-
Polémique autour de Gaza: sur scène, Ed Sheeran reconnaît "des erreurs"
-
Saint-Pierre-et-Miquelon est "français" répond Macron à Trump à son arrivée dans l'archipel
-
Coupe Davis: le Canada élimine la France
-
Le Danemark soulagé par l'accord sur le Groenland, après les menaces d'annexion de Trump
-
Ligue 1: en démonstration, Lyon éparpille Rennes
-
L'Arabie saoudite dit avoir intercepté un missile tiré par les Houthis vers Ryad
-
Un "front du refus" inédit mobilisé à Arles contre une ligne aérienne THT
-
Women XV Global Series: les Bleues victorieuses des Australiennes au bout d'un scénario fou
-
Les Houthis du Yémen revendiquent une attaque dans la capitale saoudienne
-
Le RN hausse le ton face à la Russie mais est accusé de "double discours"
-
Fumée noire près de l'aéroport de Ryad après des explosions, selon des habitants
-
Angleterre: naufrage d'Arsenal, parfum de crise à Tottenham
-
Top 14: Lyon seul en tête, le Racing 92 se réveille
-
Ebola en RDC: lancement de l'essai clinique du vaccin Ervebo en Ituri
-
Catherine Ringer inhumée à Paris aux côtés de Fred Chichin
-
Des journalistes de CNN et d'autres médias empêchés d'accéder à la Maison Blanche
-
Charles Sapin ne sera plus sur France Inter pour son édito contesté
-
MotoGP: Martin tape du poing sur la table
-
Meurtres de femmes en Afrique du Sud: des habitants se mobilisent pour dire "ça suffit!"
-
Jeux asiatiques: "Profondes excuses" des organisateurs pour avoir joué le mauvais hymne
-
Rugby: le Japon remporte la Coupe des nations du Pacifique face aux Fidji
-
Flammes et fumée noire visibles près de l'aéroport de Ryad, selon des habitants
-
Angleterre: Aston Villa gagne enfin et enfonce Tottenham (3-2), relégable
-
Trump promulgue une loi imposant de nouvelles sanctions contre la Russie
-
Charles Sapin annonce la "suppression" de son édito par France Inter
-
Accord sur le Groenland : Trump crie victoire, les Danois aussi
-
Budget: la dette publique de la France grimpera jusqu'à 121,7% du PIB en 2027, un record
-
Foot: Sandro Mazzola, une carrière entière à l'Inter
-
Russie: "puissantes" cyberattaques au deuxième jour des élections législatives
-
Incendies en Indonésie: la Malaisie envoie des pompiers et des moyens aériens
-
MotoGP: Martin décroche la pole position en Autriche devant Marc Marquez
-
Le Danemark salue l'accord "contraignant" avec Trump sur le Groenland
-
Amazon renonce à la livraison gratuite de livres neufs dans ses casiers automatiques en France
-
L'IA de Google a perpétré des cyberattaques et deviné des identifiants
-
"Pas touche au Kennedy Center": à Washington, une chaîne humaine face aux assauts de Trump
-
Equateur: des hélicos bombardiers d'eau pour éteindre un feu de forêt à Quito
-
Au Texas, des éleveurs déçus par Trump sur la question du boeuf importé
-
Les concerts de Céline Dion, un jackpot qui ne ruisselle pas, déplore la filière musicale
-
Compagnon artificiel, robot stimulateur... L’IA, au chevet des malades d’Alzheimer
-
Coupe Davis: le Canada mène 2-0 d'entrée contre la France
-
La visite du pape dans un lieu d'accueil d'exilés: un "message" avant la présidentielle en France
-
Mondiaux de cyclisme: Remco Evenepoel pour l'histoire
-
Derrière "Lofi Girl", un entrepreneur français et un phénomène mondial sur YouTube
-
Déplacer le village de Miquelon: pas un modèle mais des leçons à tirer, selon une géographe
-
Pakistan: au moins 31 morts dans l'attaque d'un quartier général de police
-
Rush à Pékin pour revendre son drone avant l'interdiction totale
A Toulouse, soigner les parents pour protéger les nouveau-nés
Accueillir un nouveau-né peut sembler insurmontable lorsque l'un des parents présente de grandes fragilités, comme la dépression ou la toxicomanie, d'où l'ouverture au CHU de Toulouse d'un nouveau service qui propose désormais d'accueillir les familles les plus en difficulté au sein d'une équipe pluridisciplinaire.
L'unité "Care en Mater" ("care" signifie "soin" en anglais) propose ainsi depuis le printemps cinq lits à ces familles en position de grande vulnérabilité, pour un maximum de 28 jours après la naissance, afin de les accompagner au mieux dans ce moment de bascule pour leur porter assistance ainsi que protéger l'enfant.
