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Départ imminent de la mission lunaire Artémis 2
Sous un ciel radieux, la Nasa réalise mercredi les ultimes vérifications avant le départ de sa mission phare Artémis 2, la première à ramener des astronautes autour de la Lune depuis la fin du programme Apollo il y a plus de 50 ans.
Vêtus de leur combinaison orange ceinturée de bleu, les Américains Victor Glover, Christina Koch, Reid Wiseman et le Canadien Jeremy Hansen se sont installés au sommet de l'immense fusée blanche et orange nommée SLS.
Cette dernière, qui n'a encore jamais transporté d'être humain, doit s'élancer entre 18H24 (22H24 GMT) et 20H24 (0H24 GMT jeudi) du légendaire Centre spatial Kennedy en Floride.
Le temps est idéal: les prévisionnistes évaluent désormais à 90% les chances d'avoir des conditions météo propices au décollage.
L'équipage s'aventurera au cours d'une mission de dix jours jusqu'au satellite naturel de la Terre - situé environ 1.000 fois plus loin que la Station spatiale internationale (ISS) - pour en faire le tour sans s'y poser, comme Apollo 8 en 1968.
- Pépin technique -
A l'origine, le programme Artémis devait pourtant symboliser un nouvel esprit de collaboration internationale et d'inclusion.
Son équipage est ainsi le premier à inclure une femme, un homme noir et un non Américain; les pionniers de l'époque d'Apollo (1968 à 1972) étaient tous des hommes américains blancs.
Pour assister à ce vol historique, quelque 400.000 personnes sont attendues par les autorités locales et des médias de 18 pays se pressent au Centre spatial Kennedy.
"Cela fait plus de 50 ans que nous ne sommes pas allés sur la Lune et pouvoir en être témoin en personne, voir quelque chose que nous n'avons connu qu'à travers des documentaires, surtout pour ma génération, a quelque chose de magique", a confié à l'AFP Amber Baller, 41 ans, qui a revêtu pour l'occasion un t-shirt floqué du logo de la Nasa.
Le remplissage des immenses réservoirs d'oxygène et d'hydrogène liquides, qui a duré à lui seul quatre heures, s'est déroulé sans accroc.
Dans l'après-midi, la Nasa a rencontré un problème sur un système de sécurité, rapidement résolu, puis un nouveau sur des batteries, en cours d'évaluation et de résolution.
En cas de problème persistant ou de nouveau pépin technique, fréquent dans le domaine spatial, le lancement pourrait être reporté dans les jours qui suivent, jusqu'au 6 avril ou plus tard dans le mois.
Si le lancement se déroule mercredi, les astronautes voleront dans la nuit et jeudi autour de la Terre pour réaliser une série de vérifications avant de mettre le cap vers la Lune, à plus de trois jours de voyage.
- "Pour l'humanité" -
L'équipage devrait battre un record en devenant lundi celui qui s'est le plus éloigné de la Terre.
Leur mission vise avant tout à s'assurer que cette fusée haute de 98 mètres et non réutilisable puisse acheminer des astronautes sur la surface lunaire d'ici 2028, avant la fin du mandat de Donald Trump.
Nommée en l'honneur de la déesse jumelle d'Apollon (Apollo en anglais), cette mission se tiendra sous la pression implicite de la Chine, qui ambitionne de marcher sur la Lune d'ici 2030.
Entre enjeux géopolitiques, stratégiques et scientifiques, les raisons pour retourner sur la Lune sont nombreuses, insiste la Nasa.
"Nous faisons quelque chose de positif pour l'humanité", a assuré à l'AFP sur place le sénateur américain et ancien astronaute Mark Kelly, venu applaudir l'équipage.
"En repoussant les limites de l'exploration et en enrichissant nos connaissances grâce aux découvertes scientifiques, nous faisons progresser notre civilisation", a salué l'astronaute de la Nasa Jessica Meir aux côtés de la Française Sophie Adenot dans un message depuis la Station spatiale internationale.
- Inspirer -
L'agence spatiale américaine mise gros sur la mission Artémis 2 dont le succès sera nécessaire pour permettre un alunissage dans le futur proche. La date de 2028 fait néanmoins douter les experts car les astronautes auront besoin d'un alunisseur... toujours en cours de développement par les entreprises des milliardaires Elon Musk (SpaceX) et Jeff Bezos (Blue Origin).
En attendant, la Nasa espère réussir à raviver l'intérêt du public pour l'exploration spatiale, qui s'est nettement amenuisé depuis l'ère d'Apollo.
"Je vous le garantis, cette année, vous verrez plus d'enfants déguisés en astronautes pour Halloween que vous n'en avez vus depuis longtemps", promet le patron de la Nasa nommé par Donald Trump, Jared Isaacman.
E.Hall--AT