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Royaume-Uni: le Brexit s'invite dans la crise politique au Labour
Le Brexit s'est invité dans la crise politique au Parti travailliste après les commentaires ce week-end de l'un des concurrents potentiels du Premier ministre britannique Keir Starmer qui a appelé à un retour du Royaume-Uni dans l'Union européenne.
Près de dix ans après le référendum sur le Brexit, qui a déchiré le pays, l'avenir des relations avec l'Union européenne reste un sujet explosif au Royaume-Uni. Et d'autant plus depuis la montée du parti anti-immigration Reform UK, mené par l'ex-figure du Brexit Nigel Farage.
Le gouvernement travailliste de Keir Starmer est arrivé au pouvoir en 2024 en défendant un rapprochement avec l'UE, mais en fixant plusieurs lignes rouges: pas de retour au marché unique, à l'union douanière ou à la liberté de mouvement.
Mais alors que le Premier ministre est très affaibli après la défaite électorale du Labour aux élections locales début mai et qu'une course à sa succession se prépare, un de ses rivaux déclarés, l'ex-ministre de la Santé Wes Streeting, a remis le sujet sur le tapis.
"Nous avons besoin d'une nouvelle relation spéciale avec l'UE, parce que l'avenir du Royaume-Uni se trouve en Europe, et un jour, au sein de l'Union européenne", a-t-il dit samedi lors d'une conférence à Londres, ajoutant que le Brexit avait été "une erreur catastrophique".
Il n'en a pas fallu plus pour enflammer la classe politique et les médias britanniques.
Le quotidien conservateur eurosceptique Daily Telegraph et le tabloïd Daily Mail crient à la "trahison" lundi, tandis que la cheffe de l'opposition conservatrice Kemi Badenoch a estimé dimanche que rouvrir ce débat, "réglé il y a longtemps", était "le signe que le parti travailliste n'a pas de projet pour le pays".
Keir Starmer, qui selon les médias britanniques a passé le weekend dans sa résidence de campagne officielle de Chequers pour réfléchir à son avenir, ne s'est pas encore exprimé sur le sujet.
- "Long terme" -
La déclaration de Wes Streeting - qui a démissionné jeudi du gouvernement - est surtout perçue comme une tentative d'embarrasser un autre rival de Keir Starmer, le maire du Grand Manchester Andy Burnham, ouvertement pro-européen.
Ce dernier se prépare à une difficile élection pour revenir au Parlement, dans une circonscription qui avait largement soutenu la sortie de l'UE lors du référendum et où Reform UK sera son principal adversaire.
Il lui faut absolument gagner s'il veut espérer concourir pour prendre la tête du Labour et entrer à Downing Street.
Ses alliés ont dénoncé une tentative de sabotage de leur champion, personnalité politique préférée des Britanniques tous partis confondus.
Nigel Farage s'est lui engouffré dans le débat, affirmant que la position d'Andy Burnham sur le Brexit "soulève de sérieuses questions".
"Alors que des millions d'électeurs réclament le contrôle de nos frontières, il continue de prôner le retour au sein d'un projet européen fondé sur la libre circulation de 500 millions de personnes", a-t-il déclaré au Daily Express.
Sans nier qu'il pense qu'un retour dans l'UE "se justifie à long terme", Andy Burnham s'est défendu samedi, affirmant qu'il n'en fait "pas un sujet" pour cette élection législative partielle.
"Nous avons fixé des lignes rouges dans (notre) programme" sur la relation du Royaume-Uni avec l'UE, a rappelé le vice-Premier ministre et ministre de la Justice David Lammy, lundi matin sur Sky News.
Il a aussi réitéré son soutien au chef du gouvernement, assurant que Keir Starmer ne comptait pas définir un "calendrier pour (son) départ" de Downing Street.
Le Royaume-Uni et l'Union européenne doivent tenir leur deuxième sommet bilatéral au début de l'été, après celui de mai 2025 qui avait abouti à la signature d'un "nouveau partenariat stratégique", prévoyant notamment une collaboration plus étroite en matière de défense et de sécurité, ainsi qu'un allègement des contraintes sur le commerce de denrées alimentaires.
Londres va aussi réintégrer dès 2027 le programme européen d'échanges universitaires Erasmus.
P.A.Mendoza--AT