler à des "changements structurels des politiques publiques" pour "garantir la mixité sociale dans nos quartiers". Sinon "on aura de nouveau à déplorer des émeutes dans quelques années", dit-il à l'AFP.
"C'est un moment de thérapie collective. Un moment extrêmement douloureux", renchérit Philippe Rio, maire communiste de Grigny, qui déplore plus largement un "lien fracturé depuis la crise des "gilets jaunes" et le mouvement (contre la réforme des) retraites".
Le maire Rassemblement National de Beaucaire, Julien Sanchez, entend de son côté mettre l'accent sur le "laxisme" de la justice à l'encontre des auteurs de violences, - "C'est le Club Med" avec les aménagements de peine à domicile, dit-il à l'AFP - et sur le "sujet de l'immigration".
Boris Ravignon, maire de Charleville-Mézières, attend pour sa part que le président "fixe une feuille de route pour les jours à venir". "Ce qui vient de se passer ce sont des faits crapuleux qui appellent une réponse pénale", insiste l'élu LR rallié au président, interrogé par l'AFP.
- Prudence avant le 14 juillet -
Le ministère de l'Intérieur a relevé une nouvelle nette décrue des violences pendant la nuit de lundi à mardi, avec 72 personnes interpellées, contre jusqu'à plusieurs centaines au plus fort des violences.
Il a recensé 159 incendies de véhicules et 202 incendies sur la voie publique lors de cette septième nuit consécutive d'émeutes suscitées par la mort du jeune Nahel, 17 ans, tué par un policier lors d'un contrôle routier à Nanterre.
Pour son premier déplacement depuis le début de la crise, Emmanuel Macron a échangé lundi soir avec six policiers de la BAC (Brigade anti-criminalité) dans une brasserie du nord de Paris et s'est rendu à la caserne Bessières, dans le XVIIe arrondissement de la capitale, qui accueille les effectifs de la BAC de nuit et de compagnies départementales d'intervention.
Malgré le calme relatif qui s'installe, il a assuré ne pas considérer que "c'est derrière nous. On verra ce que donneront déjà les 13 et 14 juillet prochains, et encore les mois qui viennent", a-t-il affirmé, demandant aux forces de l'ordre de "rester en alerte maximale".
"Il faudrait qu'à la première infraction, on arrive à sanctionner financièrement et facilement les familles", a également affirmé le chef de l'État devant les six policiers de la BAC, a rapporté Le Parisien.
Le gouvernement s'est dit par ailleurs ouvert à des "annulations" de cotisations sociales et fiscales "au cas par cas" pour les commerces vandalisés.
- "Toute une vie" -
"Quand votre commerce a été entièrement brûlé, que c'est le travail de toute une vie qui est réduit en cendres, il faut que l'Etat soit à votre côté", a lancé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire lors d'un déplacement dans l'Essonne.
A la demande du gouvernement, les assureurs ont accepté de "reporter de cinq à 30 jours le délai pour faire sa déclaration de sinistre" et de "considérer des réductions de franchise" pour les commerçants indépendants les plus touchés, a-t-il ajouté.
Selon France Assureurs, 5.800 sinistres avaient été déclarés mardi matin à la suite des émeutes, à la fois par les professionnels et les particuliers.
Les principales organisations patronales françaises appellent de leur côté le gouvernement à mettre en place un "fonds de secours" pour les commerçants et entrepreneurs qui "ont tout perdu". Les dégâts sont estimés par le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, à un milliard d'euros, "sans compter ceux au niveau du tourisme".
Selon les chiffres transmis mardi à l'AFP par le ministère de l'Intérieur, 3.486 personnes sont été interpellées, 12.202 véhicules incendiés, 1.105 bâtiments brûlés ou dégradés et 209 locaux de la police nationale, de la gendarmerie ou des polices municipales attaquées depuis la nuit du 27 au 28 juin.
Un total de 374 personnes ont été jugées en comparution immédiate depuis vendredi, selon le ministère de la Justice.
L.Adams--AT