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"Se battre sans relâche": un commandant ukrainien promet de nouvelles frappes en Russie
Depuis une base souterraine, Robert Brovdi, dit "Madyar", planifie méticuleusement des frappes en profondeur sur le territoire russe, une riposte, selon lui, à l'invasion de l'Ukraine.
L'AFP a pu s'entretenir en exclusivité avec le commandant des forces de systèmes sans pilote de l'armée ukrainienne, avant une attaque massive contre Moscou et sa région.
"Les sources de financement des dépenses de guerre de Poutine (...) deviennent des cibles militaires légitimes et prioritaires dans n'importe quelle zone, dans n’importe quelle partie du territoire du pays occupant", explique à l'AFP le commandant Madyar.
Dimanche, les autorités russes ont affirmé avoir intercepté quelque 600 drones lors d’une attaque nocturne ayant fait quatre morts en Russie, l'une des plus importantes frappes ukrainiennes de longue portée depuis le début de l'invasion de l’Ukraine en 2022.
Selon Kiev, ces attaques visent en priorité l’industrie de défense et les installations pétrolières.
Ces attaques se sont intensifiées ces derniers mois, Kiev cherchant à affaiblir les systèmes russes de défense aérienne, selon "Madyar", qui assure vouloir "se battre sans relâche" avec de nouvelles frappes destinées à surprendre Moscou.
D'après lui, Kiev - disposant désormais de moyens renforcés - a fait de la neutralisation des systèmes de défense aérienne russes une priorité. Une stratégie qui s’est avérée payante.
"L’ennemi a construit un mur composé de nombreux éléments de défense aérienne", dit-il.
"Nous avons dû y découper une porte pour traverser ce mur", faisant de la défense aérienne russe une cible prioritaire et "systématique" à partir de décembre 2025.
Selon lui, il "ne reste plus tant de défenses aériennes à détruire pour obtenir un accès en profondeur sur le territoire", l'armée ukrainienne tirant profit de la taille de la Russie pour multiplier les cibles et l'effet de surprise.
- "Spectaculaire" -
Samedi soir, lors de l'attaque qui a visé la Russie, l'AFP a assisté en exclusivité au lancement de ces munitions.
A la lueur rouge des lampes frontales, des soldats du 9e bataillon Kairos des "Oiseaux de Madyar" préparent de nouveaux drones au lancement.
Un bruit déchirant et une gerbe de flammes qui éclaire les champs : un drone longue portée ukrainien décolle. Il ira s'abattre loin de la frontière, en Russie.
Dimanche, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a jugé l’attaque "entièrement justifiée", deux jours après des frappes massives menées par la Russie contre l’Ukraine, qui ont fait 24 morts.
Auparavant dépendant de ses partenaires internationaux, Kiev mise maintenant sur le développement de munitions longue portée à l'échelle nationale.
Lors d'une rencontre dans un lieu tenu secret, un représentant de l'entreprise "Defence Intelligence of Ukraine", surnommé "Wolf", présente à l'AFP un drone de ce type.
"Certaines des cibles les plus importantes étaient des raffineries de pétrole", ainsi que "toutes les très grandes installations situées dans un rayon de 800 à 1.000 kilomètres" de l’Ukraine, explique l'homme qui a requis l'anonymat.
Les frappes de la nuit de samedi à dimanche ont montré que "même la région de Moscou, pourtant fortement protégée, n'est pas sûre", se sont félicités les services de sécurité ukrainiens (SBU) sur les réseaux sociaux.
La menace s’était notamment illustrée lors du défilé du 9 mai à Moscou, qui commémore la victoire soviétique sur l’Allemagne nazie et s’accompagne habituellement d’un important déploiement militaire.
Pour la première fois depuis près de vingt ans, aucun matériel militaire n’y a été présenté cette année.
Moscou avait par ailleurs averti les habitants de Kiev d'éventuelles frappes de représailles si l’Ukraine visait l'événement, avant que le président américain Donald Trump n’annonce un cessez-le-feu de trois jours, ainsi qu'un échange prévu de 1.000 prisonniers de guerre.
"Une image spectaculaire de possibles explosions au cœur de la guerre, au centre de Moscou, vaut-elle plus que mille vies sauvées ?", interroge "Madyar" avec ironie. "Cela vaut-il la peine de risquer notre relation avec les Américains ?"
A.Clark--AT