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Lula combatif sur le climat devant une COP toujours divisée mais rassurée par le G20
La visite du président brésilien élu Lula, qui a promis de protéger l'Amazonie, et la réaffirmation par le sommet du G20 à Bali d'objectifs climatiques ambitieux ont donné un coup de fouet mercredi aux négociations sur le climat de Charm el-Cheikh.
"Le Brésil est de retour!", a lancé à plusieurs reprises le futur président du géant latino-américain, accueilli par une foule compacte surexcitée qui scandait son nom.
Il a d'emblée proposé d'organiser en 2025 la conférence annuelle de l'ONU sur le climat "en Amazonie".
La plus grande forêt tropicale du monde, puits de carbone indispensable à l'équilibre du climat et de la biodiversité mondiale, est selon les scientifiques aujourd'hui très fragilisée.
Le mandat du président sortant Jair Bolsonaro a en effet été marqué par une explosion de la déforestation en Amazonie et Lula s'est engagé à "faire tout ce qu'il faut" pour renverser la vapeur et tenir son engagement de "zéro déforestation".
- Sécurité climatique -
"Il n'y aura pas de sécurité climatique dans le monde sans une Amazonie protégée", a-t-il lancé devant une salle enthousiaste, où avait entre autres pris place le président égyptien de la COP27 et ministre des Affaires étrangères, Sameh Choukri.
Pour cette première visite à l'étranger depuis son élection, Lula a aussi clairement pris position dans les débats qui secouent la COP, réclamant notamment la création "urgente" d'un mécanisme financier spécial pour aider les pays pauvres à faire face aux dégâts climatiques déjà subis.
Il a aussi vivement critiqué les pays développés pour n'avoir pas tenu leur promesse datant de 2009 d'aide climatique de 100 milliards de dollars par an pour l'adaptation au changement climatique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les pays les plus pauvres. "Je suis revenu aussi pour encaisser ce qui avait été promis", a-t-il lancé.
Les pays riches rechignent par ailleurs à un mécanisme de financement spécial des dommages irréversibles déjà subis sous l'effet du dérèglement climatique. Mais l'Union européenne a annoncé mercredi plus d'un milliard d'euros pour aider l'Afrique à s'adapter au changement climatique.
Elle a par contre rejeté une proposition du groupe G77+Chine, qui représente plus de 130 pays émergents et pauvres, consistant à décider dès cette COP de créer un fonds spécifique pour ces "pertes et dommages".
Sans exclure cette possibilité à terme, l'UE va proposer une année de discussions, a indiqué le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans. Mais il a insisté pour que la Chine, devenue deuxième puissance économique mondiale, contribue à un éventuel mécanisme de financement.
Outre la venue du président élu brésilien, les délégués à la COP27 ont été rassurés par les conclusions du sommet du G20 à Bali.
Ces 20 pays, qui représentent 80% des émissions mondiales, se sont en effet engagés à poursuivre les efforts pour limiter le réchauffement à 1,5°C, objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris, texte fondamental dans la lutte contre le réchauffement de la planète.
Ils se sont également prononcés pour la réduction des subventions "inefficaces" aux énergies fossiles, responsables de la hausse des températures.
Et les présidents chinois Xi Jinping et américain Joe Biden, dont les pays sont respectivement premier et deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre, ont eu un long tête-à-tête, s'engageant à relancer leur coopération sur le climat après de vives tensions diplomatiques.
"Les signaux positifs du sommet du G20 devraient donner une bouffée d'air aux négociations en Egypte qui entrent dans leurs derniers jours", a commenté Ani Dasgupta, président du centre de réflexion World Resources Institute.
- "Pas une option" -
L'accord de Paris de 2015 vise à limiter le réchauffement nettement en dessous de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, si possible 1,5°C. Alors que chaque dixième de degré entraîne une multiplication des catastrophes climatiques, les signataires de l'accord s'étaient engagés l'an dernier à la COP26 à "maintenir en vie" l'objectif le plus ambitieux.
Mais selon des observateurs, l'Arabie saoudite et la Chine, membres du G20, ont fait savoir leur réticence, déjà exprimée par le passé, à voir à nouveau cette référence dans le texte final de la COP27, alors que le monde se dirige vers un réchauffement catastrophique de 2,8°C.
La présidence égyptienne de la COP27 devait présenter tard mercredi ou jeudi de nouveaux projets de textes de déclarations sur les points principaux à l'ordre du jour. Mais le représentant spécial Wael Abdulmagd a souligné devant la presse que les positions étaient souvent très tranchées et que de nombreux points restaient en suspens.
La COP27 doit officiellement s'achever vendredi, mais les négociations débordent en général.
"Partir d'ici sans rien n'est pas une option", soulignait Conrod Hunte, négociateur principal de l'Alliance des petits Etats insulaires (Aosis), en pointe sur le dossier des "pertes et dommages".
W.Stewart--AT