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En plein conflit au Moyen-Orient, le G7 Finances à Paris au chevet de l'économie mondiale
Les ministres des Finances du G7 se réunissent lundi et mardi à Paris et tenteront de rapprocher leurs positions pour évaluer les répercussions du conflit au Moyen-Orient et y répondre, ou encore s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois.
A un mois du sommet du G7 à Evian (15-17 juin), qu'elle accueille au titre de la présidence tournante, la France veut maintenir le cap du dialogue alors que les tensions géopolitiques et commerciales s'intensifient et minent les relations internationales, jusqu'à l’allié américain, devenu imprévisible sous Donald Trump.
Ce dernier, qui a de nouveau menacé l'Iran d'anéantissement dimanche, laisse entrevoir une reprise prochaine des frappes et la fin de la fragile trêve en vigueur depuis le 8 avril.
"Plus que jamais, on a besoin de se parler. (...) la loi du plus fort, ça ne fonctionne pas (...) Et donc on a besoin de discussions multilatérales, pas toujours faciles", a rappelé dimanche sur France 3 Roland Lescure, le ministre français de l'Economie.
En haut des priorités des grands argentiers du G7: les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient et du blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, essentiel au transport d'hydrocarbures et d'engrais dont les cours ont bondi.
En réaction, le Fonds monétaire international (FMI) s'attend à une croissance mondiale plus modeste et une inflation plus élevée en 2026.
"Cette guerre nuit fortement au développement économique. C'est pourquoi tout doit être mis en œuvre pour y mettre un terme définitif, rétablir la stabilité dans la région et garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz", a déclaré dans un communiqué le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil.
"Le G7 est le cadre approprié pour discuter de ces enjeux urgents avec les Etats-Unis et les autres pays du G7", a-t-il ajouté.
Une nouvelle libération de stocks stratégiques de pétrole, comme celle décidée en mars, n'est toutefois pas à l'ordre du jour, selon Roland Lescure.
"Mais si jamais on arrive à ouvrir le détroit d'Ormuz et qu'on se dit qu'on a besoin d'un peu de temps entre le moment où les navires quittent le détroit et le moment où ils arrivent sur nos côtes, on pourra évidemment discuter de ça", a-t-il tempéré.
- Vulnérabilités et dépendances -
Les ministres tenteront aussi d'aplanir les désaccords sur le commerce international après l'imposition de surtaxes douanières par Washington.
Alors que ces déséquilibres alimentent les tensions commerciales, géopolitiques et financières, et compromettent la croissance mondiale, une reconnaissance commune de la situation serait déjà considérée comme une grande avancée par la présidence française.
Cette réunion du G7, qui rassemblera aussi les gouverneurs de banques centrales des pays membres, intervient quelques jours après la visite de Donald Trump à Pékin.
Ce sommet n'a pas débouché sur des annonces majeures, les deux chefs d'Etat n'ayant pas discuté des droits de douane, alors que les deux premières puissances économiques mondiales ont conclu une trêve commerciale en octobre dernier.
Parmi les autres sujets mis sur la table, sera abordée "la sécurisation de notre accès aux terres rares ou aux engrais", a indiqué Roland Lescure dans un entretien à La Tribune Dimanche.
Ces dernières années, les pays producteurs et transformateurs, Chine en tête, ont parfois restreint certaines exportations de ces composants essentiels pour des pans entiers de l'économie mondiale, ou profité de leur situation dominante pour influer sur les prix.
"Il faut qu'on fasse pour les matériaux critiques ce qu'on a fait sur l'énergie dans les années 1970", une cause commune, avait déclaré M. Lescure à la presse la semaine dernière.
Enfin, le ministre allemand souligne que "nous ne perdons pas de vue la brutale guerre d'agression de la Russie même si le monde a les yeux tournés vers le Moyen-Orient: le peuple d'Ukraine peut compter sur notre soutien" dans le financement de sa défense.
P.A.Mendoza--AT