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Tour du Pays basque: Seixas, le triomphe du petit prince du cyclisme français
La fin d'une longue disette, balayée par un phénomène de précocité: Paul Seixas est devenu samedi au Tour du Pays basque le premier Français depuis Christophe Moreau en 2007 à remporter une course par étapes au niveau World Tour.
Il a donc fallu attendre dix-neuf ans pour mettre un terme à cette interminable traversée du désert qui avait même fini par décourager des coureurs comme Thibaut Pinot et Romain Bardet.
Dix-neuf ans, c'est aussi l'âge de Seixas qui, après seulement quatorze mois de présence dans le peloton professionnel, confirme un talent immense qui lui promet les plus grandes conquêtes, y compris sur le Tour de France.
Le leader de l'équipe Decathlon CMA CGM a non seulement gagné l'une des courses d'une semaine les plus prestigieuses et difficiles du calendrier. Mais il l'a fait aussi avec panache en écrasant l'épreuve avec trois victoires d'étape et une avance au classement général de 2 min 30 sec sur l'Allemand Florian Lipowitz, troisième du dernier Tour de France.
"Ca a été une semaine de fou. Je suis heureux d'avoir répondu présent tous les jours, d'avoir été fort. J'ai fait exactement ce que je voulais", a-t-il déclaré à l'issue de la dernière étape remportée en solitaire par l'Américain Andrew August sous une pluie battante à Bergara.
"Une journée complètement dingue. Ca n'a pas été facile, je suis resté fort dans la tête toute la journée", a ajouté Seixas en descendant du podium, frigorifié, emmitouflé dans une grosse doudoune.
En succédant au palmarès du Tour du Pays basque à Laurent Jalabert, dernier vainqueur français en 1999, le Lyonnais devient aussi le plus jeune coureur de l'histoire à remporter une course par étapes World Tour. Il efface des tablettes un certain Tadej Pogacar qui avait gagné le Tour de Californie à l'âge de 20 ans en 2019.
Il y avait pourtant du très beau monde cette semaine au Pays basque avec Lipowitz, Primoz Roglic, qui a explosé samedi, mais aussi Isaac del Toro et Juan Ayuso, considérés jusque-là comme les principaux candidats à la succession de Pogacar.
Au final, distancés avant d'abandonner tous les deux, le Mexicain et l'Espagnol n'ont pas fait le poids face à Seixas.
La victoire du Lyonnais, sa sixième déjà, confirme un début de carrière fulgurant qui a connu une nouvelle accélération en 2026.
- Sur le Tour de France dès cet été ? -
Les performances à répétition de l'étudiant en école de commerce réveillent les plus grands espoirs dans un pays sevré de victoire masculine dans le Tour de France depuis Bernard Hinault en 1985.
D'autant que le jeune homme, formé au VC Villefranche Beaujolais puis dans l'équipe jeunes d'AG2R Citroën, présente le parfait combo pour briller sur les grands Tours: excellent grimpeur mais aussi très bon en contre-la-montre, discipline dans laquelle il est devenu le premier Français champion du monde juniors en 2024, avant de remporter aussi lundi le chrono au Pays basque.
"On n'a pas vu ça en France depuis 50 ans. C'est tout simplement exceptionnel", a commenté le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, depuis Compiègne où s'élancera Paris-Roubaix dimanche.
Cette semaine, Seixas a montré d'autres facettes de son talent en attaquant en descente et en affichant un caractère pétillant et très joueur sur le vélo, à la manière d'un Pogacar, quitte parfois à dépenser une énergie folle et superflue.
Se pose désormais la question de sa première participation au Tour de France en juillet.
Vu ses résultats, elle peut paraître comme acquise.
Mais il ne faut pas oublier à quel point il est encore jeune dans un sport d'endurance, où on se bonifie avec l'âge et où il faut, normalement, d'abord se construire une "caisse" avant de prétendre jouer les premiers rôles.
Pour l'instant, Seixas brûle toutes les étapes avec un flegme étonnant. Très à l'aise face aux caméras, que ce soit en français ou en anglais, il se montre aussi déjà très mature dans son rapport de leader avec ses coéquipiers.
La décision sur sa présence au Tour de France cet été doit être prise après la Flèche Wallonne le 22 avril et surtout Liège-Bastogne-Liège quatre jours plus tard, où il doit retrouver Pogacar pour un duel qui fait déjà saliver toute la planète cyclisme.
"Pour le Tour on verra, a-t-il, mais cette semaine a vraiment été fantastique."
D.Lopez--AT