Arizona Tribune - Malgré le rejet de Trump, l'Iran maintient ses conditions pour rouvrir Ormuz

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Malgré le rejet de Trump, l'Iran maintient ses conditions pour rouvrir Ormuz
Malgré le rejet de Trump, l'Iran maintient ses conditions pour rouvrir Ormuz / Photo: - - AFP/Archives

Malgré le rejet de Trump, l'Iran maintient ses conditions pour rouvrir Ormuz

L'Iran a fait savoir dimanche qu'il maintenait ses conditions pour rouvrir le détroit stratégique d'Ormuz, malgré le rejet par Donald Trump d'un plan en ce sens, dénoncé par Washington comme une manipulation diplomatique "cynique".

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"Nos conditions sont claires, et tout mouvement vers la réouverture du détroit d'Ormuz dépend de la satisfaction de ces conditions. Nous ne reviendrons pas dessus", a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, cité par la télévision d'Etat.

"Nous n'avons jamais fermé la porte à la diplomatie ou aux négociations, mais, dans le même temps, nous n'avons jamais renoncé à nos droits", a-t-il ajouté.

L'Iran avait annoncé vendredi avoir soumis une proposition aux Etats-Unis pour rouvrir le détroit d'Ormuz sous sept jours à compter de son acceptation.

Ce passage maritime, par où transitait avant-guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est au coeur du conflit que les Etats-Unis et Israël ont déclenché fin février avec des frappes sur l'Iran. Depuis, la République islamique en revendique le contrôle, et Washington impose en retour un blocus aux ports iraniens.

"Je rejette leur proposition", a répondu samedi le président américain devant la presse à sa sortie de la Maison Blanche, affirmant que les dirigeants iraniens voulaient cet accord car "ils sont en train de méchamment perdre".

- "Tentative cynique" -

Mike Waltz, ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations unies, a dénoncé dimanche sur NBC une "tentative assez cynique" des Iraniens "de mettre quelque chose sur la table dont ils savaient que c'était inacceptable".

Interviewé sur la même chaîne, M. Araghchi a dénoncé de "vieilles accusations infondées". "Nous sommes prêts à ouvrir le détroit si certaines choses sont faites par les Etats-Unis, et ces choses ne sont pas nouvelles, ne sortent pas de nulle part", a-t-il réagi.

Ces demandes figuraient déjà dans le protocole d'accord signé en juin qui visait à mettre durablement fin au conflit et mener à des pourparlers sur le volet sensible du programme nucléaire iranien. Mais il a volé en éclats autour des conditions de passage dans le détroit d'Ormuz.

Outre l'arrêt immédiat des hostilités sur tous les fronts, le texte prévoyait le déblocage et le versement d'avoirs iraniens gelés dans la foulée de la Révolution islamique en 1979 ainsi que la levée des sanctions américaines, qui étranglent l'économie du pays.

M. Waltz a reproché aux Iraniens de réitérer ces exigences "juste pour parler, alors que nous avions conclu un protocole d'accord (...) qui a été immédiatement violé par des attaques contre la navigation internationale".

Pour l'ambassadeur, la méfiance affichée par Donald Trump relève du "bon sens". Le président "garde toutes les options sur la table", a-t-il souligné.

Selon le Wall Street Journal, le dirigeant américain envisage de reprendre des frappes sur l'Iran après les législatives de mi-mandat le 3 novembre, alors qu'il doit affronter l'impopularité croissante de la guerre au Moyen-Orient, qui a fait flamber le prix des carburants.

- Saisie d'un drone -

L'Iran, notant les propos souvent contradictoires de Donald Trump, a dit attendre une réponse définitive pour décider de la suite. "Jusqu'à présent, rien ne nous a été transmis par le médiateur", a relevé Abbas Araghchi.

Le président iranien Massoud Pezeshkian avait précisé que la proposition avait été élaborée "en coordination" avec le guide suprême Mojtaba Khamenei, ultime arbitre des décisions de la République islamique, et qu'une équipe de six personnes ayant le "pouvoir de prendre des décisions" avait été mise en place.

Sur le terrain, une accalmie a été observée ces dernières semaines: les Etats-Unis n'ont pas frappé l'Iran depuis le 1er septembre, même si des navires sont régulièrement pris pour cible dans le détroit d'Ormuz.

Dimanche, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé avoir saisi un drone sous-marin américain "de pointe" opérant dans le détroit d'Ormuz "à des fins d'espionnage".

- "Manquements" -

La situation reste aussi très tendue au Yémen. Ce pays est devenu le nouveau front régional, depuis la reprise en juillet du conflit opposant les Houthis pro-iraniens au gouvernement yéménite et à son parrain saoudien, après des années de pause.

Le mouvement antigouvernemental a lancé en septembre une offensive meurtrière, consolidant son contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, autre passage stratégique pour les exportations pétrolières qui relie l'Europe à l'Asie via le canal de Suez.

"La stabilité de cette région vitale est directement liée à la sécurité énergétique mondiale", a rappelé samedi le chef de la diplomatie saoudienne, Fayçal ben Farhane, devant l'Assemblée générale de l'ONU à New York.

Il a accusé la communauté internationale d'avoir fait preuve de "manquements quand elle aurait dû assumer ses responsabilités" à cet égard.

burx-cab/anb

E.Flores--AT