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Climat: le réchauffement s'accélère, avertit un rapport de l'ONU
Si les projections pour cette année se confirment, les huit années de 2015 à 2022 seront les plus chaudes jamais enregistrées, s'est alarmée dimanche l'Organisation météorologique mondiale (OMM) dans un rapport qui tient plus d'une "chronique du chaos climatique".
"Alors que la COP27 commence, notre planète envoie un signal de détresse", a commenté le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres dans un message vidéo diffusé à Charm el-Cheikh.
Cette "chronique du chaos climatique" montre "tellement clairement que le changement se produit à une vitesse catastrophique, dévastant les vies sur tous les continents", a-t-il ajouté, appelant à y répondre par des "actions ambitieuses et crédibles" pendant les deux semaines de cette conférence sur le climat en Egypte.
Avec une température moyenne estimée de 1,15°C supérieure à celle de l'ère préindustrielle, l'année 2022 devrait se classer "seulement" à la cinquième ou sixième place de ces années les plus chaudes, en raison de l'influence inhabituelle, pour une troisième année consécutive, du phénomène océanique La Niña qui entraîne une baisse des températures.
"Mais cela ne renverse pas la tendance de long terme ; c'est seulement une question de temps avant qu'il y ait une nouvelle année plus chaude", a insisté l'OMM, agence spécialisée de l'ONU.
- Fonte de glaciers -
Preuve s'il en est de cette tendance, "les huit années de 2015 à 2022 seront probablement les huit années les plus chaudes enregistrées", a estimé l'Organisation, qui publiera son évaluation définitive en 2023.
La température moyenne sur la décennie 2013-2022 est estimée à 1,14°C au-dessus de celle de l'ère préindustrielle, contre 1,09°C sur la période 2011-2020.
L'Accord de Paris sur le climat vise à limiter le réchauffement bien en dessous de 2°C, si possible 1,5°C. Alors que la science a prouvé que chaque dixième de degré multiplie les événements météorologiques extrêmes, cet objectif le plus ambitieux de +1,5°C est devenu l'objectif à "maintenir en vie".
"Les concentrations de CO2 dans l'atmosphère sont tellement élevées que l'objectif de 1,5°C (...) est à peine du domaine du possible", a commenté dimanche le patron de l'OMM Petteri Taalas.
"C'est déjà trop tard pour de nombreux glaciers et la fonte va se poursuivre pendant des centaines voire des milliers d'années, avec des conséquences majeures sur l'approvisionnement en eau", a-t-il ajouté.
Ainsi, les glaciers des Alpes ont enregistré en 2022 une perte record de masse de glace, avec une réduction d'épaisseur de 3 à 4 mètres, "beaucoup plus que lors du précédent record en 2003".
- "Oeillères" -
Et les nouvelles ne sont pas meilleures du côté de l'élévation du niveau des océans, principalement liée à la fonte des calottes glaciaires.
Le niveau des océans est aussi à un "record" en 2022, avec une hausse de 10 mm depuis janvier 2020, soit 10% de la hausse enregistrée depuis le début des mesures par satellite il y a près de 30 ans. Et le rythme d'élévation a doublé depuis 1993.
La planète a été en outre victime cette année d'une avalanche d'événements extrêmes, des inondations historiques au Pakistan aux canicules répétées en Europe, en passant par la sécheresse dans la Corne de l'Afrique.
"Nous savons que certains de ces désastres, les inondations et la chaleur au Pakistan, les inondations et les cyclones dans le sud de l'Afrique, l'ouragan Ian, les canicules extrêmes et la sécheresse en Europe n'auraient pas été aussi graves sans le changement climatique", a commenté Friederike Otto, climatologue à l'Imperial College de Londres.
"S'il y a bien une année où il faut réduire en lambeau et brûler les oeillères qui empêchent l'action climatique, c'est celle-là", a ajouté Dave Reay, de l'Université d'Edimbourg.
O.Ortiz--AT