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Peter Magyar en Pologne et en Autriche pour rétablir les liens et voir plus loin
Le Premier ministre hongrois Peter Magyar entame mardi une visite de deux jours en Pologne, avec l'objectif de rétablir des relations mises à mal depuis l'invasion russe de l'Ukraine en raison de la proximité de son prédécesseur avec Moscou.
En réservant sa première visite officielle à Varsovie, Peter Magyar veut tourner la page Viktor Orban mais aussi tenter de créer un bloc de pays d'Europe centrale qui compte au sein de l'Union européenne, estiment les analystes.
Alors que la Pologne s'est ces dernières années réorientée vers une "coopération nordique et balte", note auprès de l'AFP Piotr Buras, du centre de réflexion ECFR, le nouveau chef du gouvernement hongrois espère obtenir qu'elle se tourne à nouveau vers le centre du continent.
Au début du mois, il a ainsi proposé de fusionner le groupe de Visegrad -- une alliance informelle réunissant la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie -- avec le format d'Austerlitz, qui comprend la République tchèque, la Slovaquie et l'Autriche.
"Je pense que cela sera dans l'intérêt de chaque pays", a-t-il déclaré, tablant sur le fait que cette alliance pourrait peser davantage sur la politique de distribution des fonds de cohésion par l'UE. "Les peuples d'Europe centrale sont plus forts ensemble que séparément", a-t-il encore affirmé la semaine dernière.
La visite en Pologne de M. Magyar est présentée comme le possible début d'une "nouvelle ère", le vice-ministre polonais des Affaires étrangères Ignacy Niemczycki disant espérer une coopération plus "loyale".
Peter Magyar, qui sera accompagné de six ministres dont la ministre des Affaires étrangères Anita Orban, doit rencontrer le président Karol Nawrocki et le Premier ministre Donald Tusk.
Il entend s'inspirer de ce dernier pour la manière dont il "a renoué avec l'Union européenne et obtenu le déblocage progressif des fonds européens gelés", estime le politologue Peter Dobrovieszki, de l'Institut MCC, dans un entretien diffusé sur la chaîne de télévision ATV.
Une délégation de la Commission européenne est attendue à Budapest cette semaine et M. Magyar espère conclure un accord avec sa présidente, Ursula von der Leyen, à l'occasion d'un déplacement à Bruxelles dans la semaine du 25 mai pour récupérer les milliards d'euros gelés en raison des atteintes à l'Etat de droit par le gouvernement Orban.
Sur le plan économique, Anna Wisniewski, la directrice de la chambre de commerce polono-hongroise, s'attend quant à elle à ce que "les relations économiques bilatérales se dynamisent", les échanges entre la Hongrie et la Pologne étant actuellement de 15 milliards d'euros.
"Je sens que les entreprises comme les particuliers attendaient depuis longtemps ce moment pour coopérer à nouveau", a-t-elle ajouté auprès de l'AFP.
- Voyage en train -
Avant Varsovie, Peter Magyar prévoit une étape à Cracovie, dans le sud, où il doit rencontrer le nouvel archevêque Grzegorz Rys, puis il ira à Gdansk, dans le nord, pour une visite symbolique à l'ancien président polonais Lech Wałesa, Prix Nobel de la Paix et figure historique de la lutte pour la liberté en Pologne.
Il est ensuite attendu mercredi en fin de journée en Autriche, la deuxième étape de ce premier voyage officiel où il sera notamment question de coopération économique et de politique migratoire.
"J'aimerais renforcer les relations entre la Hongrie et l'Autriche pour des raisons historiques mais aussi culturelles et économiques", a notamment déclaré Peter Magyar, faisant allusion à l'histoire étroitement liée des deux pays au sein de l'Empire austro-hongrois et aux rapports économiques forts qu'ils entretiennent aujourd'hui.
L'Autriche est le deuxième investisseur en Hongrie après l'Allemagne, avec plus de 11 milliards d'euros.
Ce pays alpin, qui souhaite depuis longtemps approfondir ses relations avec la Hongrie et les autres Etats de la région, pourrait enfin voir ses ambitions stratégiques s'aligner sur celles de son voisin.
Le déplacement de M. Magyar et de son équipe se fera en partie en train pour mettre en avant des projets financés par l'UE, dont la ligne à grande vitesse entre Cracovie et Varsovie, et aussi souligner l'une de ses priorités: la modernisation du réseau ferroviaire hongrois.
E.Flores--AT