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Moyen-Orient : l’Iran conditionne la réouverture d’Ormuz après une nouvelle journée de tensions
Accord entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
Après des semaines de négociations laborieuses, les Etats-Unis et l'Iran sont parvenus lundi à un accord pour mettre fin immédiatement à la guerre au Moyen-Orient sur tous les fronts, y compris le Liban, avec une cérémonie de signature prévue vendredi à Genève.
Cet accord a d'abord été annoncé par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur clé du conflit.
"L'accord avec la République islamique d'Iran est désormais finalisé", a ensuite écrit le président américain Donald Trump sur son réseau Truth Social.
"J'autorise pleinement la réouverture du détroit d'Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain" et "que le pétrole coule à flots!", s'est-il félicité, ajoutant que cette ouverture interviendra "dès la signature de l'accord vendredi afin de permettre le déminage".
L'annonce a déclenché une chute de 4,50% des cours du pétrole, qui avaient flambé depuis le déclenchement de la guerre le 28 février et le blocage de ce détroit stratégique, par lequel transitait en temps normal un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures. Les Bourses de Tokyo et Séoul ont elles terminé sur un bond d'environ 5%.
Le document sur lequel se sont entendus Washington et Téhéran n'a toutefois pas été rendu public dans l'immédiat.
Et Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite israélienne et ministre chargé de la Sécurité nationale, a affirmé que "l'accord de Trump ne nous engage pas", appelant à intensifier les opérations militaires au Liban.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont les relations se sont tendues avec Donald Trump, n'avait lui pas encore réagi.
A Téhéran, Erfan, vendeur de 18 ans, espère "que l'accord principal sera signé, les sanctions levées" afin que "l'économie redémarre et la région retrouve la paix et la tranquillité".
"Notre gouvernement a peut-être conclu un accord avec eux, mais le peuple est profondément insatisfait car ils tuent des Iraniens, notamment des enfants innocents", estime de son côté Hossein Hagh Parast, employé de banque de 31 ans, interrogé par l'AFPTV.
- Fin d'une "guerre coûteuse" -
Selon l'Iran, le document prévoit "la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban", a déclaré à la télévision d'Etat le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi.
"Les négociations débuteront dans un délai de 60 jours en vue de parvenir à un accord définitif", a-t-il précisé, énumérant quatre sujets à discuter: la levée des sanctions contre l'Iran, la question du nucléaire, la "reconstruction" et "le développement économique" du pays, ainsi que "la mise en place d'un mécanisme de suivi" des engagements pris.
L'agence de presse iranienne Mehr a en outre fait état d'un texte, qui n'a pas été confirmé officiellement, selon lequel l'accord prévoit "le déblocage de 24 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés au cours de la période de négociation de 60 jours", dont la moitié avant le début des pourparlers.
Dans des déclarations au New York Times, M. Trump a indiqué qu'un volet des négociations porte sur l'acceptation par l'Iran d'un moratoire de 20 ans sur l'enrichissement d'uranium, laissant entendre qu'un accord pourrait être trouvé pour une durée de 15 ans.
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a salué une "étape cruciale vers un règlement pacifique du conflit". Le président du Conseil européen Antonio Costa s'est lui félicité de la fin d'une "guerre coûteuse".
Le vice-président américain JD Vance a fait savoir qu'il assistera à la signature le 19 juin à Genève, la participation de Donald Trump étant "possible".
Dimanche, un raid israélien qui a fait trois morts dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, avait failli tout faire capoter.
- "Furieux" -
Cette attaque israélienne "n'aurait pas dû avoir lieu, surtout en ce jour particulier", en référence à ses 80 ans, avait tonné Donald Trump sur Truth Social.
"J'étais furieux", a-t-il ensuite confié au média Axios, affirmant avoir réprimandé Benjamin Netanyahu qui n'a, selon lui, "aucun putain de jugement". "C'est un type très difficile", a-t-il ajouté par la suite au New York Times.
Sous pression dans son pays pour sortir d'un conflit impopulaire qui a aussi ébranlé l'économie mondiale, le milliardaire américain doit rencontrer cette semaine les dirigeants des autres grandes puissances lors du sommet du G7 à Evian, en France.
Dans un communiqué, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et l'Italie se sont d'ailleurs déclarés "disposés à lever les sanctions pertinentes en réponse à des mesures claires et vérifiables de la part de l'Iran concernant son programme nucléaire".
Un "cessez-le-feu robuste et durable est indispensable" au Liban, a martelé de son côté Emmanuel Macron.
Des Libanais déplacés commençaient eux déjà à envisager de rentrer chez eux: "même s'il ne reste que des ruines, nous y planterons une tente et nous y resterons", réagit Hana al-Jamma qui dit "merci à l'Iran".
Déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes, la guerre a embrasé le Moyen-Orient et fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.
burx-roc-san/hme
K.Hill--AT