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Espagne: Pedro Sánchez persiste et signe dans son soutien à Zapatero, inculpé pour trafic d'influence
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a affiché de nouveau mercredi son soutien à son prédécesseur José Luis Rodríguez Zapatero, inculpé pour trafic d'influence, après la publication en début de semaine de nouveaux détails sur l'enquête en cours.
Cette affaire qui touche une figure historique et très respectée du Parti socialiste espagnol (PSOE), qui a dirigé l'Espagne entre 2004 et 2011, a accru la pression sur l'exécutif ces derniers jours, s'ajoutant aux autres dossiers judiciaires qui concernent l'entourage de Pedro Sánchez et son parti.
"Je pense qu'il n'y a pas de raison suffisante, il n'y a pas de raison de changer cette position" de soutien, déjà affichée la semaine dernière devant les députés, a assuré le chef du gouvernement après un entretien au Vatican avec le pape Léon XIV, lors de sa première conférence de presse depuis l'inculpation de M. Zapatero.
Pressé de s'exprimer sur l'affaire qui fait la une de la presse espagnole, le Premier ministre actuel a assuré de la "totale coopération" de sa formation politique avec la justice, appelant également "au respect de la présomption d'innocence".
Après l'annonce le 19 mai de la mise en cause de José Luis Rodríguez Zapatero pour trafic d'influence dans le sauvetage d'une petite compagnie aérienne pendant la pandémie de Covid-19, des accusations qu'il nie, des éléments de l'enquête ont été publiés en début de semaine.
Parmi les points frappants dont a eu connaissance l'AFP figure notamment la découverte lors d'une perquisition, dans un coffre-fort appartenant à l'ancien Premier ministre socialiste, de nombreux bijoux et montres de luxe d'une valeur inconnue, que son entourage a attribués à des héritages familiaux.
- Pas d'élections anticipées -
Dans un contexte politique très tendu en Espagne, Pedro Sánchez a de nouveau balayé l'idée de convoquer des élections législatives anticipées, faisant valoir "la stabilité" à "un moment où les citoyens ont besoin de certitudes" et vantant "les avancées sociales et économiques" obtenues par son gouvernement.
Interrogé également par les journalistes sur l'entrée mercredi matin d'agents de la Garde civile au siège du PSOE, qu'il dirige depuis 2017, dans le cadre d'une autre enquête portant sur une ex-militante, Pedro Sánchez a affirmé que sa formation politique "respectait la justice" et "collaborait" pleinement avec elle.
"Bien entendu, s'il y a des comportements irréguliers — nouveaux, je veux dire —, eh bien nous agirons avec la même fermeté que celle dont nous avons fait preuve auparavant", a-t-il souligné, faisant référence à la décision de son parti de couper les ponts avec Leire Diez, cette ancienne militante au cœur d'une enquête depuis plusieurs mois.
Mme Diez est accusée par l'Audience nationale, qui mène l'instruction, de faire partie d'"un réseau destiné à déstabiliser les procédures judiciaires qui concernaient le PSOE ou le gouvernement", selon un communiqué mercredi de la plus haute instance judiciaire espagnole.
"Le PSOE maintiendra toujours une position de coopération maximale avec la justice et de respect absolu des opérations judiciaires", a indiqué pour sa part le parti de Pedro Sánchez.
Outre ces enquêtes embarrassantes pour le Premier ministre, d'autres proches sont au coeur de dossiers judiciaires: le procès de son frère David pour trafic d'influence débutera jeudi, son épouse Begoña Gómez est visée dans une enquête pour corruption et pourrait prochainement être jugée elle aussi, tandis que son ancien bras droit et ex-ministre des Transports, José Luis Abalos, attend son jugement dans un autre procès pour corruption.
Dans ces conditions, le patron du principal parti d'opposition (Parti populaire, droite), Alberto Núñez Feijóo, a raillé mercredi "l'agonie" du PSOE au pouvoir.
Présent au Vatican mercredi matin pour un entretien avec le pape Leon XIV, avant sa prochaine visite en Espagne (6-12 juin), Pedro Sánchez a salué "un échange précieux" avec le souverain pontife, se félicitant de leur "harmonie" sur plusieurs sujets, dont la défense de la paix et du droit international, ainsi que l'accueil des migrants.
P.A.Mendoza--AT