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Les astronautes d'Artémis désormais plus proches de la Lune que de nous
Désormais plus proches de la Lune que de la Terre, les astronautes de la mission Artémis 2 de la Nasa s'affairent samedi à finaliser les préparatifs en vue de leur survol tant attendu de l'astre, prévu lundi.
"Le moral est au beau fixe", a confié au centre de contrôle basé à Houston le commandant Reid Wiseman, peu après leur réveil.
Désormais à plus de 280.000 kilomètres de la Terre, les trois Américains Christina Koch, Victor Glover et M. Wiseman, et leur collègue canadien Jeremy Hansen, continuent à grande vitesse de s'approcher de la Lune.
Après avoir dépassé le point de mi-parcours vers 04H00 GMT samedi, ils devraient arriver vers 04H30 GMT lundi dans la "sphère d'influence lunaire", c'est-à-dire à l'endroit où l'attraction gravitationnelle de l'astre prendra le dessus sur celle de la Terre.
Cette derrière leur permettra de passer lundi derrière la face cachée de la Lune, qui n'a jusqu'ici été observée que par une poignée d'hommes du programme Apollo.
Un moment suspendu qui constituera l'apogée de cette mission risquée, la première à envoyer des êtres humains aussi loin dans l'espace depuis la fin du programme Apollo il y a plus d'un demi-siècle.
Cette odyssée est retransmise en direct par la Nasa et le quatuor d'aventuriers donne même des interviews depuis son vaisseau.
Depuis la Terre, les internautes peuvent ainsi suivre leur quotidien, souvent pas si éloigné du notre entre problèmes d'emails et de toilettes, séances de sport, réveil en musique et repas partagés comme leur petit-déjeuner de samedi: oeufs brouillés et café.
- Calcul ingénieux -
Après un décollage réussi de Floride mercredi, l'équipage a mis les gaz jeudi vers la Lune après une série de vérifications concluantes de leur vaisseau - qui n'avait jusqu'alors transporté personne.
Etant située à environ 400.000 km de la Terre, la Lune est environ 1.000 fois plus loin que la Station spatiale internationale (ISS) et il faut donc plusieurs jours pour la rejoindre.
L'équipage, qui est le premier d'un vol lunaire à inclure une femme, une personne de couleur et un non-Américain, ne s'y posera pas mais en fera le tour avant de revenir sur Terre.
Leur périple est "impressionnant d'un point de vue technique" car leur vaisseau doit réaliser cette boucle avec pratiquement aucun allumage des moteurs, relève auprès de l'AFP Derek Buzasi, professeur d'astronomie et d'astrophysique à l'université de Chicago.
"C'est presque comme si on prenait une balle, qu'on la lançait vers la Lune et qu'elle faisait le tour sans qu'aucune correction notable de son orbite ne soit nécessaire et qu'elle revienne sur Terre", explique-t-il.
Un calcul ingénieux qui dispose néanmoins d'un bémol: aucun demi-tour n'est possible.
Dans l'éventualité d'un problème majeur, les astronautes devraient renfiler leurs combinaisons, pensées pour assurer leur survie pendant six jours.
- Futures missions vers Mars -
Si la Nasa a cherché à se préparer à toute éventualité, des imprévus pourraient survenir car il s'agit du premier vol habité du vaisseau Orion.
"Il est important de garder ça en tête à mesure que nous en apprenons un peu plus chaque jour" sur le vaisseau, avait souligné vendredi Lakiesha Hawkins, une haute responsable de l'agence.
La mission semble néanmoins se dérouler à merveille pour l'instant, relève auprès de l'AFP Clayton Swope, du Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS).
"Si les seuls problèmes dont on parle concernent Microsoft Outlook et les toilettes, c'est une victoire", note-t-il, en référence aux tracas techniques de mails et de plomberie rapportés par les astronautes.
La mission Artémis 2 vise à s'assurer que tout est en ordre pour permettre un retour des Américains sur le sol lunaire afin cette fois d'y établir une base lunaire et de préparer de futures missions vers Mars.
La Nasa ambitionne un alunissage en 2028, c'est-à-dire avant la fin du mandat de Donald Trump et la date fixée par leurs rivaux chinois pour marcher sur la Lune.
Mais les experts s'attendent à de nouveaux reports, les alunisseurs étant toujours en cours de développement par les entreprises des milliardaires Elon Musk et Jeff Bezos.
L.Adams--AT