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Hantavirus: la ministre Stéphanie Rist mise face à l'urgence sanitaire
Calendrier bousculé pour la ministre de la Santé. Près de six mois après son entrée en fonction, la crise de l'hantavirus marque la première urgence sanitaire majeure pour Stéphanie Rist, jusqu’alors plutôt habituée aux dossiers sociaux.
Avec l'arrivée de l'hantavirus dans l'actualité ce début mai, "on voit un peu partout" cette ministre jusqu'alors assez peu médiatisée, constate auprès de l'AFP le médecin Christian Lehmann, observateur souvent critique des politiques publiques de santé.
Et "elle ne dit pas de bourdes, c'est plutôt correct", admet-il, y voyant "un exercice de communication pas mal fait".
A son poste depuis octobre 2025, avec l'arrivée à Matignon de Sébastien Lecornu, Mme Rist, médecin rhumatologue et députée du Loiret, n'avait encore pas connu d'urgence sanitaire majeure.
L'hantavirus vient désormais s'ajouter aux crises des dernières années dont la pandémie de Covid et, de manière moins majeure, la flambée internationale de mpox - ex-variole du singe - ainsi que les problèmes sanitaires posés chaque année par des vagues de chaleurs et canicules.
Jusqu'alors, la ministre quinquagénaire, soutien de longue date d'Emmanuel Macron, était surtout montée au front sur des dossiers sociaux ou professionnels: boucler le budget de la Sécurité sociale, contenir un mouvement de colère des médecins libéraux et, dernièrement, défendre la volonté du gouvernement de limiter les arrêts maladie.
Auparavant, Mme Rist, députée depuis le début de la présidence de M. Macron en 2017, a porté à l'Assemblée plusieurs lois sur l'organisation du système de soins. Ces textes ont notamment plafonné la rémunération des médecins intérimaires à l'hôpital, ou renforcé les compétences de certaines infirmières, dites de "pratique avancée".
Avec l'hantavirus, cette infection transmise par des rongeurs à l'origine du décès d'une passagère néerlandaise d'un navire de croisière, la ministre a vu son quotidien basculer dans un monde différent, annulant plusieurs déplacements dont l'un sur le dépistage du cancer du poumon.
Mme Rist a, depuis le début de la semaine, pris la parole devant les parlementaires ainsi qu'auprès du grand public lors d'une conférence aux côtés de plusieurs infectiologues et épidémiologistes, pour évoquer la contamination d'une Française, actuellement dans un état grave, ainsi que la stricte hospitalisation d'une vingtaine de cas contacts.
- Des échanges "de qualité" -
"Je ne connaissais pas du tout la ministre et j'ai trouvé une écoute particulière, de grande qualité", témoigne auprès de l'AFP l'épidémiologiste suisse Antoine Flahault, l'un des scientifiques présents.
"Elle est médecin elle-même, donc on a déjà une compétence scientifique élevée au sommet de l'Etat: ça permet d'avoir des échanges et des débats de grande qualité", insiste-t-il, rapportant notamment que Mme Rist avait accordé une grande confiance aux experts.
"La ministre a beaucoup moins parlé que les scientifiques lors de cette conférence de presse", fait-il remarquer: "Elle était intéressée à nous laisser la parole."
Reste que les principales annonces sont revenues au chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, laissant à certains observateurs l'impression d'une ministre aux capacités limitées en matière de décision.
C'est à Matignon qu'ont eu lieu depuis dimanche plusieurs réunions sur le sujet. Et c'est au cabinet de M. Lecornu qu'est revenue l'annonce d'un strict protocole de confinement auprès des cas contact, une décision frappant nombre de commentateurs par son contraste avec l'indécision des premiers temps du Covid.
"On a l'impression que c'est Sébastien Lecornu qui a décidé d'être extrêmement strict et rigoureux pour éviter d'être face à une crise majeure", avance M. Lehmann. "Ca n'a pas du tout l'air d'être (Mme Rist) qui gère les choses."
Un rôle d'exécutante qui, selon le médecin, est celui de Mme Rist depuis son arrivée à un ministère qui a connu de nombreux occupants lors des dernières années, certains n'y restant pas plus de quelques mois.
"Elle est la suite d'une flopée de ministres macronistes qui n'auront pas laissé un souvenir extraordinaire sur la manière dont ils gèrent l'effondrement du systèmes de santé", conclut M. Lehmann, adversaire déclaré des choix politiques et budgétaires de l'actuelle majorité.
Th.Gonzalez--AT