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Un équipage de la Station spatiale internationale de retour sur Terre après une évacuation médicale
Un équipage de la Station spatiale internationale contraint d'interrompre sa mission en raison d'un problème médical, une première dans l'histoire du laboratoire orbital, est revenu jeudi sur Terre.
Après 167 jours dans l'espace, les Américains Mike Fincke et Zena Cardman, le Russe Oleg Platonov et le Japonais Kimiya Yui ont amerri de nuit dans l'océan Pacifique, au large de la Californie, à 08H41 GMT, selon les images en direct de la Nasa.
"Au nom de SpaceX et de la Nasa, bienvenue à la maison, Crew-11", ont salué les contrôleurs basés à Houston peu après l'amerrissage de la capsule au large de San Diego. "C'est bon d'être de retour", a répondu Zena Cardman.
La capsule Dragon de l'entreprise SpaceX d'Elon Musk a ensuite été hissée à bord d'un navire et les astronautes ont été aidés à en sortir un par un et placés sur des civières dans le cadre des procédures habituelles. Après de premiers examens médicaux, ils devaient être héliportés sur le continent pour subir des examens complémentaires.
Le membre d'équipage concerné par le problème médical à l'origine de ce retour anticipé "va bien", a tenu à rassurer le patron de la Nasa Jared Isaacman lors d'une conférence de presse ayant suivi leur retour.
Tout en refusant d'en dire plus sur la nature de cette urgence médicale, il a néanmoins précisé qu'il s'agissait d'un "problème médical grave" qui "aurait pu se produire sur Terre, en dehors de l'environnement de microgravité" dans lequel vivent les occupants de l'ISS.
- "La bonne décision" -
L'identité de l'astronaute concerné n'a pas été dévoilée par l'agence spatiale américaine. Cette dernière avait annoncé la semaine dernière d'écourter le séjour de l'équipage Crew-11 dans l'ISS en raison de ce problème médical, une première.
Un "risque persistant" et "l'incertitude quant au diagnostic" ont motivé cette décision, avait expliqué le médecin-chef de la Nasa, James Polk, tout en soulignant qu'il ne s'agissait pas d'une évacuation d'urgence.
"Le membre de l'équipage était et reste dans un état stable", a répété mercredi Rob Navias, un responsable de la Nasa, peu avant que la capsule ne quitte l'ISS, qui évolue à quelque 400 km d'altitude autour de la Terre.
"Nous allons tous bien", avait écrit le pilote de la mission, Mike Fincke, plus tôt cette semaine sur le réseau social LinkedIn.
"Il s'agit d'une décision mûrement réfléchie et qui vise à permettre la réalisation d'examens médicaux appropriés au sol, où toutes les capacités de diagnostic sont disponibles. C'est la bonne décision", avait-il poursuivi.
- 900 heures -
Les quatre astronautes avaient rejoint la station orbitale en août et devaient y rester jusqu'à une prochaine rotation d'équipage, prévue pour mi-février.
Cette nouvelle mission, Crew-12, pourrait donc partir plus tôt que prévu, a fait savoir la Nasa. La Française Sophie Adenot doit y prendre part et réaliser ainsi son premier vol dans l'espace, le premier pour une Française depuis Claudie Haigneré en 1996.
Pour l'heure, la Station spatiale internationale reste occupée par trois personnes, un Américain et deux Russes, arrivés en novembre à bord d'un vaisseau Soyouz.
Habitée en permanence depuis 2000, l'ISS est un modèle de coopération internationale réunissant notamment l'Europe, le Japon, les Etats-Unis et la Russie. Depuis la guerre en Ukraine, elle est aussi l'un des derniers domaines de coopération entre Moscou et Washington.
Ses équipages sont formés pour conduire des missions scientifiques mais aussi pour faire face aux possibles complications liées à la vie dans l'espace.
L'équipage évacué avait été préparé à "gérer des situations médicales imprévues", avait rappelé un haut responsable de la Nasa, Amit Kshatriya.
Durant son séjour de plusieurs mois dans l'ISS, l'équipage aura mené "un peu moins de 900 heures d'expérimentation scientifique", a détaillé jeudi Joel Montalbano, en charge des opérations spatiales.
Parmi ces dernières figuraient des études sur la division cellulaire des plantes et les cellules-souches humaines, mais aussi des simulations de scénarios d'alunissage dans le cadre du programme lunaire de la Nasa, qui prévoit le retour des Américains sur la Lune et dont la prochaine mission, Artémis 2, doit s'envoler dans les prochaines semaines.
D.Lopez--AT