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"Vamos Iran! Vamos Iran!": dans la ville-frontière mexicaine de Tijuana, des supporters locaux sont venus soutenir la sélection iranienne de football mercredi pour redonner du baume au cœur à cette équipe dont la Coupe du Monde est chahutée par la guerre avec les Etats-Unis.
A la sortie de l'hôtel de la "Team Melli", ils étaient une trentaine à acclamer les joueurs perses et réclamer des autographes, comme s'il s'agissait de leur propre équipe nationale.
"J'ai de la peine pour eux", confie à l'AFP José Leyva, 28 ans. Ce pizzaïolo a patienté plusieurs heures devant le grillage pour faire signer son album Panini par Mehdi Taremi, l'attaquant star de l'équipe d'Iran. Pour lui, "on ne mélange pas la politique et le sport".
Gael Gonzalez Hernandez, 14 ans, maillot mexicain sur le dos, est là lui-aussi avec son album Panini à signer : "C'est injuste", lâche l'adolescent.
Tous deux se désolent que la guerre contre l'Iran, lancée fin février par les Etats-Unis et Israël, ait autant d'impact sur cette Coupe du Monde. Le conflit, marqué par une reprise des frappes au Moyen-Orient ces derniers jours malgré le cessez-le-feu, oblige la Team Melli à des contorsions inédites.
Téhéran a entretenu jusqu'au bout le doute sur sa participation. Finalement, la sélection iranienne a établi son camp de base à Tijuana, ville mexicaine frontalière de la Californie, au lieu de Tucson en Arizona.
Les Etats-Unis, où l'équipe iranienne doit disputer ses trois premiers matches, ont aussi refusé des visas à une quinzaine de membres de l'encadrement.
Et la fédération iranienne accuse maintenant les Etats-Unis de lui avoir retiré son quota de billets pour le tournoi, en violation du règlement de la Fifa, qui prévoit l'attribution de 8% des tickets pour chaque match aux fédérations des pays à l'affiche.
"C'est mal ce qu'ils ont fait à ces frères iraniens", souffle M. Leyva, sous sa casquette.
Au-delà du cas iranien, le jeune mexicain se scandalise de la manière dont cette Coupe du Monde, organisée conjointement par les Etats-Unis, le Mexique et le Canada, est ternie par la politique migratoire inflexible de Donald Trump.
- "Honte des Etats-Unis" -
Ces derniers jours, un arbitre somalien approuvé par la Fifa a été refoulé la police américaine des frontières à Miami, et un joueur irakien a été retenu près de sept heures à l'aéroport de Chicago.
"Ils traitent tout le monde comme des terroristes", dénonce M. Leyva.
"Nous savons tous que la Coupe du monde aurait dû se dérouler uniquement au Mexique. Nous sommes les meilleurs hôtes", lance-t-il, en référence à la passion des Mexicains pour le foot.
"J'ai honte de ce que font les États-Unis", abonde Lisa Arambula, après avoir accueilli l'équipe d'Iran sous les vivas. Cette quadragénaire, qui reprend ses études de droit, a tenu à venir les encourager "pour qu'ils sentent (...) toute notre affection, tout notre amour".
Au Mexique, "nous accueillons les gens d'autres pays à bras ouverts", dit-elle, se félicitant de la manière dont Tijuana s'est mobilisée à la dernière minute pour recevoir la Team Melli.
Le club local des Xollos a organisé mercredi un match amical au pied levé entre son équipe des moins de 21 ans et la sélection iranienne, pour lui permettre de finaliser sa préparation bouleversée par la géopolitique.
Initialement, l'Iran devait jouer son dernier match d'entraînement contre Porto Rico aux Etats-Unis, mais la rencontre est tombée à l'eau lorsque son séjour en Arizona a été annulé.
Les joueurs perses avaient trouvé un autre opposant acceptant de venir jouer au Mexique, la Grenade. Mais l'équipe caribéenne s'est retirée à la dernière minute, en invoquant une "préparation insuffisante" pour les affronter.
Au final, les Iraniens ont facilement remporté leur match, joué à huis clos contre l'équipe de réserve des Xollos, 3-0.
"Ca ne peut pas remplacer pas l'entraînement qu'ils avaient prévu" contre les autres équipes nationales, regrette Mme Arambula. "Soyons sincères, il s'agit de jeunes qui font tout juste leur premiers pas."
E.Hall--AT