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Fin du procès de l'ex-patron du football espagnol accusé d'avoir embrassé une joueuse
Le procès de l'ancien patron du football espagnol Luis Rubiales, accusé d'avoir embrassé l'attaquante de l'équipe nationale Jenni Hermoso sans son consentement et d'avoir ensuite fait pression sur elle, s'est achevé vendredi, le jugement ayant été mis en délibéré.
M. Rubiales, 47 ans, et ses trois co-accusés ont décliné la possibilité qui leur était offerte de prendre la parole une dernière fois, concluant ainsi neuf jours d'audience à San Fernando de Henares, près de Madrid, où le procès avait débuté le 3 février.
"Bien que cela semble incroyable, nous avons donc terminé", a conclu le juge José Manuel Fernández-Prieto. Comme c'est toujours le cas en Espagne, le magistrat n'a donné aucune indication sur la durée du délibéré, qui est souvent de plusieurs semaines.
La séance de vendredi a été consacrée aux plaidoiries des avocats des trois co-accusés de M. Rubiales, qui étaient jugés pour un délit présumé de coercition, à savoir les pressions qu'ils auraient exercé sur la joueuse pour la convaincre de minimiser le geste de Luis Rubiales.
Il a également requis un an et demi de prison à l'encontre de l'ancien sélectionneur de la "Roja" féminine, Jorge Vilda, et de deux anciens responsables de la RFEF, Rubén Rivera et Albert Luque.
- "Une bonne loi" -
Interrogée à la fin du procès, la ministre socialiste de l'Egalité Ana Redondo a émis le souhait que la sentence soit "conforme à la législation espagnole" sur la liberté sexuelle, qui repose sur la notion du consentement.
Cette loi, a-t-elle dit, "est une bonne loi, qui interpelle directement le patriarcat et (...) le machisme et place le consentement au centre des relations sexuelles".
De fait, la notion du consentement a dominé le procès de Luis Rubiales.
Première à témoigner lors de ce procès, l'attaquante espagnole Jenni Hermoso, 34 ans, avait réaffirmé n'avoir jamais consenti à ce que le dirigeant l'embrasse sur la bouche lors de la remise des médailles après le sacre de l'Espagne en finale du Mondial féminin à Sydney, le 20 août 2023.
Elle avait aussi déclaré avoir éprouvé du "dégoût" et s'être sentie "peu respectée" en tant que femme.
La meilleure buteuse de la "Roja", l'équipe nationale espagnole, avait également décrit les "innombrables" pressions qu'elle avait subies après ce geste pour en minimiser l'importance et étouffer le scandale.
Lors de ses réquisitions, la procureure Marta Durántez Gil a estimé qu'il n'y avait "aucun doute" sur le fait qu'il s'était bien agi d'un baiser forcé.
Depuis une récente réforme du Code pénal espagnol, un baiser sans consentement relève de l'agression sexuelle, catégorie regroupant tous les types de violences sexuelles, y compris le viol.
- "Absolument sûr" -
L'avocate de M. Rubiales, Me Olga Tubau Martínez, avait plaidé la relaxe, affirmant que la conduite de son client avait certes été "inappropriée", mais en aucun cas "criminelle".
Elle avait également rejeté toute coercition, c'est-à-dire toute contrainte par le recours à la force ou aux menaces, de la part de M. Rubiales, qui était le supérieur hiérarchique de Jenni Hermoso. "Contraindre, ce n'est pas demander, ce n'est pas insister", avait-elle argumenté.
Lors de son interrogatoire, Luis Rubiales, qui dirigeait d'une main de fer la RFEF depuis mai 2018, avait campé sur ses positions, se disant "absolument sûr" que Jenni Hermoso lui avait donné son consentement pour qu'il l'embrasse sur les lèvres.
Un expert en lecture labiale, diligenté par la défense, avait également assuré que M. Rubiales avait sollicité son consentement, mais admis qu'il n'était pas en mesure de confirmer si la joueuse avait répondu.
L'ex-patron du foot espagnol avait reconnu que son geste n'était "pas approprié". "J'aurais dû garder mon sang-froid et ne pas me laisser emporter par l'émotion" de la victoire, avait-il concédé.
F.Ramirez--AT