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Warsh prête serment en présence de Trump avant d'attaquer les défis économiques de la Fed
Le nouveau président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Kevin Warsh, doit prêter serment vendredi à la Maison Blanche, un geste rare alors que le nouveau banquier central devra prouver son indépendance à l'égard de Donald Trump dans un contexte économique qui se tend.
Désigné par le président américain avant de voir sa candidature validée par le Sénat mi-mai, M. Warsh va prendre ses fonctions alors que la guerre au Moyen-Orient pèse sur l'économie américaine et mondiale et relance l'inflation.
Ce sera la première fois depuis Ronald Reagan que le nouveau patron de la Fed prêtera serment à la Maison Blanche, en présence du président américain, de quoi relancer les critiques sur le manque d'indépendance supposé de Kevin Warsh vis-à-vis de Donald Trump.
Car ce dernier ne le cache pas, il souhaite peser sur la politique monétaire, ayant appelé régulièrement la Fed à abaisser ses taux et accusant le président sortant, Jerome Powell, d'agir trop peu et trop tard.
Pour lui, la politique monétaire doit venir en soutien de son agenda politique en créant les conditions pour accélérer la croissance économique.
Longtemps considéré comme un "faucon", défendant lors de son premier passage à la Fed, durant la crise financière de 2008, une remontée des taux d'intérêt, M. Warsh a semblé plus récemment être une "colombe", qui poussait en faveur de taux plus faibles, estimant que le pic d'inflation était passé.
Mais les prix sont repartis à la hausse de plus belle ces derniers mois, portés par l'envolée de ceux de l'énergie, conséquence directe du conflit au Moyen-Orient et de la fermeture par l'Iran du détroit d'Ormuz par l'Iran, par lequel transite environ 20% des hydrocarbures mondiaux.
- Premiers pas sous surveillance -
Dans un tel contexte, les marchés n'attendent plus la moindre baisse de taux de la part de la Fed cette année, selon l'outil de veille de CME, FedWatch, une hausse étant même désormais envisagée par un certain nombre d'entre eux d'ici la fin de l'année ou début 2027.
Même s'il ne décide pas seul, n'étant qu'une voix parmi les douze s'exprimant au sein du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), les votes de M. Warsh, et plus encore ses prises de paroles en tant que nouveau président de la banque centrale, seront particulièrement observés.
En particulier par l'opposition démocrate, qui n'hésite pas à dépeindre un Kevin Warsh à la main de Donald Trump, la sénatrice Elizabeth Warren le caricaturant même comme "la marionnette du président".
Lors de son audition par une commission du Sénat le 21 avril dernier, M. Warsh s'est présenté comme un "acteur indépendant", assurant n'avoir pris aucun engagement auprès de Donald Trump sur le fait d'abaisser les taux.
"Une politique monétaire indépendante est essentielle", a-t-il alors insisté. "Je ne crois pas que l'indépendance opérationnelle de la politique monétaire soit particulièrement menacée quand des élus s'expriment sur les taux directeurs", a-t-il poursuivi, en référence aux multiples prises de position du président américain.
Il devra aussi, dans un premier temps, compter avec la présence de son prédécesseur: alors qu'il est de coutume que le président sortant de la Fed démissionne de son mandat de gouverneur une fois celui à la tête de l'institution terminé, Jerome Powell a lui fait le choix de poursuivre le sien tant qu'il ferait l'objet de pressions politico-judiciaires.
Il peut théoriquement rester jusque janvier 2028.
M.White--AT