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L'Iran ne croit pas que Washington veuille relancer la guerre
L'Iran a jugé peu probable mercredi le risque d'une reprise des hostilités avec les Etats-Unis qu'agite régulièrement Donald Trump.
L'Iran "veut vraiment conclure un accord. Ils n'y sont pas encore. Nous ne sommes pas satisfaits mais nous finirons par l'être (...) Ou alors nous devrons simplement finir le travail", a dit le président américain, lors d'un conseil des ministres à la Maison Blanche.
Les propos de Donald Trump ont créé une certaine confusion quand il a menacé de "pulvériser" un allié, le sultanat d'Oman.
Interrogé sur un éventuel contrôle futur du stratégique détroit d'Ormuz par Oman et l'Iran, il a affirmé qu'"Oman se comportera comme les autres, ou alors il faudra les pulvériser. Ils le savent".
La Maison Blanche n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de clarification de l'AFP pour savoir si le président américain avait confondu les deux pays.
Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations sont laborieuses, et le détroit d'Ormuz reste verrouillé par l'Iran, ce qui a renchéri l'or noir et fait vaciller l'économie mondiale.
Le prix du West Texas Intermediate (WTI), référence américaine du pétrole brut, a légèrement augmenté jeudi avant l'ouverture des Bourses en Asie, tout en restant fermement sous le seuil symbolique de cent dollars le baril.
- "Des frappes ce soir?" -
En Iran, l'accès à internet a été en partie rétabli après une coupure de près de trois mois. Les connexions restent erratiques, les données mobiles étant encore largement coupées, de nombreux sites filtrés et des services de messagerie difficilement accessibles.
"Ce n'est pas du bonheur ou de la joie (que je ressens, NDLR), j'ai juste l'impression qu'on est passé du pire au mauvais", a réagi auprès de l'AFP Bahareh, 32 ans, nutritionniste à Téhéran.
"On se demande tous les jours: +Y aura-t-il des frappes de missiles ce soir?+", décrit Amir, un développeur de logiciel de 27 ans, également depuis la capitale iranienne.
Les Gardiens de la Révolution ont jugé la probabilité d'une reprise de la guerre "faible en raison de la faiblesse de l'ennemi". Mais "les forces armées se tiennent en alerte", a prévenu Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales cité par l'agence de presse Tasnim.
La veille, Téhéran avait accusé Washington d'avoir violé le cessez-le-feu dans le sud du pays, après l'annonce américaine de frappes nocturnes sur des sites de lancement de missiles.
L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'information, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas.
- Accès aux avoirs -
L'Iran a affirmé être en train de finaliser un accord-cadre en 14 points avec les États-Unis, donnant la priorité à la fin de la guerre "sur tous les fronts", y compris au Liban, où les violences continuent malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril.
"Le projet d'accord-cadre (...) est une totale invention", a réagi la Maison Blanche.
Selon la télévision iranienne, le protocole en discussion prévoit notamment un engagement des Etats-Unis à lever leur blocus des ports iraniens en contrepartie du rétablissement du trafic commercial dans le détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.
Téhéran cherche aussi à obtenir le déblocage de 24 milliards d'avoirs gelés à l'étranger, "avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord", selon l'agence iranienne Isna.
C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps.
Les Etats-Unis réclament la destruction de son stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain. Téhéran dément de son côté vouloir se doter de la bombe atomique.
Sur le front libanais, l'armée israélienne a averti dans la soirée qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire situé au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre les deux pays, appelant à son évacuation avant de nouvelles frappes contre le Hezbollah pro-iranien.
Près de Tyr (sud), un photographe de l'AFP a vu mercredi des secouristes extraire un corps des décombres.
Les frappes israéliennes ont tué 3.269 personnes au Liban depuis le 2 mars, selon le dernier décompte du ministère de la Santé.
B.Torres--AT