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Lithium: l'Etat s'invite au capital de la mine d'Imerys dans l'Allier
L'Etat va prendre une participation dans le projet d'exploitation minière de lithium conduit par l'entreprise Imerys dans l'Allier, au grand dam de certaines ONG mais au nom d'une "stratégie pour une société décarbonée et souveraine".
L'investissement, qui doit être finalisé dans les prochains mois selon l'entreprise, "s'inscrit au coeur de notre stratégie pour une société décarbonée et souveraine", a déclaré Bercy à l'AFP mercredi, se fixant pour objectif de "garantir la souveraineté de la France sur l'ensemble de la chaîne de valeur et donner confiance à toutes les parties prenantes".
Cette source a par ailleurs confirmé à l'AFP que la participation de l'Etat dans le projet minier s'élevait aux alentours de 30% du capital, comme indiqué par Les Echos.
Imerys, spécialiste des minerais ayant réalisé 3,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2024 et qui emploie 12.400 personnes dans le monde, a annoncé que l'investissement de l'Etat dans sa future mine de lithium située dans l'Allier, s'élevait à 50 millions d'euros et serait réalisé par la Banque des Territoires.
La somme doit permettre "la finalisation de l'étude de faisabilité définitive", prévue début 2027 et requise "avant toute décision finale d'investissement" dans le futur site de production.
Interrogé lors d'un point téléphonique avec les agences de presse lundi matin, le directeur général Alessandro Dazza a indiqué être "a priori" toujours en recherche d'autres partenaires financiers pour l'exploitation, même si ce sera "à décider avec notre partenaire actuel", l'Etat.
"On a toujours dit qu'on ne peut pas faire tout seul", a rappelé le dirigeant.
Il a précisé qu'être majoritaire dans cette exploitation n'était pour Imerys "pas une condition nécessaire". "On a l'expertise et on fait (ce genre d'activité) tous les jours dans le monde, donc nous espérons être la société qui gère le projet", a dit M. Dazza.
L'entreprise, qui publie ses résultats financiers annuels le 19 février après Bourse, avait annoncé fin octobre un plan pour réduire ses coûts et améliorer ses performances afin de redresser sa rentabilité, dans un contexte de ralentissement sur ses principaux marchés au deuxième trimestre.
Elle prévoit l'entrée en fonction en 2030 de la mine, qui doit pouvoir "alimenter en lithium environ 700.000 véhicules électriques par an".
- "Risques environnementaux" -
Pour Bercy, ce projet "illustre" la volonté du gouvernement "de couvrir une partie de nos besoins au niveau national" avec "une mine du XXIᵉ siècle, répondant aux meilleurs standards environnementaux et sociaux, que nous souhaitons encourager partout dans le monde".
"Cette annonce confirme le soutien aveugle de l'Etat sur ce projet", a de son côté déploré auprès de l'AFP Juliette Renaud, de l'association des Amis de la Terre.
L'Etat ne suit pas "les problématiques sociales ou environnemenales" de l'exploitation minière, "même quand il a une participation", estime-t-elle, réitérant "l'opposition" de l'association "à ce projet gigantesque qui implique de nombreux risques environnementaux".
La France et l'Europe ont longtemps laissé à d'autres le soin d'extraire des minerais essentiels à leur prospérité mais les tensions géopolitiques poussent les autorités à tenter de relancer l'extraction minière sur place, non sans susciter des oppositions et des inquiétudes sur l'impact social et environnemental.
Les opposants n'hésitent pas à saisir la justice, rallongeant encore le temps déjà long pour rouvrir une mine, estimé entre 10 et 15 ans par les professionnels.
G.P.Martin--AT