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L'ESA inaugure sa quatrième antenne spatiale profonde
L'Agence spatiale européenne (ESA) a inauguré samedi en Australie une quatrième antenne spatiale profonde pour accroître les capacités de communications avec ses missions dans le système solaire.
La nouvelle antenne, d'un diamètre de 35 mètres, est installée sur le site de la station au sol de New Norcia en Australie, qui en comprenait déjà une de ce type. Deux autres sont opérationnelles en Argentine et en Espagne. Ces dispositifs sont capables de capter des communications très éloignées dans la profondeur du système solaire.
Elle vise à soutenir les missions scientifiques en cours et à venir de l'ESA: le télescope spatial Euclid, HERA actuellement en route vers l'astéroïde Didymos, BepiColombo qui étudie Mercure, Juice qui doit se placer en orbite de Jupiter...
Sans un réseau de stations au sol pour communiquer avec les engins spatiaux "l'exploration, la science spatiales ne seraient pas possibles", a rappelé à la presse Simon Plum, responsable des opérations de mission à l'ESA.
"Que ce soit en orbite terrestre, aux points de Lagrange (des zones stables du système solaire utilisées pour positionner des instruments d'observation, ndlr), sur la Lune ou plus loin dans le système solaire, nous ne pourrions pas piloter des satellites sans ces infrastructures", a-t-il expliqué.
"Nous devons également pouvoir télécharger les données transmises par les charges utiles (les instruments de mesure scientifiques, ndlr), qui sont la raison d'être de ces missions", a-t-il ajouté.
Or depuis l'inauguration de la première de ces antennes en 1998, la quantité de données transmises depuis et vers les engins spatiaux s'est considérablement accrue.
"Tout devient de plus en plus gourmand en données. Nos charges utiles et nos instruments sont devenus plus avancés, le nombre de missions augmente", a détaillé Mehran Sarkarati, responsable de la division ingénierie des stations au sol de l'ESA, précisant que la construction d'une cinquième antenne était déjà en projet pour faire face à la hausse de la demande en capacités de communication.
Comme les trois autres antennes profondes de l'ESA, la nouvelle infrastructure pourra communiquer avec des engins situés à plus de 2 millions de kilomètres de la Terre dans les bandes de fréquence X, K et Ka.
Plusieurs de ses composants sont refroidis cryogéniquement aux environs de -263°C, proche du zéro absolu, afin de détecter des signaux extrêmement faibles envoyés par des engins très éloignés.
E.Flores--AT