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Objectif contrats pour les vignerons français, qui accueillent les acheteurs mondiaux à Paris
Vignerons et acheteurs du monde entier sont réunis jusqu'à mercredi à Paris pour le premier grand salon professionnel de l'année, Wine Paris & Vinexpo, où les producteurs français espèrent bien multiplier les contrats pour vendre des bouteilles moins prisées chez eux.
Dès l'inauguration du salon à 10H du matin, négociants, cavistes et restaurateurs ont fait tinter les verres et débouché les bouteilles venues d'une cinquantaine de pays, d'Europe principalement mais aussi des Etats-Unis, du Japon ou du Chili, sur les 31.000 mètres carrés d'exposition de la Porte de Versailles.
"Notre objectif, c'est que le maximum de transactions commerciales aient lieu ou soient initiées, pour que le commerce mondial - et français - des vins et spiritueux se porte bien", avait expliqué à l'AFP, Rodolphe Lameyse, directeur général de l'organisateur Vinexposium.
"Nous avons une situation en France où la consommation intérieure de vins et spiritueux semble baisser et, pour les viticulteurs, l'export, c'est la solution", a souligné le ministre du Commerce extérieur, Olivier Becht.
Deuxième producteur mondial derrière l'Italie en 2022, la France cumule en effet une baisse de consommation et des difficultés plus structurelles dans certains vignobles, comme le Bordelais.
"Certains (marchés) sont en train de s'ouvrir grâce à de nouveaux accords qui ont été signés, je pense à la Nouvelle-Zélande. On a également des négociations en cours avec l'Australie, peut-être avec l'Inde (...) c'est une bonne nouvelle pour les viticulteurs", a ajouté M. Becht.
Comme l'an passé, terroirs et vignobles français sont représentés dans trois pavillons. Un quatrième est consacré aux vins du monde et, nouveauté cette année, les bières et spiritueux disposent de leur propre hall, portant le nombre total d'exposants à près de 3.400.
Quelque 30.000 professionnels sont attendus sur le salon, qui se tient à un "moment charnière" dans le calendrier des achats, selon M. Lameyse.
- Passer le cap -
Les exportations françaises de vins et spiritueux ont généré plus de 18 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2022, en hausse de 12% par rapport à 2021, notamment grâce au champagne, selon le ministère du Commerce extérieur.
Le secteur reste ainsi le premier exportateur de l'agroalimentaire, et le deuxième excédent commercial français, après l'aéronautique et devant les cosmétiques.
Mais derrière ces bons chiffres, le vignoble français a essuyé toute une série de crises: taxes Trump en 2019, pandémie de Covid-19, millésime désastreux en 2021 du fait de calamités climatiques... S'y sont ajoutées en 2022 l'inflation et la flambée des coûts de production, de l'énergie aux emballages.
Pour que la filière "passe ce cap" difficile, "il faut qu'on l'aide à relever les défis conjoncturels", a défendu lundi le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau, qui avait reconnu fin janvier que la situation dans le vignoble français était "grave".
Pour éviter que les prix des vins ne baissent trop, l'Etat a accepté de financer une campagne pour transformer ("distiller") des dizaines de millions de litres d'excédents en parfum ou en gel hydroalcoolique.
"On est en train d'affiner un certain nombre de dispositifs, y compris dans l'arrachage", a ajouté le ministre, les viticulteurs de la région de Bordeaux réclamant des aides pour arracher les vignes excédentaires.
Dans les supermarchés, les premiers prix ont décroché et les vins rouges sont particulièrement à la peine, avec des ventes qui ont chuté de 15% en 2022.
En France, par ailleurs, près d'un consommateur de vin sur deux a 55 ans et plus, selon une étude réalisée en avril par le cabinet IWSR et Wine Intelligence auprès d'un millier de personnes.
Le vignoble "est à la croisée des chemins: il faut avoir de véritables stratégies, rendre les produits plus attrayants pour les jeunes consommateurs. Certaines régions tirent leur épingle du jeu, mais pour d'autres le réveil est particulièrement douloureux", a estimé M. Lameyse.
Le vin français doit aussi plus exporter pour se sauver: "Il n'y a pas de fatalité et je pense qu'avec notre salon, nous avons un rôle à jouer pour répondre à ce bouleversement."
T.Sanchez--AT