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Présidentielle au Pérou: Roberto Sanchez, le candidat des campagnes andines
Durant toute sa campagne, Roberto Sanchez a arboré le traditionnel chapeau de paille des paysans andins. Le candidat de gauche à la présidentielle péruvienne espère l'emporter dimanche, porté par le vote des régions pauvres et rurales du pays.
Ce psychologue de profession, âgé de 57 ans, affirme représenter les Péruviens exclus par les élites lors d'un second tour très polarisé face à la candidate de droite Keiko Fujimori.
"Je viens d'en bas", a-t-il déclaré dimanche lors d'un débat présidentiel. "Je ne trahirai pas notre peuple, surtout les plus pauvres", a-t-il promis.
Ancien ministre du Commerce et du Tourisme sous le bref gouvernement de Pedro Castillo, destitué en décembre 2022 moins d'un an et demi après son arrivée au pouvoir, Roberto Sanchez a promis, s'il accède à la présidence, de gracier son mentor.
Il lui rend régulièrement visite en prison et l'a même imité en arrivant à cheval lors de la clôture de sa campagne du premier tour, où il a créé la surprise en passant de la cinquième place dans les sondages au peloton de tête, parmi 35 candidats en lice.
Le candidat a arboré tout au long de sa campagne un chapeau en paille de palmier offert par Pedro Castillo, devenu le symbole de la filiation politique qu'il revendique.
Issu d'Huaral, une ville agricole côtière située à 75 km au nord de Lima, Roberto Sanchez vient d'une famille qui a immigré vers la capitale depuis les Andes du sud.
Fondateur du parti "Juntos por el Perú", il a commencé à envisager une candidature présidentielle après s'être rapproché à nouveau de Pedro Castillo.
Les deux hommes s'étaient éloignés après que Roberto Sanchez n'eut pas voté contre une initiative parlementaire destinée à empêcher la destitution de M. Castillo. Ce dernier a finalement accepté de renouer avec son ancien ministre.
- "Espoir de revanche" -
"Il a compris que le chapeau n'était pas qu'un simple accessoire, mais une clé. Avec Castillo, il est devenu l'incarnation d'un espoir de revanche", souligne le politologue Fernando Tuesta, évoquant un "vote identitaire" de la population andine.
Sa base électorale la plus solide se trouve parmi les populations rurales et modestes du sud andin, tout comme celle de Pedro Castillo en 2021.
"Il incarne le vote +castilliste+, celui de la gauche radicale, provinciale et rurale, qui déplore le départ prématuré de Castillo", affirme le politologue Carlos Meléndez.
Cependant, sa popularité est moindre que celle de son mentor: lors de sa candidature au Parlement pour Lima, il n'avait obtenu qu'environ 14.000 voix.
Dans un pays marqué par de profondes divisions sociales et territoriales, Roberto Sanchez incarne un vote "davantage axé sur la contestation" et "centré sur les revendications d'inclusion", souligne le politologue Jorge Aragón.
Ce candidat de la gauche radicale prône une rupture avec le modèle économique libéral instauré par la Constitution de 1993 sous la présidence d'Alberto Fujimori, père de sa rivale.
Parmi ses principales promesses figurent la convocation d'une Assemblée constituante et l'instauration d'un État plurinational pour gouverner avec les peuples autochtones, sur le modèle de l'ancien président bolivien Evo Morales.
"Il existe un immense désir de changement" parmi les populations marginalisées, a déclaré Roberto Sanchez lors d'un entretien à l'AFP après le premier tour.
Se revendiquant du social-christianisme, il se décrit comme un "pro-vie et pro-famille". Il propose également une réforme judiciaire dans laquelle les juges et les procureurs seraient élus au suffrage universel.
Dans une interview accordée à la radio Exitosa, il s'est distancé du communisme. "Je respecte les communistes, mais je n'en suis pas un", a-t-il assuré.
Après sa qualification pour le second tour, le parquet a réactivé une enquête le visant pour avoir prétendument fourni de fausses informations sur le financement de sa campagne parlementaire entre 2018 et 2020.
P.Smith--AT