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Le ministre japonais de la Défense renvoie à Pékin ses accusations en "militarisme"
Le ministre japonais de la Défense Shinjiro Koizumi a renvoyé dimanche à la Chine ses accusations en "militarisme" et défendu la politique de défense plus musclée menée actuellement par le gouvernement nippon.
Sous la Première ministre Sanae Takaichi, arrivée au pouvoir en octobre, le Japon a accéléré son virage vers une doctrine militaire plus proactive, s'éloignant de sa position pacifiste héritée de la Seconde Guerre mondiale.
Pékin reproche notamment à Tokyo le déploiement d'armes offensives et l'augmentation de ses capacités militaires. Les accusations de "nouveau militarisme", qui font le parallèle avec le militarisme nippon des années 1930-1940, sont devenues un leitmotiv de la diplomatie chinoise ces derniers mois.
"Mais rien n'est plus éloigné de la vérité", a assuré dimanche Shinjiro Koizumi dans un discours à Singapour lors du Dialogue de Shangri-La, le principal forum annuel consacré aux questions de défense en Asie-Pacifique.
"Il y a un pays qui possède un énorme arsenal d'armes nucléaires et de bombardiers stratégiques. Le Japon n'a ni l'un ni l'autre. Et pourtant, c'est au Japon que l'on colle l'étiquette de +nouveau militarisme+. N'est-ce pas étrange?", s'est-il interrogé.
Selon les estimations datant de 2025 de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), la Chine comptait 600 armes nucléaires, soit 100 de plus qu'en 2024.
Les Etats-Unis, qui en possèdent 3.700 selon le Sipri, accusent l'armée chinoise de vouloir renforcer significativement son arsenal.
- "Fausses allégations" -
Les relations sino-japonaises, déjà compliquées par les atrocités japonaises commises durant l'occupation de la Chine dans les années 1930-1940, ont encore été tendues par des commentaires en novembre de Sanae Takaichi.
Elle avait suggéré que le Japon pourrait intervenir militairement si Pékin tentait de prendre le contrôle de Taïwan, que la Chine considère comme faisant partie de son territoire.
Shinjiro Koizumi a déclaré dimanche que les activités militaires chinoises étaient "une source de grave préoccupation pour le Japon".
Il a ajouté que Tokyo allait "développer de manière continue ses capacités de défense".
"Le passé du Japon en tant que nation éprise de paix a toujours été apprécié par la région et par la communauté internationale. Ce fait ne sera pas ébranlé par de fausses allégations, parce que c'est un fait", a assuré Shinjiro Koizumi.
Ce dernier a rencontré dimanche son homologue philippin Gilberto Teodoro. Les deux pays, qui partagent le fait d'être alliés des Etats-Unis et d'entretenir des différends territoriaux avec la Chine, ont renforcé leur coopération militaire.
Le Japon va transférer durant son année fiscale 2027 des destroyers de classe Abukuma et des avions TC-90 au pays d'Asie du Sud-Est, a annoncé dimanche le ministère philippin de la Défense dans un communiqué.
Ces navires, que le Japon retire progressivement du service, intéressent les Philippines depuis un certain temps.
- Patrouille chinoise -
Au nom de raisons historiques, la Chine revendique la quasi-totalité des îlots de la mer de Chine méridionale face à d'autres riverains (Philippines et Vietnam notamment). Une cour d'arbitrage avait jugé en 2016 que ses revendications ne reposaient sur aucune base juridique.
Des incidents surviennent régulièrement entre navires chinois et philippins autour d'îles disputées.
Gilberto Teodoro a dénoncé dimanche les activités chinoises en mer de Chine méridionale, assurant que son pays "ne sacrifiera ni son intégrité territoriale ni sa souveraineté".
"Agir autrement reviendrait à renverser le mandat populaire, démocratique et libre que le peuple a confié à nos dirigeants politiques, contrairement à certains systèmes autocratiques où le mandat vient d'en haut et s'impose par la force", a-t-il souligné dans une critique voilée de Pékin.
Alors qu'il s'exprimait, l'armée chinoise a publié un communiqué affirmant que ses "forces navales et aériennes" avaient mené dimanche des "patrouilles" près du récif de Scarborough - contrôlé par la Chine mais revendiqué par les Philippines.
Elles visent à "contrer avec fermeté et efficacité toutes sortes d'actes provocateurs et de violations des droits", a-t-elle indiqué.
Des confrontations entre Pékin et Manille ont régulièrement lieu près du récif de Scarborough.
Pour la deuxième année consécutive, la Chine n'a pas dépêché son ministre de la Défense au Dialogue de Shangri-La. L'événement réunit jusqu'à dimanche des responsables politiques, militaires et chercheurs de dizaines de pays.
O.Brown--AT