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La mission lunaire Artémis 2 expliquée
La mission spatiale Artémis 2 de la Nasa, premier vol habité autour de la Lune en plus de 50 ans, doit décoller mercredi de Floride.
Artémis est l'héritage de programmes lancés dans les années 2000 pour succéder aux navettes spatiales américaines, et qui ont survécu à plusieurs présidences jusqu'à ce que Donald Trump officialise le programme Artémis lors de son premier mandat.
- Le but -
D'une durée d'environ 10 jours, la mission constituera le premier vol habité du programme Artémis, qui ambitionne de ramener des Américains sur la Lune pour y établir une présence à long terme et préparer de futures missions vers Mars.
Contrairement à l'époque d'Apollo, la Nasa collabore cette fois avec d'autres pays, notamment européens, et le secteur privé dont les entreprises SpaceX et Blue Origin des milliardaires Elon Musk et Jeff Bezos, qui ont à charge de développer les alunisseurs.
- L'équipage -
Quatre astronautes - trois Américains et un Canadien - monteront à bord.
Ancien pilote d'essai de la Navy et ex-chef astronaute de la Nasa, Reid Wiseman, 50 ans, en aura le commandement.
Il sera accompagné de son compatriote Victor Glover, 49 ans, également passé par la Marine américaine. Il pilotera le vaisseau spatial et sera la première personne noire à voyager jusqu'à la Lune.
Ingénieure de formation, l'Américaine Christina Koch, 47 ans, deviendra elle la première femme à participer à une mission lunaire.
Le Canadien Jeremy Hansen, ancien pilote de chasse de 50 ans, complètera l'équipage et sera le premier non-Américain à survoler l'astre.
- Le top départ -
L'équipage prendra place dans le vaisseau Orion, juché au sommet de la fusée SLS de la Nasa.
En raison d'une trajectoire de vol très spécifique, le lancement ne pourra se faire qu'à des moments précis.
La fenêtre de lancement ouvre le 1er avril, avec des lancements possibles chaque jour jusqu'au 6 avril, puis à nouveau à la fin du mois.
- Le déroulé de la mission -
Après le décollage, l'équipage ne mettra pas immédiatement le cap vers la Lune, mais se placera en orbite autour de la Terre.
Là, il mènera diverses vérifications et manoeuvres pour s'assurer de la fiabilité et de la sécurité du vaisseau - qui n'a jamais transporté d'humains auparavant - avant de s'aventurer plus loin.
Si ces tests sont concluants, le vaisseau Orion donnera alors la grande poussée nécessaire pour quitter l'orbite terrestre et entamer le voyage vers la Lune.
Durant ce dernier qui durera entre trois et quatre jours, ils réaliseront d'autres tests et expériences scientifiques.
Une fois arrivés près de la Lune, ils en feront le tour et survoleront sa face cachée. Lors de ce moment suspendu, ils devraient battre le record d'Apollo 13, en devenant les êtres humains à s'être le plus éloignés de la Terre.
Leurs observations pourraient aider la Nasa à choisir le site d'alunissage pour Artémis 4, qui s'aventurera jusqu'au pôle sud de l'astre, où aucun homme n'a jamais été.
- Le retour -
La trajectoire qu'ils suivront est dite "de retour libre", c'est-à-dire qu'elle est pensée pour que le vaisseau soit attiré par la Lune puis naturellement ramené vers la Terre.
Ce voyage retour durera trois ou quatre jours et sera marqué par la rentrée dans l'atmosphère, l'un des moments les plus dangereux de la mission.
Lors d'Artémis 1, le bouclier thermique protégeant le vaisseau a été altéré d'"une façon inattendue" lors de cette étape, d'après un rapport technique.
L'agence spatiale a donc revu la trajectoire du vaisseau afin que l'angle d'entrée dans l'atmosphère soit un peu moins violent pour le bouclier.
Une fois cette étape passée, le vaisseau sera freiné par de puissants parachutes et amerrira dans les eaux du Pacifique, au large de la Californie.
H.Gonzales--AT