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La Russie intransigeante pour un G20 miné par les conflits
Macron arrive à Berlin, voit des "solutions concrètes" à la crise russo-ukrainienne
Après des consultations à Moscou et à Kiev, Emmanuel Macron termine mardi son marathon diplomatique à Berlin, assurant voir des "solutions concrètes" à la crise russo-occidentale liée à l'Ukraine grâce à l'engagement obtenu, selon lui, de Vladimir Poutine qu'il n'y aura pas d'"escalade" supplémentaire.
Le président français est arrivé en début de soirée dans la capitale allemande pour des entretiens avec Olaf Scholz, lui-même de retour de Washington, et le président polonais Andrzej Duda.
Face à des tensions d'un niveau rarement atteint depuis la fin de la Guerre froide à la suite du déploiement de dizaines de milliers de soldats russes à la frontière ukrainienne, Emmanuel Macron a longuement discuté avec Vladimir Poutine lundi, puis Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, mardi, à la recherche d'une issue diplomatique.
La présence de ces troupes fait craindre aux Occidentaux une invasion de l'Ukraine par la Russie, qui a déjà annexé la Crimée en 2014 et soutient les séparatistes en guerre avec les forces ukrainiennes depuis la même année, un conflit ayant fait plus de 13.000 morts et n'ayant jamais cessé malgré les accords de paix de Minsk.
"Il ne faut rien sous-estimer de la tension que nous sommes en train de vivre (...) on ne peut pas régler cette crise en quelques heures de discussions", a-t-il cependant averti.
En attendant une éventuelle solution diplomatique, il a assuré avoir obtenu des promesses de Vladimir Poutine au cours de leur rencontre lundi soir : il "m'a dit qu'il ne serait pas à l'origine de l'escalade".
- Berlin après Kiev -
Volodymyr Zelensky a de son côté annoncé s'attendre à un prochain sommet avec les présidents russe et français et le chancelier allemand sur le processus de paix dans l'est de l'Ukraine, précédé par une nouvelle réunion entre conseillers ce jeudi à Berlin.
Le chef de l'Etat français est le premier dirigeant occidental de premier plan à avoir rencontré Vladimir Poutine depuis l'aggravation des tensions en décembre.
Après leur rencontre, l'homme fort de la Russie a estimé que "certaines des idées" de M. Macron pourraient "jeter les bases d'avancées communes" et doit reparler avec lui après son déplacement en Ukraine.
Une inconnue subsiste quant aux réelles intentions de M. Poutine qui n'a dit mot lundi des troupes russes présentes aux frontières de l'Ukraine.
Il a en revanche une fois encore vilipendé le refus occidental de lui céder sur la fin de la politique d'élargissement de l'Otan et le retrait de ses moyens militaires d'Europe de l'Est. La Russie a présenté ces exigences comme étant les conditions d'une désescalade.
Mais, selon la présidence française, Vladimir Poutine a accepté de se pencher sur des propositions de M. Macron.
Il s'agit d'un engagement à ne pas prendre de nouvelles initiatives militaires des deux côtés, de l'amorce d'un dialogue notamment sur le dispositif militaire russe, des négociations de paix sur le conflit en Ukraine et du début d'un dialogue stratégique.
Lundi, Kiev avait insisté sur trois "lignes rouges" : aucun compromis sur l'intégrité territoriale de l'Ukraine, pas de négociations directes avec les séparatistes et pas d'ingérence dans sa politique étrangère.
- Soldats américains en Roumanie -
Sur le plan militaire, la Russie s'engagerait aussi à retirer ses unités militaires du Bélarus, une fois des manoeuvres terminées en février.
"Personne n'a jamais dit que les forces russes allaient rester sur le territoire bélarusse", a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. "Il s'agit de manoeuvres communes et, évidemment, cela suppose que les troupes retournent à leurs bases à la fin de ces exercices".
Plus au sud en revanche, six navires de guerre russes quittent la Méditerranée pour se rendre, dans le cadre d'exercices maritimes annoncés le mois dernier, en mer Noire, une zone de tensions car bordant à la fois l'Ukraine, la Russie, la péninsule annexée de Crimée et plusieurs pays de l'Otan.
L'Ukraine elle-même prévoit de vastes manoeuvres militaires sur son territoire du 10 au 20 février, recourant aux drones de combat achetés à la Turquie ainsi qu'à des missiles antichars livrés par Washington et Londres, parallèlement aux exercices russo-bélarusses.
Les Etats-Unis, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont par ailleurs envoyé des renforts militaires en Europe orientale. Un premier détachement d'une centaine de militaires américains est arrivé en Roumanie.
F.Ramirez--AT