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F1: Piastri, un effondrement difficile à expliquer
Problème mental ou technique? Très solide en début de saison, Oscar Piastri (McLaren) a vu ses performances plonger depuis deux mois, au point de voir son coéquipier Lando Norris reprendre la tête du championnat du monde de F1. Un effondrement difficile à expliquer.
Les chiffres illustrent parfaitement cette nette baisse de forme de l'Australien, que ce soit en course ou lors des qualifications.
Lors des 15 premières manches de la saison, le natif de Melbourne avait décroché cinq pole positions et cinq deuxièmes places sur la grille. Mais lors des six derniers Grands Prix, il n'a jamais démarré en première ligne.
Le week-end à Bakou a marqué un tournant puisque Piastri, déjà loin sur la grille (9e) après son accident en qualifications, a quasiment calé au départ, se retrouvant rapidement dernier, avant de terminer dans un mur quelques virages plus loin.
Cet abandon avait mis fin à une superbe série de 34 courses consécutives terminées dans les points pour l'Australien, qui évoquera des "erreurs bêtes" pour expliquer ce week-end catastrophique sur les bords de la mer Caspienne.
Peut-on y voir un lien de cause à effet? Le pilote de 24 ans, quasiment irréprochable jusque-là, a multiplié les bévues à Bakou juste après la polémique survenue à Monza.
- "Je trouve ça étrange" -
En Italie, l'écurie McLaren avait en effet demandé à Piastri de laisser passer son coéquipier Lando Norris après que le changement de pneus de ce dernier s'était mal passé. L'Australien s'était alors emparé de la deuxième place, mais l'équipe lui avait ordonné de rendre sa position à l'Anglais.
Cette demande injustifiée a fait naître des soupçons de favoritisme envers le Britannique, même si McLaren et l'Australien ont repoussé cette idée.
Sans cette consigne, Piastri aurait porté son avance en tête du championnat à 37 points. Au lieu de cela, il est reparti d'Italie avec 31 longueurs d'avance et probablement du ressentiment envers son équipe.
"C'est inexplicable. Tu peux ne pas être satisfait de ton équipe, mais tu ne peux pas oublier comment conduire d'un week-end à un autre", a souligné Pierre Gasly à l'AFP. "Il était très performant toute l'année, il était à moins d'un dixième de son coéquipier et d'un coup, sur les dernières courses, il se retrouve à six dixièmes! Je trouve ça étrange."
Piastri a pourtant affirmé jeudi avoir compris les raisons de ses performances décevantes depuis deux mois, mais sans les expliciter.
- Dos au mur -
"A Austin et à Mexico, quelque chose de fondamental ne fonctionnait pas, d'où le manque de rythme. Le week-end à Bakou a été ce qu'il a été... Mais pour les autres courses, c'est une combinaison de plusieurs petites choses qui n'ont pas marché alors que le rythme était plutôt bon", a-t-il énuméré.
Dos au mur, l'Australien a indiqué qu'il ne comptait pourtant pas changer sa manière d'aborder les trois derniers week-ends de la saison.
"Je vais garder la même approche, tenter d'extraire le maximum de performance de ma voiture car cela m'aidera à remporter les courses et cela m'aidera pour le championnat. Ca va désormais être difficile de gagner (le titre). Mais cette mentalité d'aborder chaque course avec l'envie de tout maximiser est le bon état d'esprit."
S'il a reconnu que les dernières semaines n'avaient pas été aussi productives que les précédentes, Piastri a estimé que cela lui avait permis d'apprendre.
"J'ai été particulièrement solide lors de la première moitié de la saison. Même si cela ne marche plus aussi bien, je ne pense pas que j'aurais dû faire les choses différemment dernièrement, a-t-il souligné. J'essaie toujours de tirer des leçons de chaque erreur."
Avec 24 points de retard sur Norris et seulement trois manches à disputer, le bon élève australien doit redresser la barre dès ce week-end à Las Vegas s'il ne veut pas que le titre lui file entre les doigts.
D.Lopez--AT