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L'Iran accuse les Etats-Unis de saboter les négociations de paix
L'Iran a accusé samedi les Etats-Unis de saboter avec des "exigences excessives" les négociations pour mettre fin à la guerre, un changement d'agenda de Donald Trump alimentant dans le même temps les spéculations sur une reprise des hostilités.
Dans une conversation avec le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi s'est plaint des "positions contradictoires et demandes excessives répétées" des Etats-Unis, ont rapporté les agences Tasnim et Fars.
Ces facteurs "perturbent le processus de négociations menées sous l'égide du Pakistan", a estimé M. Araghchi, au moment où le chef de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, se trouve à Téhéran dans le cadre de cette médiation menée par son pays.
"Malgré sa profonde méfiance envers les Etats-Unis, la République islamique d'Iran s'est engagée dans ce processus diplomatique avec un esprit de responsabilité et le plus grand sérieux, et s'efforce de parvenir à un résultat raisonnable et équitable", a toutefois ajouté le ministre iranien.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, avait affirmé plus tôt que les divergences restent "profondes" entre Téhéran et Washington. Les questions de la fin de la guerre sur tous les fronts y compris au Liban, de la situation dans le détroit d'Ormuz et du blocus américain des ports iraniens, restent selon lui "en suspens", de même que le volet nucléaire.
Le Qatar, touché de plein fouet par la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël le 28 février, et d'autres pays multiplient en parallèle des efforts de médiation alternatifs. Téhéran a confirmé la visite d'une délégation qatarie vendredi.
Des médias américains ont rapporté de leur côté que Washington envisageait de nouvelles frappes contre Téhéran.
Selon CBS News, des militaires américains se préparent à d'éventuels bombardements au cours du week-end, qui dure jusqu'à lundi aux Etats-Unis. Vendredi, Donald Trump a rassemblé ses plus proches conseillers pour discuter de la guerre, a affirmé Axios.
- Trump modifie son agenda -
Le président américain a en outre annoncé qu'il ne pourrait pas assister au mariage de son fils aîné Don Jr. aux Bahamas ce week-end, et qu'il devait rester à Washington plutôt que de se rendre dans un de ses golfs, pour des "raisons ayant trait aux affaires de l'Etat".
Il a cependant déclaré vendredi lors d'un discours près de New York que les dirigeant iraniens "ont désespérément envie de conclure un accord."
Depuis l'entrée en vigueur d'une fragile trêve le 8 avril après plus d'un mois de conflit, une seule séance de négociations, infructueuse, s'est tenue le 11 avril à Islamabad entre les représentants américains et iraniens.
Donald Trump a plusieurs fois menacé Téhéran de reprendre les combats, sans donner suite.
Le président américain cherche une issue à cette guerre impopulaire dans son pays, qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du blocage du stratégique détroit d'Ormuz par Téhéran, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.
De son côté, le pouvoir iranien a répété qu'il ne cèderait "jamais à l'intimidation" et les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont menacé d'étendre la guerre "bien au-delà de la région" en cas de nouvelle attaque.
Au Liban, les frappes israéliennes se poursuivent en dépit du cessez-le-feu en vigueur entre Israël et le Hezbollah pro-iranien depuis mi-avril.
Vendredi, dix personnes ont été tuées dans une série de bombardements dans le sud du pays, selon le ministère libanais de la Santé. Dans la nuit de vendredi à samedi, deux nouvelles frappes ont touché des bâtiments dans la ville de Tyr, peu après un avertissement émis par l'armée israélienne.
burx-roc/ega
W.Nelson--AT