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Tour de France: Vingegaard marque les esprits au bout d'une étape d'anthologie
Jonas Vingegaard a gagné plus qu'une étape sur le Tour de France mercredi au Lioran, où le double vainqueur sortant a pris l'ascendant psychologique sur Tadej Pogacar qu'il a dominé au sprint à l'issue d'une journée d'anthologie.
Prenant tous les risques, Pogacar a fait "all-in" dans les somptueux monts du Cantal pour se lancer dans un raid solitaire plein de panache, à 32 kilomètres de l'arrivée, avec la ferme intention d'assommer le Tour.
Mais il a été rattrapé et au final devancé par un élastique danois qui n'a jamais craqué pour remporter une victoire rédemptrice, la plus émotionnelle de sa carrière, trois mois après son grave accident au Pays basque.
"A un moment, je me suis demandé si je n'allais pas mourir", a rappelé, en larmes, le double vainqueur sortant, victime d'un pneumothorax et de fractures à la clavicule et aux côtes début avril.
"J'ai passé deux semaines à l'hôpital, c'était tellement grave. Alors être là aujourd'hui, à ce niveau, capable de jouer la victoire d'étape et en fin de compte la gagner, cela dépasse toutes mes espérances."
Au classement général, le Danois a seulement grappillé une seconde, au jeu des différentes bonifications, pour revenir à 1:14 du Slovène et huit secondes de Remco Evenepoel, troisième de l'étape et toujours deuxième dans la course au maillot jaune.
Mais cette seconde vaut très cher et dans le camp de la Visma-Lease a bike on était à deux doigts de boire des grandes bières pour fêter ça.
- "Une légende" -
"C'est de l'ordre de la rédemption. J'étais déjà très fier de le voir capable d'être au départ du Tour de France, et maintenant il gagne. C'est une légende", a exulté le patron, Richard Plugge.
"Il ressemble à un garçon si gentil mais c'est d'abord un grand combattant. Gagner après avoir été lâché montre le champion qu'il est", a ajouté le directeur sportif Frans Maassen, en essuyant une larme au pied du bus.
Autant que la victoire, c'est la manière avec laquelle le Danois a gagné qui a marqué les esprits à l'issue d'une étape supersonique, courue à tombeaux ouverts. Sur un terrain plus propice à son rival, il a fait preuve d'une résilience et surtout d'un sang-froid qu'on ne lui connaissait pas, loin par exemple des images de pure panique lors de l'étape de pavés en 2022.
Lorsque Pogacar a placé son attaque, à 600 m du Pas du Peyrol, Vingegaard n'a pas réussi à suivre, comme personne d'ailleurs. L'écart est même monté jusqu'à 40 secondes dans la descente où Pogacar a pris des gros risques.
Mais lorsque la pente s'est dressée à nouveau, dans le terrible col du Perthus, le Danois, parti seul à sa poursuite, a repris du temps pour même rejoindre le Slovène peu avant le sommet.
"Pour être honnête on craignait que Jonas n'arrive pas à revenir. Mais on est resté calmes, on lui a dit de récupérer dans la descente et ensuite faire un contre-la-montre dans le col du Perthus", a raconté Frans Maassen.
- "Match nul", selon Pogacar -
Une fois reconstitué le duo auquel on est habitué depuis quatre ans maintenant, et alors que Evenepoel et Roglic faisaient cause commune dans un deuxième groupe, les deux hommes ont cheminé ensemble jusqu'à l'arrivée.
Et cette fois, c'est même Vingegaard qui, après avoir été traité de petit joueur ces derniers jours, a demandé des relais à son rival qui devenait de plus en plus blême.
Le Danois a enfoncé le clou dans un sprint toutes dents dehors où il a pris le dessus pour la première fois dans cet exercice face à un coureur plus punchy que lui. De quoi lui donner "une grande confiance" pour la suite.
Pogacar a, lui, conclu à un "match nul" et renvoyé aux étapes à venir en haute montagne dans les Pyrénées et les Alpes. Mais "Jonas a été très fort, on peut même dire qu'il est dans la forme de sa vie", a-t-il reconnu, ne répondant pas vraiment à une question en conférence de presse sur un éventuel défaut d'alimentation dans les derniers kilomètres où il est apparu bien émoussé.
"Il y aura des cols plus importants dans les Pyrénées et mon entrainement a été calibré pour ces ascensions dans les gros cols", a positivé le Slovène qui s'est dit "satisfait" après ce qu'il a qualifié de "l'une des meilleurs étapes de tous les temps" mercredi.
La journée a effectivement été épique, courue sur un rythme effréné et marquée aussi dans le final par la chute de Primoz Roglic, requalifié dans le même temps qu'Evenepoel en vertu de la règle gelant les temps dans les trois derniers kilomètres.
F.Wilson--AT