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Présidentielle au Pérou: Roberto Sanchez qualifié pour le second tour face à Fujimori
Le candidat de gauche à la présidentielle au Pérou, Roberto Sanchez, était donné mercredi qualifié pour le second tour face à Keiko Fujimori, peu après que le parquet a requis une peine de prison contre lui pour de présumées fausses déclarations.
Roberto Sanchez devance de quelque 18.800 voix l'ultraconservateur Rafael Lopez Aliaga pour la deuxième place du scrutin qui s'est tenu le 12 avril, selon les résultats quasi-définitifs portant sur 99,94% des bulletins dépouillés.
Avec seulement 55 procès-verbaux restant à dépouiller, représentant quelque 16.500 votes, un renversement de tendance ne paraît désormais plus possible.
L'écart séparant les deux candidats est désormais supérieur au nombre de votes restant à dépouiller.
"Il n'y a plus rien à résoudre dans des résultats qui désignent déjà les deux premiers", a déclaré à l'AFP le politologue Fernando Tuesta.
Le candidat de la gauche radicale est crédité de 12% des voix contre 11,9% pour Rafael Lopez Aliaga. Keiko Fujimori arrive en tête, avec 17,1% des suffrages. Le second tour est prévu le 7 juin.
Les résultats définitifs de l'Office national des processus électoraux (ONPE), diffusés en temps réel sur internet, sont attendus d'ici vendredi.
"Nous sommes prêts pour les défis que notre peuple nous imposera", a déclaré Roberto Sanchez à des journalistes en quittant le siège de son parti à Lima.
Depuis plusieurs semaines, Rafael Lopez Aliaga, ancien maire de Lima, dénonce des irrégularités et une fraude dans le processus électoral, évoquant notamment "un coup d'Etat électoral".
Lors du premier tour, des retards dans l'acheminement du matériel électoral ont empêché plus de 50.000 électeurs de voter, contraignant les autorités à prolonger le vote d'une journée.
La mission d'observation de l'Union européenne a évoqué de "graves défaillances", mais a affirmé n'avoir relevé "aucune preuve objective" de fraude.
- Cinq ans de prison -
Cette qualification intervient alors que le parquet a requis cinq ans et quatre mois de prison contre Roberto Sanchez, accusé d'avoir déclaré de fausses informations à l'autorité électorale au sujet d'apports financiers à son parti entre 2018 et 2020.
Des incohérences ont été révélées dans les rapports financiers de son parti, Juntos por el Peru, lors de campagnes pour des élections régionales et municipales auxquelles il a participé.
"La responsabilité de Roberto Sanchez est engagée dans les délits de fausse déclaration dans une procédure administrative et de falsification d'informations sur les contributions et revenus d'organisations politiques", selon le parquet.
Roberto Sanchez aurait reçu plus de 57.000 dollars de contributions de membres de son parti pour des activités partisanes, sans les déclarer auprès de l'ONPE.
L'affaire avait été présentée une première fois devant les tribunaux en janvier dernier, mais la justice l'avait partiellement rejetée et demandé aux procureurs de reformuler leur dossier.
Le pouvoir judiciaire a fixé au 27 mai une audience pour déterminer si l'affaire sera renvoyée devant un tribunal pour un procès oral.
"Pendant des années, ils ont tenté d'imposer un mensonge pour me discréditer politiquement. La justice a déjà classé les accusations concernant un supposé usage personnel des ressources financières du parti, car il n'y a jamais eu de fraude ni de détournement", s'est défendu Roberto Sanchez sur les réseaux sociaux.
Plus de 27 millions d'électeurs ont été appelés à voter lors de ce scrutin obligatoire dans un pays miné par une instabilité politique qui a vu se succéder huit présidents depuis 2016.
A.O.Scott--AT