Arizona Tribune - Stations-service, pharmacies, ports... Cuba ouvre de nombreux secteurs au privé

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Stations-service, pharmacies, ports... Cuba ouvre de nombreux secteurs au privé
Stations-service, pharmacies, ports... Cuba ouvre de nombreux secteurs au privé / Photo: YAMIL LAGE - AFP

Stations-service, pharmacies, ports... Cuba ouvre de nombreux secteurs au privé

Stations-service, pharmacies, installations portuaires, gestions de déchets, énergies renouvelables, tourisme... : Cuba, en proie à une sévère crise et mis sous pression par Washington, a annoncé mercredi l'ouverture de nombreux secteurs de son économie aux acteurs privés.

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Cuba réduit ainsi drastiquement le nombre d'activités interdites aux entreprises privées, quelques semaines après l'approbation par le Parlement d'un paquet de 176 mesures en faveur d'une ouverture à l'économie de marché.

La nouvelle réglementation "élargit de manière considérable le champ d'action des entrepreneurs et des entreprises privées sur l'île", ont indiqué les médias d’État, relayant ces mesures édictées par décret.

Distribution d'essence, services pharmaceutiques et optiques, maisons de retraites, terminaux de passagers et de fret, installations portuaires, importations de véhicules, énergies renouvelables, gestions de certaines infrastructures touristiques et sportives, exploitation pétrolière et minière sous conditions, productions d'énergies renouvelables, gestion des déchets : des pans entiers de l'économie sont désormais ouverts au secteur privé.

"Ça me paraît une bonne chose, parce qu'il n'y a presque jamais de médicaments à la pharmacie. Quand on va en chercher, il n'y en a pas. Du coup les gens les vendent dans la rue" au marché noir à des prix élevés, réagit auprès de l'AFP Maria Luisa Pérez, 77 ans.

"Tout le monde sait qu'actuellement nous survivons grâce aux petites entreprises privées", souligne Ana Diago, 66 ans, une retraitée qui a dû reprendre un emploi pour pouvoir survivre.

Dans le domaine de la santé, les soins médicaux restent cependant une "responsabilité de l’État" et "l'activité médicale (...) continue d’être garantie à la population cubaine avec des services hospitaliers gratuits", ont cependant fait savoir les autorités.

L'éducation reste aussi l'apanage du secteur public, avec une timide ouverture pour les gardes d'enfants, cours de langues et soutien scolaire.

La santé et l'éducation gratuites sont deux piliers de la révolution menée par Fidel Castro en 1959, même si la crise économique a considérablement détérioré, ces dernières années, les services de base destinés à la population.

Autres secteurs qui restent aux mains de l'État : le tabac et la production de cigares, un produit d'exportation majeur pour l'île, les médias, les télécommunications, les secteurs de la sécurité et les domaines stratégiques de la défense.

- Virage historique -

Le 18 juin, le Parlement avait approuvé 176 mesures prévoyant d'ouvrir quasiment tous les secteurs d'activités aux acteurs privés, notamment l'agriculture et les banques.

Ces annonces en faveur de l'économie de marché marquent un virage historique pour l'île communiste et son économie socialiste centralisée en proie depuis plusieurs années à une profonde crise et mise sous pression depuis des mois par Washington.

Elles interviennent alors que le président américain Donald Trump applique une politique de pression maximale sur l'île de 9,4 millions d'habitants, soumise depuis près de six mois à un blocus pétrolier.

Ce blocus a poussé l'économie cubaine, sous embargo depuis 1962, au bord de l'effondrement, provoquant des coupures de courant généralisées, ainsi que des pénuries encore plus aiguës de nourriture, de carburant, d'eau potable et de médicaments.

Lors de l'annonce des réformes, le gouvernement avait également assuré qu'il allait accélérer et décentraliser l'approbation de la création de petites et moyennes entreprises, autorisées depuis 2021.

Selon les autorités mercredi, elles sont désormais plus de 15.000, un chiffre qui montre une accélération dans le processus d'approbation ces dernières semaines.

Ces acteurs privés n'ont cessé de gagner du terrain dans le tissu économique. Ils ont représenté plus de la moitié du commerce de détails en 2025 et emploie désormais plus d'un tiers de la population active.

Mercredi, l'Assemblé nationale du pouvoir populaire doit également examiner plusieurs projets de loi concernant l'agriculture, le logement, la réorganisation de l'administration et la législation du travail.

En matière agricole, la propriété de l’État sur les terres doit être conservée, mais les conditions d'usufruit devraient être considérablement élargies pour les agriculteurs, les coopératives, les entreprises privées, qu'elles soient nationales ou étrangères.

Concernant le logement, les Cubains vont pouvoir posséder deux maisons en ville, contre une actuellement, et l'hypothèque va être autorisée.

E.Hall--AT