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Madrid: le retour d'Arthur Fils, pile à l'heure pour Roland-Garros
Absent pendant près de huit mois du circuit pour soigner son dos, Arthur Fils a depuis signé un come-back tonitruant, engrangeant une demie en Masters 1000 à Miami et un titre à Barcelone, ce qui fait de lui l'un des hommes à suivre à Madrid et à Roland-Garros dans un mois.
Contraint au forfait en seizièmes de finale de Roland-Garros au printemps dernier en raison d'une blessure au dos, Fils pensait sans doute pouvoir revenir plus tôt. Il avait d'ailleurs tenté de renouer avec le circuit fin juillet, mais après deux matches à Toronto, il avait décidé de mettre un terme à sa saison et de prendre le temps de se soigner.
"Il n'a pas eu de réussite l'année dernière parce qu'il s'est blessé, mais il jouait déjà à un très gros niveau", assure Gaël Monfils, 39 ans, "admiratif" de son envie et de son talent.
A peine revenu en février, le Français atteint la finale du tournoi ATP 500 de Doha, où il s'incline logiquement en finale face à Carlos Alcaraz, N.1 mondial à l'époque. La machine est en marche: demi-finaliste à Miami en mars puis vainqueur à Barcelone, le quatrième titre de sa carrière et le premier depuis septembre 2024.
"Même si c'est un ATP 500 comme j'en ai gagné auparavant, c'est peut-être le plus beau par la difficulté qu'on a eu à revenir avec le staff. Huit mois de blessures, je ne peux pas dire de galères, mais ce n'était pas facile. Revenir à ce niveau-là et gagner un tournoi, ça fait vraiment du bien", reconnaît Fils, 25e joueur mondial cette semaine.
Il s'agit par ailleurs de son troisième sacre sur terre battue, surface sur laquelle son jeu impressionne par sa puissance en coup droit, les rebonds de ses frappes lourdes et sa capacité de déplacement dans les rallyes.
"Je sais que quand je joue bien au tennis, je suis capable de battre des très bons joueurs. Après, il faut réussir à le faire toutes les semaines", tempère le grand espoir du tennis français.
- "Faire attention à lui" -
Le gratin du classement ATP suit déjà d'un oeil la nouvelle régularité d'Arthur Fils, à l'image du N.1 mondial Jannik Sinner qui loue un joueur "très fort physiquement".
"Gagner à Barcelone va lui donner beaucoup de confiance pour bien jouer ici (à Madrid), à Rome et surtout à Paris avec le public français. Je suis content pour la France. La France a besoin de joueurs comme Arthur. Voyons ce que l'avenir lui réserve, mais c'est certain qu'il faudra faire attention à lui", assure l'Italien de 24 ans.
Sixième au classement de la Race, son niveau actuel lui permet déjà de se projeter très haut s'il le maintient toute la saison, n'ayant aucun point à défendre après le mois d'août.
"A la fin de l'année, on fera les comptes. Pour l'instant, je ne regarde pas trop. J'avais pas mal de points à défendre en début d'année. C'est défendu. Maintenant, c'est du bonus", souligne-t-il.
Il faudra déjà relever le défi de la terre battue madrilène, où Arthur Fils n'a encore jamais remporté un match dans le tableau principal en trois participations.
"Les conditions sont bien différentes des autres tournois sur terre battue. Quand tu es en altitude, la balle s'échappe un peu plus. Parfois, tu peux louper des coups que tu n'as pas l'habitude de louper. Le but est de contrôler quand même la balle. Donc soit tu décides d'augmenter la tension de ta raquette, soit tu décides de trouver une autre manière de mettre la balle dans le terrain", analyse-t-il.
Exempté de premier tour, Fils sera opposé pour son entrée en lice au Péruvien Ignacio Buse (58e), tombeur d'Adrian Mannarino (46e) 6-4, 6-2.
W.Moreno--AT