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Macron salue le "réveil stratégique" des Européens, prêts à se défendre "au prix du sang s'il le faut"
Un "réveil stratégique" au service de la "paix" et au "prix du sang s'il le faut": Emmanuel Macron a lancé lundi un puissant message de mobilisation des Européens, avant de réunir les 37 pays qui soutiennent militairement l'Ukraine, une "coalition des volontaires" dénoncée par Moscou comme "va-t-en-guerre".
"En quelques années, nous aurons bâti des capacités nouvelles en Europe et orchestré un réveil stratégique", s'est félicité le chef de l'Etat, qui quittera l'Elysée en 2027, lors de son traditionnel et dernier discours aux Armées à la veille de la fête nationale du 14-Juillet.
"L'Europe est en train de devenir une puissance", avec des Etats "assumant de se défendre et d'agir, unis", loin des "nationalismes qui l'ont longtemps consumée", a-t-il asséné alors que l'extrême droite pourrait accéder au pouvoir en France l'an prochain et ne cesse de progresser ailleurs en Europe.
"Le message ge que nous envoyons au monde est le suivant: Oui, la paix est notre but, oui, nous chérissons la liberté et le droit. Et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour les défendre toujours et au prix du sang s'il le faut", a martelé Emmanuel Macron, tout en réaffirmant une "ligne claire de non belligérance".
Avant même cette prise de parole, le Kremlin dénonçait la réunion de la coalition des volontaires qui se tiendra dans l'après-midi à Paris pour renforcer le soutien à l'Ukraine.
"Il s'agit d'une coalition d'illuminés et de va-t-en-guerre (...) qui se bercent d'une profonde illusion quant à la possibilité d'infliger une défaite stratégique à notre pays", a déclaré aux journalistes, dont l'AFP, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
- "Antibalistique" -
Cette coalition, initiée par la France et le Royaume-uni et constituée en grande partie d'Européens, s'est engagée à soutenir militairement l'Ukraine, y compris par l'envoi de soldats sur le terrain une fois un cessez-le-feu conclu, afin de dissuader la Russie de toute nouvelle offensive.
Une vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernement, dont l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre britannique démissionnaire Keir Starmer, sont attendus à partir de 16H30 (14H30 GMT) aux Invalides, prestigieuse institution militaire française, ainsi que les dirigeants de l'exécutif européen, Antonio Costa et Ursula von der Leyen, et le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte.
Au lendemain de ce sommet, le même message de détermination sera symboliquement martelé à l'occasion du défilé militaire annuel pour la fête nationale sur les Champs-Elysées. Quelque 500 soldats des Etats membres de cette coalition ouvriront cette parade du 14 juillet, qui demeure une spécificité dans une démocratie occidentale.
Le sommet a un triple objectif, a expliqué le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot au journal Ouest-France: l'appui à l'Ukraine, "notamment en matière de défense antiaérienne" face aux bombardements russes, l'augmentation de la "pression" sur Moscou avec de nouvelles sanctions européennes en vue et des "garanties de sécurité" à l'Ukraine, indispensables pour prévenir toute nouvelle agression.
Emmanuel Macron s'entretiendra au préalable avec son homologue ukrainien avant une réunion de la "coalition antibalistique" chargée d'augmenter les moyens antiériens à disposition de l'Ukraine, y compris par la production de systèmes sous licence dans ce pays.
"Ca fera l'objet de paquets français de soutien, notamment dans le domaine aérien, antimissiles", a indiqué la ministre déléguée aux Armées Alice Rufo sur la chaîne TF1.
- "Projets industriels" -
Emmanuel Macron a aussi appelé lundi à poursuivre les projets industriels européens en matière de défense et à ne pas céder à "l'absurdité" du "nationalisme" après l'échec du projet d'avion de combat franco-allemand SCAF qu'il a "profondément regretté".
La réunion de la coalition doit amplifier un "moment très fort de reconvergence et d'unité transatlantiques" mais aussi de "dynamiques plus favorables sur le terrain pour l'Ukraine", a également souligné l'Elysée.
Le président Donald Trump, longtemps plus à l'écoute de son homologue russe Vladimir Poutine que de Volodymyr Zelensky, s'est montré plus enclin à soutenir l'Ukraine au sommet du G7 à Evian en juin et à celui de l'Otan la semaine dernière à Ankara.
L'Ukraine a aussi changé la donne face à la Russie avec des frappes quasi-quotidiennes sur ses raffineries et ses dépôts de pétrole qui désorganisent ses approvisionnements et génèrent de sévères pénuries de carburant. Elle opère également de multiples frappes en Crimée.
L'armée russe piétine de son côté dans le Donbass (est de l'Ukraine), malgré un bilan colossal de 1.000 morts et blessés par jour selon des évaluations occidentales.
La Force multinationale pour l'Ukraine, appelée à être déployée sur place une fois que les armes se seront tues, va aussi commencer des exercices afin de "montrer à la Russie que l'ensemble de ses acteurs est prêt à s'engager", a précisé l'Elysée.
H.Thompson--AT