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Démission du ministre de la Santé de Starmer, potentiel rival à Downing Street
Le ministre britannique de la Santé ,Wes Streeting, pressenti comme concurrent de Keir Starmer à la direction du parti travailliste et à Downing Street, a annoncé jeudi sa démission du gouvernement, faisant grandir la menace sur l'avenir du Premier ministre.
Depuis plusieurs jours, le chef du gouvernement lutte pour sa survie après des élections locales aux résultats désastreux pour le Labour, à la suite de nombreuses polémiques qui l'avaient déjà fragilisé.
Dans sa lettre de démission au ton très critique adressée à Keir Starmer, Wes Streeting, qui représente l'aile droite du parti travailliste, dit avoir "perdu confiance dans son leadership".
"Il est désormais clair que vous ne mènerez pas le Labour aux prochaines élections législatives", prévues en 2029, et "là où nous avons besoin de vision, il y a un vide", a-t-il écrit.
Wes Streeting plaide ensuite en faveur d'un "débat qui doit être large, et s'appuyer sur le meilleur éventail possible de candidats" pour assurer l'avenir du parti au pouvoir.
Il n'a cependant pas acté son intention de briguer la direction du Labour, et d'ainsi tenter de détrôner lui-même Keir Starmer.
La pression sur le dirigeant travailliste est montée d'un cran en début de semaine lorsque quatre secrétaires d'Etat ont démissionné, et que 86 députés de son parti - sur un total de 403 - l'ont appelé à la démission.
Et pour corser le tout, une autre figure travailliste est revenue jeudi dans le jeu: Angela Rayner, ancienne numéro 2 de Keir Starmer. Populaire à la gauche du parti, elle a annoncé jeudi avoir été "blanchie de tout acte répréhensible" dans une affaire fiscale qui avait mené à sa démission en septembre.
L'ex-vice-Première ministre de 46 ans avait admis avoir sous-payé un impôt en achetant son logement, et été reconnue coupable d'avoir enfreint le code ministériel.
L'administration fiscale britannique l'a toutefois "exonérée de l'accusation" selon laquelle elle aurait "délibérément cherché à (se) soustraire à l'impôt", a-t-elle déclaré jeudi sur X.
- Manoeuvres -
Interrogée sur une potentielle candidature, Angela Rayner a écarté la possibilité d'ouvrir elle-même les hostilités: "j'ai été claire sur le fait que je n'allais pas défier le Premier ministre", a-t-elle déclaré au journal The Guardian, affirmant toutefois que Starmer devait "réfléchir" à l'éventualité de se retirer.
Elle a toutefois fait part de sa volonté de "jouer (son) rôle", laissant entendre qu'elle pourrait rejoindre la course si un autre responsable travailliste se lançait.
"Ce que nous faisons ne fonctionne pas, et il faut que cela change", avait-elle concédé dimanche après l'échec cuisant du Labour aux élections locales.
Selon les règles du parti, tout candidat devrait obtenir le soutien de 81 députés travaillistes — soit 20% des effectifs du Labour au Parlement - pour déclencher une élection interne.
Si Wes Streeting est apprécié à la droite du Labour, il est mal vu par les députés de l'aile gauche, qui soutiennent Angela Rayner ou le maire du Grand Manchester, Andy Burnham.
Il existe toutefois un obstacle de taille pour Andy Burnham: l'édile de 56 ans, personnalité politique la plus populaire au sein du Labour, doit d'abord être élu député à Westminster lors d'une législative partielle, avant d'être autorisé à prendre part à un vote pour élire le nouveau chef du Labour.
Le nom d'Al Carns, ancien officier de la marine et député de Birmingham âgé de 46 ans, revient aussi dans la presse. Selon le Times, il serait prêt à se lancer dans la course "si quelqu'un donne le coup d'envoi".
Keir Starmer a de nouveau affiché mercredi sa détermination à rester à Downing Street lors du débat qui a suivi le traditionnel discours du roi à la chambre des Communes.
Il a longuement échangé en fin de journée avec des ministres et députés de son camp au Parlement, tandis que des membres de son gouvernement ont exhorté certains de leurs collègues travaillistes à ne pas plonger le parti dans le chaos.
F.Wilson--AT