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L1: à l'OM, l'extincteur, les bolides et l'amour-propre
Au bout d'une mise au vert prolongée à la Commanderie, la préparation du match de l'OM au Havre dimanche a été marquée par un incident impliquant Pierre-Emerick Aubameyang et un extincteur, laissant Habib Beye avec l'orgueil et l'amour-propre comme derniers leviers.
Vendredi, peu avant 14h00, les joueurs de l'OM ont été autorisés à quitter leur centre d'entraînement. Ils y étaient arrivés lundi matin, quelques heures après avoir été corrigés par Nantes (3-0) au terme d'une prestation épouvantable.
Alors ils sont partis vite et les moteurs des bolides olympiens ont résonné le long de la sinueuse Traverse de la Martine, l'adresse de la Commanderie.
Deux joueurs, tout de même, se sont un peu attardés. Mason Greenwood a ainsi passé une petite dizaine de minutes aux côtés des supporters réunis devant les grilles du centre d'entraînement. Autographes et photos: l'Anglais aux efforts défensifs comptés a donné de son temps.
Un peu plus loin, dans la salle de presse, c'est le Nigérian Tochukwu Nnadi, 22 ans et 200 minutes de jeu tout compris avec l'OM, qui était invité à raconter cette nouvelle semaine de mise au vert. "Je n'ai pas grand-chose à dire. Pour moi, c'est pareil qu'être à la maison, puisque je vis seul", a-t-il résumé.
- Sombre tableau -
Suant à grosses gouttes malgré la climatisation, au point de lâcher un discret "what the fuck..." en s'essuyant le front, le timide ancien joueur du Botev Plovdiv et de Zulte-Waregem n'en a pas dit beaucoup plus.
"Si on a dormi ici quatre nuits, il doit bien y avoir une raison. On doit rester unis. Je ne peux rien promettre, juste dire qu'on va se battre", a-t-il simplement expliqué.
Après lui, Habib Beye n'a pas été plus bavard, notamment sur cette fameuse mise au vert aux airs de punition, décidée par la direction face à l'apathie des joueurs depuis plusieurs semaines. "Il fallait ça pour préparer Le Havre et être bons dimanche", a simplement estimé l'entraîneur marseillais.
"La réalité, c'est que je n'ai pas de réponse à la question de nos prestations en match. En ce moment, je fais un métier différent. Il faut travailler sur les têtes et c'est vraiment difficile. Cela prend beaucoup d'énergie de chercher les solutions", a-t-il ajouté.
Son discours fait écho à celui de plusieurs sources au sein du club, à la fois incrédules et lessivées par le spectaculaire effondrement de l'OM en à peine trois mois.
"Honteux" pour l'un, "interminable et usant" pour l'autre, "catastrophique et un peu malsain" pour un troisième interlocuteur, le tableau est sombre.
- Aubameyang sanctionné -
Samedi matin, la situation a même pris un tour tragi-comique avec la révélation de l'épisode de l'extincteur. Jeudi soir, plusieurs joueurs ont en effet "semé un gros chahut" dans plusieurs chambres du centre d'entraînement, où ils ont laissé un grand désordre.
Aubameyang, 36 ans, faisait partie de ce groupe et, selon plusieurs médias sportifs, il aurait vidé un extincteur dans la chambre de Bob Tahri, l'ancien athlète français, qui fait désormais partie du staff sportif de l'OM.
La direction du club a ensuite décidé vendredi de sanctionner Aubameyang en l'écartant du match de dimanche.
Son absence vient s'ajouter à celles, très nombreuses, qui handicapent déjà Beye: Aguerd, Traoré, Kondogbia, Egan-Riley, Weah et Nadir, tous blessés, manquent ainsi à l'appel.
Alors que la troisième place est désormais totalement inaccessible et la quatrième presque, l'hécatombe tombe mal pour un OM (7e) qui a beaucoup glissé depuis l'arrivée de Beye. "Finir 7e avec cet effectif, c'est quand même ahurissant", a ainsi jugé l'une des sources interrogées cette semaine par l'AFP.
Beye, lui, veut simplement "bien finir" et "montrer autre chose". "Il faut avoir de l'orgueil et de l'amour-propre. Il reste six points (à prendre) et ça doit être notre objectif, a-t-il insisté vendredi. L'objectif initial n'est plus atteignable mais on peut encore montrer un visage différent. Ca n'atténuera pas tout ce qui s'est passé, mais c'est important".
P.A.Mendoza--AT