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Présidentielle: à gauche, recherche union désespérement
A deux mois de la présidentielle, les équipes de campagne de Christiane Taubira et Yannick Jadot ont discuté en secret d'un hypothétique rapprochement, au moment où la gauche, divisée et malmenée dans les sondages d'intentions de vote, se désespère de trouver les moyens de s'unir.
Une réunion confirmée à l'AFP s'est tenue dimanche à Romainville, en Seine-Saint-Denis, rassemblant plusieurs membres de l'état-major des deux campagnes dont le patron d'EELV Julien Bayou pour mener, selon Le Monde et Politico, des négociations en vue d'une fusion entre les deux candidatures.
Le Monde évoque des discussions autour de la possibilité d'un retrait de Mme Taubira derrière l'écologiste Yannick Jadot qui, en cas de victoire, lui confierait la présidence d'une assemblée constituante.
"Il y a eu une discussion pour savoir si l'union de la gauche était possible, et comment. A ce stade, on n'a pas trouvé", a-t-il dit en précisant : "On n'a rien négocié, et il n'y a pas de date pour se revoir".
Dans le camp d'EELV, on se refusait à s'exprimer sur cette réunion, qui n'était pas destinée à être rendue publique, se contentant d'assurer que les écologistes "discutent avec tout le monde".
Interrogé mardi matin à son arrivée à l'Institut océanographique pour savoir si Mme Taubira le rejoindrait, Yannick Jadot a pouffé et refusé de répondre.
Quant à Mme Taubira, elle a assuré lors d'une conférence de presse que "oui, effectivement, il y a des rencontres". "Je ne l'ai jamais caché (...) Je parle à tout le monde", a-t-elle ajouté en soulignant que "le rassemblement est désiré car les uns et les autres ont compris que c'est la condition pour accéder au second tour et l'emporter".
- "Manipulation" -
La divulgation de cette rencontre relève de "la manipulation", a assuré une personne informée des discussions interrogée par l'AFP mardi matin.
Il s'agit de "montrer à la Primaire populaire que l'équipe de Taubira travaille à faire l'union", mais le résultat, c'est que "ça plombe l'hypothèse que ça se fasse", a ajouté cette source.
Malgré sa victoire à la Primaire populaire en janvier, une initiative citoyenne qui était censée rassembler le camp de la gauche mais qui a fait long feu, Mme Taubira n'a pas décollé dans les sondages, qui la donnent autour de 5% des intentions de vote.
Par ailleurs, elle est à la peine pour rassembler les 500 parrainages d'élus nécessaires à tout candidat pour se présenter au premier tour le 10 avril (seulement 8 à son compteur). Le Conseil Constitutionnel devait actualiser sa liste de parrainages en fin d'après-midi.
Mme Taubira, venue sur le tard dans la course à la présidentielle, est accusée par ses adversaires dont la socialiste Anne Hidalgo, d'être "une candidature de plus" dans un parterre à gauche déjà bien rempli. Elle s'en défend, arguant être la seule en mesure de rassembler, et semble avoir intérêt de mettre en scène ses efforts.
De son côté, Yannick Jadot qui fait campagne pour une "République écologique" est lui aussi à la traîne dans les sondages d'intentions de vote, tout comme l'ensemble des candidats de gauche qui totaliseraient environ un quart des voix, loin derrière Emmanuel Macron et les candidats de droite et de l'extrême droite.
- Roussel tend les bras -
Aucun ne dépasse la barre des 10% ce qui n'est pas le moindre des paradoxes dans une campagne où le pouvoir d'achat est la préoccupation numéro un des Français.
M. Jadot poursuivait mardi sa "tournée des possibles" en réunissant ses troupes pour un meeting dans l'après-midi à Rennes.
Dimanche, il avait estimé qu'il y avait "une perspective extraordinaire et réelle de victoire d'une écologie sociale et républicaine" à la présidentielle en raison du "seuil d'accès au second tour" qui "va être très faible".
Pour sa part, le communiste Fabien Roussel a assuré mardi sur Sud-Radio n'avoir "jamais fermé la porte" à l'union de la gauche et semblé même tendre les bras à Anne Hidalgo.
Dans la soirée, Mme Hidalgo et la candidate des Républicains Valérie Pécresse devaient participer au dîner du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF).
Le président Emmanuel Macron, qui poursuivait mardi à Kiev ses tentatives de médiation dans la crise ukrainienne, devait initialement y participer mais se rendra finalement plutôt à Berlin, pour s'entretenir avec le chancelier allemand Olaf Scholz.
W.Morales--AT