"L'Occitanie ne pouvait pas rester sans une unité parent-bébé", explique la pédopsychiatre Ludivine Guérin, qui a contribué à porter le projet, en gestation depuis 2020.
Jusqu'ici, les parents en difficulté étaient notamment pris en charge dans des hôpitaux psychiatriques.
- "J'ai détesté être enceinte" -
"J'ai détesté être enceinte", confie Cristina, 43 ans, passée il y a quelques mois par ce service avec son petit Ezio et son papa Stéphan. Sujette pendant toute sa grossesse à de violents et incessants vomissements, cette responsable inventaire dans une entreprise toulousaine n'a "pas du tout investi (sa) grossesse", elle qui était pourtant tellement "impatiente d'être maman".
"On vomit tout le temps, tout le temps, tout le temps. A un moment donné, on se dit que bébé ne peut pas grandir dans ces conditions, donc pour se protéger, on se dit qu'il va forcément disparaître et on n'y croit pas", explique-t-elle.
Alors, vers le sixième mois de grossesse, un médecin inquiet lui propose de rejoindre cette équipe dédiée, après son accouchement. A l'arrivée d'Ezio, elle est donc prise en charge pendant quinze jours par l'équipe de Care en Mater, qui rassemble notamment pédopsychiatres, psychologue, psychomotricienne et assistante sociale.
Care en Mater reçoit des patients qui tombent dans quatre grandes catégories, détaille la Dre Guérin: des personnes atteintes de troubles anxieux ou dépressifs, souffrant de maladies psychotiques chroniques (schizophrénie, bipolarité), présentant des troubles de la personnalité (qui ne sont "pas des maladies, mais des constructions dans l'enfance avec des grosses difficultés à réguler ses émotions"), ou des "carences psychosociales, avec notamment de la toxicomanie".
"Pour ces familles, il faut mettre de gros moyens dès le départ", explique-t-elle. "On change les règles de l'hôpital. On sert par exemple le petit-déjeuner quand la famille se réveille (et pas à heure fixe, ndlr), les pédiatres essaient de ne pas réveiller les bébés..."
- Le bébé "ne regarde pas sa mère" -
Un vendredi de juillet, Elisa (prénom modifié) arrive la première, avec son bébé, à l'atelier intitulé "Présentez vos enfants". Schizophrène, elle suit un lourd traitement neuroleptique.
Entre ensuite Josie, endormie dans son berceau à roulettes, poussée par ses parents Sébastien et Jennifer (prénoms modifiés). Sa mère, sujette à dépression et dont plusieurs enfants d'unions précédentes ont dû être placés, montre des difficultés d'attachement.
"Josie ne regarde pas du tout sa mère", note la sage-femme une fois les parents partis. "Des bébés de 15 jours qui évitent activement le regard de leurs parents, alors qu'ils nous regardent nous les soignants, c'est assez incroyable", souligne de son côté Ludivine Guérin.
"Un bébé qui ne va pas bien fait beaucoup moins de bruit qu'un adolescent qui casse tout", explique l'autre pédopsychiatre du service, Lola Villetorte. "Il va se mettre en retrait, dormir, se faire oublier, moins manger, ne va pas regarder" ses parents, des signes ténus qui traduisent un risque que l'enfant "se développe mal et ait plus de vulnérabilité à l'adolescence et à l'âge adulte", poursuit-elle.
Agir dès la détection de ces signaux est impératif, soulignent les pédopsychiatres. "Il y a une plasticité neuronale jusqu'à 18 mois, donc plus les soins intensifs de rééducation sont effectués tôt, y compris de psychomotricité, plus ça donne des chances à l'enfant de compenser certaines difficultés ensuite", note Ludivine Guérin.
Après l'atelier, la pédopsychiatre appelle une ancienne patiente pour prendre de ses nouvelles. La jeune mère atteinte d'un trouble borderline raconte au téléphone avoir eu une crise d'angoisse le matin même, au point de ne plus pouvoir s'occuper de son enfant. "C'était exactement ce que je craignais qu'il m'arrive", dit-elle, avant de demander: "Vous pensez que c'est grave, ces crises d'angoisse?"
"Vous avez un trouble borderline donc vos peurs, vous les ressentez puissance mille. Prendre du recul comme vous l'avez fait, c'est ce qu'il faut faire. Ça ne veut pas dire que vous n'êtes pas une bonne maman", rassure Ludivine Guérin.
"Vous pouvez revenir quelques jours", suggère doucement la psychiatre avant de raccrocher.
H.Romero--AT