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"Flottille pour Gaza": des Français relatent violences et humiliations
"Humiliations", "attouchements", "passages à tabac" dans l'obscurité: plusieurs militants pro-palestiniens français de la "Flottille pour Gaza", capturés en Méditerranée par Israël puis expulsés, ont détaillé vendredi, à leur retour en France, les "violences" qu'ils disent avoir subies de la part des forces israéliennes, ce qu'elles contestent.
Ce retour intervient deux jours après le tollé international provoqué par une vidéo montrant plusieurs militants étrangers de cette "flottille" se faire humilier en détention.
Sous les cris "Et vive la lutte du peuple palestinien" lancés par les dizaines de personnes venues les accueillir, huit Français sont arrivés vendredi après-midi de Turquie à l'aéroport Charles-de-Gaulle.
Deux des 36 Français ayant participé à cette "Flottille pour Gaza" restent actuellement hospitalisés en Turquie, selon les témoignages récoltés auprès d'eux par l'AFP à Roissy.
"On nous a fait passer un par un dans un conteneur noir, j'ai subi des attouchements", a dit, émue, cette militante Waves of freedom - France, évoquant le trajet sur le bateau les transférant en Israël.
"Il y avait trois soldats dans ce conteneur et un camarade à terre, le pantalon baissé", a-t-elle assuré. "L'un d'entre eux a commencé à me toucher la poitrine. Ensuite j'ai pris des grosses claques assourdissantes au niveau de la tête, les attouchements ont continué".
"J'étais terrifiée", a-t-elle poursuivi, affirmant qu'un "camarade au sol était torturé avec un taser".
A Ashdod, dans le sud d'Israël, "on a eu affaire à la police de Ben Gvir qui a été extrêmement violente avec nous, humiliante, déshumanisante", a ajouté cette aide-soignante et militante de La France insoumise, en référence au ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir.
- "Terreur" -
Membre de la coordination de la Global Summit France, Adrien Bertel a décrit "une escalade gratuite d'humiliation, de violations de droits, de terreur", lui qui avait déjà participé à une précédente action pour tenter de briser le blocus maritime imposé à Gaza, dévastée par plus de deux ans de guerre.
Il a assuré que sur l'ensemble des 430 personnes de différentes nationalités "kidnappées" sur les bateaux par Israël, "au moins 37 ont des fractures", et "au moins 16" ont rapporté "des violences sexuelles".
Pendant ses deux jours de détention sur le bateau, Adrien Bertel a lui aussi évoqué "trois soldats dans un conteneur": "on restait chacun deux-trois minutes et il nous passait à tabac dans le noir".
"J'avais du vernis sur les ongles, ils m'ont tout de suite dit +gay+, homophobie assumée: du coup couche de violence supplémentaire...", a assuré le trentenaire.
"Pendant 36 heures, on a dormi avec les menottes dans le dos, on est allé aux toilettes avec les menottes, c'est un effet de torture assez important quand même", a de son côté mentionné Yasmine Scola, rapportant aussi avoir vu des personnes blessées laissées sans soin.
Sur le port, elle dit avoir été mise comme les autres "en position de stress, sur les genoux, avec le front au sol pendant plusieurs heures, un hymne national retentissant en boucle".
Sollicitée plus tôt par l'AFP pour réagir à des accusations de violences physiques et psychologiques, harcèlement sexuel, agressions et viols, l'administration pénitentiaire israélienne (IPS) les a qualifiées de "fausses et dénuées de tout fondement factuel".
"Tous les prisonniers et détenus sont incarcérés dans le respect de la loi et de leurs droits fondamentaux, sous la surveillance du personnel pénitentiaire, professionnel et formé", a indiqué un porte-parole de l'IPS.
Avant de quitter Roissy, les militants ont dit avoir vécu "une infime partie de ce que subissent les Palestiniens, dans le silence" et appelé à manifester pour exiger du gouvernement français "qu'il agisse".
lbx-abo-jwi-mj/bfa/mpm
T.Wright--AT