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Moins chers et plus légers, les exosquelettes s'insèrent dans nos vies
Désormais moins encombrants et plus abordables, les exosquelettes partent à l'assaut du grand public, des randonneurs aux seniors, leurs fabricants espérant que leur usage se banalise.
Impossible de les rater dans les allées du salon de la technologie grand public CES à Las Vegas. Ils sont partout, très prisés des visiteurs avides d'essayer ces armatures métalliques qui, selon les modèles, entraînent les jambes, soutiennent les genoux et renforcent le dos, voire les trois à la fois.
Elle est bien loin la carapace Hardiman, premier exosquelette de l'ère moderne créé par l'ingénieur Ralph Mosher pour General Electric au milieu des années 60, à l'allure massive, proche des créatures Transformers.
Plusieurs modèles présentés à Las Vegas pèsent moins de deux kilos sans batterie. Et leurs barres de soutien, reliées à une ceinture et à des attaches au-dessus du genou, épousent les cuisses pour se faire plus discrètes.
Si les exosquelettes ont fait progressivement leur entrée il y a plus de vingt ans dans l'industrie et le milieu médical, pour soulager des manutentionnaires ou aider à la rééducation de patients, ils restaient jusqu'ici des produits de niche.
Aujourd'hui, une volée de start-up veulent capitaliser sur la miniaturisation de l'équipement, l'autonomie renforcée de la batterie (certaines tenant jusqu'à dix heures) et des prix plus abordables pour intéresser au-delà.
Plusieurs d'entre elles proposent des produits autour de mille dollars l'unité, équipés de capteurs qui permettent, grâce à l'intelligence artificielle (IA), d'adapter l'assistance mécanique en fonction du terrain et de la cadence de marche.
Certains sont aussi faits pour courir, comme Dnsys qui revendique même 27 km/h de vitesse maximum, un rythme plus rapide qu'un sprint pour l'immense majorité des humains.
Marcheurs occasionnels ou randonneurs confirmés, tous sont ciblés par les fabricants d'exosquelettes, presque exclusivement chinois, qui voient le marché américain comme un eldorado.
"Ce n'est qu'une question de temps avant que ça n'atteigne une masse critique et devienne, peut-être, aussi commun que les montres ou les lunettes connectées", promet Toby Knisely, responsable de la communication d'Hypershell, qui dit avoir déjà écoulé 20.000 exemplaires.
- "Pas le travail à votre place" -
Après avoir effectué un essai d'un exosquelette d'Ascentiz, Trevor Bills, entrepreneur canadien de passage au CES, est plutôt séduit.
"Ca fonctionne", dit-il, mais, pour autant, "quand vous bougez, vous le sentez à peine parce qu'il s'adapte à votre rythme. C'est seulement quand je me suis arrêté après avoir couru que ça résistait un peu."
Parmi les obstacles à surmonter, l'idée que les exosquelettes diminuent l'effort physique et atténuent les bénéfices de l'exercice pour la santé.
"Attention, ça ne fait pas le travail à votre place", répond Trevor Bills, qui montre son front brillant de sueur. "Si ça fait sortir les gens, que cela les rend plus actifs, c'est positif."
"Nombreux sont ceux qui aimeraient bien aller jusqu'au sommet, mais qui n'y parviennent pas", argue Sha Feng, co-fondateur d'Ascentiz. "Avec cette aide, ils vont plus profiter de la montagne et probablement sortir davantage."
La moitié des clients de Dnsys sont des plus de 50 ans "qui aiment marcher, mais qui le font moins parce qu'ils vieillissent", souligne Xiangyu Li, co-fondatrice de Dnsys.
Hypershell indique sur son site qu'un usager doit "être capable de marcher et de trouver son équilibre seul", précise Toby Knisely, "pour être certain que tout le monde utilise (l'appareil) de façon sûre" et pas comme un tuteur ou une béquille.
A mesure que ces machines apparaissent de plus en plus dans les rues, l'"anxiété sociale", soit la gêne associée à l'idée de porter un exosquelette récréatif, s'efface peu à peu, dit le communicant, en grande partie du fait d'un aspect moins voyant.
"Les gens ne veulent pas avoir l'air de robots", constate Xiangyu Li. "Nous allons rendre (les exosquelettes) plus légers et plus facile à mettre, pour qu'ils deviennent comme un vêtement valorisant esthétiquement dans la vie de tous les jours."
F.Wilson--AT