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Six Nations: derrière le titre, des Bleus très contrastés, entre folie offensive et largesse défensive
Un titre grâce à une attaque de feu, mais une défense qui a pris l'eau: le XV de France a fait rêver ses supporters en décrochant un second titre d'affilée dans le Tournoi samedi, mais il reste des secteurs à améliorer, à 18 mois du Mondial australien.
. Une équipe qui sait gagner
Dans un passé pas si lointain, cette équipe aurait perdu ce "Crunch" face aux Anglais. Mais le XV de France a montré qu'il avait des ressources, en allant récupérer un dernier ballon sur le coup d'envoi, après l'essai de Freeman (77e) puis en obtenant une pénalité convertie par le buteur au sang froid Thomas Ramos (48-46). Un paramètre confiance qui montre que cette équipe sait garder ses nerfs jusqu'au bout.
"Ramener le bonus offensif de Murrayfield (NDLR: en revenant de 47-14 à 50-40 en Ecosse), puis ce choix de la pénaltouche juste avant la mi-temps aujourd'hui contre l'Angleterre (NDLR: qui va aboutir à l'essai de pénalité), et ensuite à 14 à la fin, aller chercher cette pénalité pour aller gagner, c'était fort!", a salué Fabien Galthié, le sélectionneur des Bleus.
. Une attaque de feu
Avec 30 essais, soit six par matches en moyenne, le XV de France a égalé le record d'essais en un Tournoi qu'il avait établi en 2025. Le tout en se passant de Damian Penaud, meilleur marqueur d'essais de l'histoire des Bleus (40).
Avec le retour au sommet de Matthieu Jalibert, l'ouvreur de l'UBB, et une charnière à trois avec les Toulousains Dupont et Ramos qui a fait fait tourner en bourrique les défenses irlandaise (36-14) et galloise (12-54), l'animation offensive des Bleus est imprévisible.
Et elle dispose des finisseurs nécessaires pour transformer ce chaos organisé en essais, avec les neuf réalisations de Louis Bielle-Biarrey et les cinq du Palois Théo Attissogbe, tous deux se montrant également bien plus décisifs sur les chandelles.
. Un pack trop tendre
Privé de son gentil colosse rochelais, son pilier droit Uini Atonio, contraint de prendre sa retraite pour un problème cardiaque, le paquet d'avants bleu a souvent tangué dans ce tournoi, malmené par ses homologues italiens et même écossais. Et le match a parfois tourné au supplice samedi contre le XV de la Rose, avec des ballons portés d'école et deux essais encaissés sur pénaltouches.
L'absence d'Atonio mais aussi d'un réel numéro 8 porteur de ballon et capable de stabiliser l'édifice dans les mauls s'est bien vue. Au coeur de la troisième ligne, le terrien Jelonch et l'aérien Ollivon n'ont pas encore l'impact d'un Alldritt au top de sa forme, et le jeune Temo Matiu, N.8 à l'UBB mais aligné une mi-temps hier comme flanker, a été en deça pour sa première sélection.
. Une défense encore perméable
Avec sept essais encaissés en Ecosse puis sept encore samedi contre le XV de la Rose, c'était presque opération portes ouvertes chez les Bleus, après des grosses lacunes déjà observées en novembre. Il y avait eu du mieux en début du Tournoi pourtant, où ils n'avaient été transpercés que cinq fois lors des trois premiers matches.
"On ne peut pas, à ce niveau-là, prendre 50 points (en Ecosse) puis plus de 40 points (46 contre les Anglais)", a fustigé Ramos après la rencontre samedi soir: "Si on veut exister dans les grandes compétitions, avec autant d'essais encaissés ça sera sans nous".
La sensation est que les Bleus n'ont pas les outils pour ralentir voire bloquer les dynamiques adverses. "On prend des vagues, des vagues, des vagues, et au bout d'un moment, ça finit dans l'en-but": en quelques mots Matthieu Jalibert a résumé le sentiment d'impuissance des Bleus contre les déferlantes écossaises et anglaises.
Un chiffre montre la difficulté des Bleus à empêcher leurs adversaires de dérouler leur jeu, le nombre de grattages au cours de ce Tournoi: 8 seulement pour le XV de France, le pire résultat avec l'Ecosse, loin de l'Irlande (19), l'Italie (17), ou même les Gallois (16).
M.O.Allen--AT