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Rubio en Inde pour relancer des relations mises à l’épreuve par Trump
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est arrivé samedi en Inde, où il cherchera à resserrer les liens avec un partenaire de longue date des Etats-Unis, une semaine après la visite de Donald Trump en Chine.
M. Rubio a entamé son déplacement de quatre jours et quatre villes dans la métropole orientale de Calcutta, où ce catholique pratiquant doit visiter le siège des Missionnaires de la Charité de Mère Teresa.
Il s'envolera ensuite pour New Delhi pour y rencontrer samedi le Premier ministre Narendra Modi, selon le département d'Etat.
Avant de repartir mardi, M. Rubio participera également à une réunion des ministres des Affaires étrangères du Quad, qui regroupe l'Australie, l'Inde, le Japon et les Etats-Unis et vise entre autres à faire contrepoids à la présence de la Chine dans l'océan Indien.
Pékin se montre depuis longtemps circonspecte à l'égard du Quad, qu'elle voit comme une tentative de l'encercler, et a par le passé tancé l'Inde en raison de sa participation à ce groupe.
Mais le retour au pouvoir du président Donald Trump aux Etats-Unis a ébranlé les schémas traditionnels des priorités américaines.
M. Trump a effectué la semaine dernière une visite d'Etat en Chine, où il a salué l'accueil qui lui a été réservé par le président Xi Jinping, malgré le peu d'annonces concrètes qui en ont résulté.
M. Rubio, qui avait défendu au Sénat des liens étroits avec l'Inde, a confié aux journalistes à bord de son avion qu'il ne s'était jamais rendu dans le pays jusque-là.
Il est accompagné par son épouse Jeanette, avec laquelle il se rendra ensuite au Taj Mahal, le monument mondialement célèbre de l'amour à Agra.
- L'énergie en ligne de mire -
Au début de son déplacement, qui l'a également conduit en Suède, M. Rubio a qualifié l'Inde de "grand allié, grand partenaire" et indiqué que les Etats-Unis chercheraient des moyens de lui vendre davantage de pétrole.
L'économie indienne, en pleine croissance, dépend des importations d'énergie et, comme de nombreux pays, a été ébranlée fin février par l'attaque américano-israélienne contre l'Iran, qui a répliqué en bloquant le trafic dans le stratégique détroit d'Ormuz, faisant flamber les prix mondiaux du pétrole.
L'Inde entretient historiquement des liens avec l'Iran mais développe aussi sa relation avec Israël, où M. Modi s'est rendu quelques jours seulement avant le début de la guerre.
Mais le conflit a aussi vu le retour sur le devant de la scène du Pakistan, ennemi juré de l'Inde. Islamabad, dont le puissant chef de l'armée s'est rendu vendredi à Téhéran, s'est posé en médiateur dans le conflit.
- Contrariétés -
Les Etats-Unis, alliés du Pakistan pendant la guerre froide, s'en étaient progressivement éloignés en privilégiant leurs relations avec l'Inde, considérant la plus grande démocratie du monde comme un partenaire naturel dans un ordre mondial marqué par la montée en puissance de la Chine.
M. Trump s'est cependant rapproché du Pakistan, qui l'a couvert d'éloges pour sa diplomatie lors d'une brève guerre avec l'Inde l'an dernier et a accueilli une société de cryptomonnaies détenue par la famille du président américain.
M. Modi a irrité M. Trump en ne lui attribuant pas le crédit d'avoir mis fin à cette guerre, au cours de laquelle l'Inde a frappé le Pakistan après le massacre de civils majoritairement hindous au Cachemire, administré par l'Inde.
M. Trump a peu après imposé des sanctions douanières à l'Inde, à des niveaux supérieurs à celles infligées à la Chine.
Et le numéro deux de M. Rubio, Christopher Landau, a suscité l'inquiétude en Inde en déclarant que l'ascension du pays ne devait pas se faire au détriment commercial des Etats-Unis, promettant de ne pas répéter "les mêmes erreurs" commises avec la Chine.
Les relations se sont améliorées après un accord commercial négocié à la suite de l'arrivée en Inde cette année de l'ambassadeur des Etats-Unis Sergio Gor, proche conseiller politique de Donald Trump.
O.Ortiz--AT