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Les astronautes d'Artémis, en orbite autour de la Terre, attendent de se propulser vers la Lune
Les quatre astronautes de la mission Artémis 2 de la Nasa, en orbite autour de la Terre après leur décollage réussi, attendent jeudi soir le feu vert pour se propulser vers la Lune afin de la survoler lundi.
Artémis 2 est le premier vol habité qui doit prendre la direction de la Lune depuis la fin du programme Apollo en 1972.
Le vaisseau spatial Orion ne s'y posera pas mais, si tout va bien, en fera le tour, en passant derrière sa face cachée lundi, avant de revenir sur Terre le 10 avril.
L'élan que l'engin doit prendre jeudi les enverra directement dans la sphère d'influence de la Lune, et est calculé pour que la capsule retourne ensuite sans propulsion supplémentaire droit vers la Terre.
Le quatuor d'astronautes à bord - les Américains Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch, et le Canadien Jeremy Hansen - file jeudi à environ 7.000 km/h, sur une orbite bien plus éloignée que celle de la Station spatiale internationale, et mène de nombreuses vérifications techniques. C'est la première fois qu'Orion vole dans l'espace avec des passagers.
A Houston, les responsables de la mission se réuniront dans la journée pour évaluer les performances d'Orion et décider de donner - ou non - le "go" à son équipage pour mettre les gaz et s'extraire de l'orbite de la Terre.
Cette décision est attendue autour de 23h00 GMT jeudi, et, le cas échéant, l'allumage des moteurs est prévu à 23h49 GMT, selon la Nasa.
Une fois cette manœuvre initiée, il n'y aura pas de retour en arrière. Pour revenir sur Terre, Orion aura besoin de l'attraction gravitationnelle de la Lune pour faire demi-tour.
- "Besoin que ça marche" -
Plus tôt dans la journée, vers 12h00 GMT, les quatre astronautes ont allumé leur moteur pendant une minute pour relever leur orbite, puis se sont rendormis quelques heures.
Artémis 2 constitue "le premier acte, la mission test" pour ouvrir la voie à un retour ambitionné sur le sol lunaire dès 2028, a expliqué Jared Isaacman, le patron de la Nasa nommé par Donald Trump.
Cette mission se passe jusqu'à présent sans incident. La fusée géante orange et blanche Space Launch System (SLS) a décollé à l'heure mercredi, à 18H35 (22H35 GMT), depuis le centre spatial Kennedy en Floride.
Parmi les quelques imprévus techniques qui ont occupé le centre de contrôle à Houston dans les premières heures du vol, un problème avec les toilettes a fini par être résolu, a annoncé la Nasa.
Une manœuvre en orbite, lors de laquelle Victor Glover a pris les commandes d'Orion pour simuler un amarrage avec un autre appareil, s'est elle déroulée parfaitement.
Le programme Artémis a coûté des dizaines de milliards de dollars et pris des années de retard.
"La Nasa a vraiment besoin que ça marche", dit à l'AFP Casey Dreier, un expert de The Planetary Society, rappelant que le moral au sein de l'agence est en berne, à cause de problèmes budgétaires et de départs en masse, notamment des chercheurs qui travaillent sur le climat.
- L'Europe va "négocier" -
L'équipage d'Artémis est le premier à inclure une femme, un homme noir et un non Américain dans une mission lunaire; les pionniers de l'époque d'Apollo (1968 à 1972) étaient tous des hommes américains blancs.
Les Européens participent: ils ont fabriqué le module qui propulse Orion, et devaient envoyer leurs astronautes dans de futures missions, y compris sur la Lune.
Présent en Floride, le directeur général de l'Agence spatiale européenne, Josef Aschbacher, a déclaré à l'AFP qu'il allait devoir s"'asseoir" avec l'administrateur de la Nasa pour "négocier" les places. "C'est une discussion qui doit avoir lieu dès maintenant", a-t-il insisté.
P.A.Mendoza--AT