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Moyen-Orient : l’Iran conditionne la réouverture d’Ormuz après une nouvelle journée de tensions
Le détroit d'Ormuz "complètement ouvert" vendredi, annonce Trump après l'accord avec l'Iran
Le président américain Donald Trump a affirmé lundi que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre l'Iran et les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
"Des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit", s'est-il réjoui sur son réseau Truth Social. "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots !"
Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf.
"Le président voulait le signer personnellement, car il voulait montrer son (...) abnégation à trouver une issue favorable", a déclaré lundi ce haut responsable à la presse, sous couvert d'anonymat.
Le texte de l'accord n'a pas été rendu public, laissant planer des doutes sur des points de divergence entre les deux parties après de laborieuses négociations pour mettre fin au conflit.
Il "apportera la paix dans la région", a promis Donald Trump, qui a dit à son arrivée lundi au sommet du G7 à Evian en France souhaiter le rendre public, "car c'est un document très puissant".
Il a laissé entendre qu'il pourrait l'être vendredi, après sa signature à Genève, qui marquera l'ouverture d'une période de 60 jours pour conclure un accord final.
"Nous avons un passif d'engagements non tenus, non appliqués, abandonnés, tout cela est présent dans notre esprit", dans le processus de négociation et de mise en place de l'accord, a déclaré, plus circonspect, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.
"En même temps, nous faisons tout ce qui est possible pour créer à travers ce processus des opportunités économiques pour notre pays", a-t-il ajouté.
- "Frais de navigation" -
Les premières informations sur le contenu de l'accord sont principalement venues de Téhéran et des médias iraniens. Selon la diplomatie iranienne, il prévoit "la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban".
Sur la question centrale du très stratégique détroit d'Ormuz, l'Iran devrait facturer "des frais pour les services de navigation", "la protection de l'environnement" ou encore "l'assurance des navires", plutôt qu'instaurer un péage dont les Etats-Unis ne voulaient pas, selon la même source.
La diplomatie iranienne a aussi assuré que "la partie américaine s'est engagée" à débloquer des fonds iraniens gelés à l'étranger et à verser des réparations pour les dégâts provoqués par la guerre - même si aucun avoir sous sanction américaine n'a été débloqué pour l'instant, selon un haut responsable américain.
Les Etats-Unis doivent également garantir qu'Israël mette fin à la guerre au Liban, a affirmé le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, disant que son pays ne faisait "confiance ni à Israël ni aux Etats-Unis".
Les affrontements entre Israël et le Hezbollah pro-iranien semblaient avoir cessé, mais une frappe israélienne a tué une personne dans le sud à la mi-journée. Puis le Hezbollah a annoncé avoir "repoussé", au moyen de roquettes et de drones, une force israélienne qui tentait d'avancer dans le sud du Liban.
L'armée israélienne y restera "aussi longtemps que nécessaire", comme en Syrie et à Gaza, a déclaré lundi soir Benjamin Netanyahu.
Alors que l'accord conclu entre Téhéran et Washington est largement perçu comme un échec pour Israël par la société et une grande partie de la classe politique, le Premier ministre israélien a affirmé que la guerre contre l'Iran avait sauvé son pays de la menace d'une "destruction nucléaire".
- "Rien gagné" -
Les habitants de la région semblaient eux mitigés sur cet accord qui vise à mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes et qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.
Au Liban, certains déplacés envisageaient timidement un retour vers le sud dans des zones non occupées par Israël. Hana al-Jamma assure que "même s'il ne reste que des ruines, nous y planterons une tente et nous y resterons", disant "merci à l'Iran".
Le président Joseph Aoun a espéré que l'accord mette "un terme définitif" aux hostilités. Une source officielle libanaise a indiqué à l'AFP que son pays n'avait pas été informé des termes de l'accord, ni du moment de l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu dans la guerre opposant le Hezbollah pro-iranien à Israël depuis le 2 mars.
Les négociations de 60 jours porteront, selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, sur quatre sujets : la levée des sanctions contre l'Iran, la question du nucléaire, la "reconstruction" et "le développement économique" du pays, ainsi que "la mise en place d'un mécanisme de suivi" des engagements pris.
L'Iran cherchera "à ce que l'accord final soit soutenu par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies", a précisé la diplomatie iranienne.
Dans des déclarations au New York Times, M. Trump a indiqué qu'un volet des négociations portera sur l'acceptation par l'Iran d'un moratoire de 20 ans sur l'enrichissement d'uranium, laissant entendre qu'un accord pourrait être trouvé pour une durée de 15 ans.
burx-apz/mdh
H.Gonzales--AT